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Accueil >> Carême >> Vendredi saint >>   Jésus vulnérable, crucifié : pourquoi ?

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Jésus vulnérable, crucifié : pourquoi ?

Célébration de la Passion - 1996

 

En ligne depuis le lundi 13 mars 2006.
 
 

Aujourd’hui sur le Calvaire, nos vies et nos morts apparaissent liées à la mort de Jésus, le Serviteur souffrant. Nous lui devenons contemporains ; d’où ce soir notre cri : pourquoi ? Pourquoi aujourd’hui des ténèbres détruisent-elles la vraie Lumière ? Et pourquoi l’obscurité gagne-t-elle des cœurs ? Douleur et désespoir semblent rivaliser d’influence, aujourd’hui comme hier. Mais... pourquoi lui, l’Innocent et le Juste ? ... Et pourquoi, nous, ici, saisis par la stupeur, la douleur, un ténébreux silence, les trois réalités de cette célébration ?

L’heure est à la stupeur. Le débat intérieur de Jésus à Gethsémani, la nuit passée, est devenue tout à l’heure le chemin de la croix. « Abba-Père ! Tout t’est possible : éloigne de moi cette coupe ; cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! » « Je suis la vie », proclamait-il jadis. Qui le croirait maintenant ? Qui risquerait encore un peu de son espérance sur cette parole : « Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi » ? La croix s’est dressée, les ténèbres sont venues et la stupeur parcourra les siècles. « Des multitudes ont été épouvantées à sa vue, tant son aspect était défiguré - il n’avait plus d’apparence humaine », prophétisait Isaïe. Ce soir, le Père du Serviteur, notre Dieu, nous paraît comme mis en échec.

L’heure est à la douleur. Ne supplions-nous pas parfois : « Délivre-nous de tout mal, Seigneur, et donne la paix à notre temps ». Vraiment, le Père nous délivre-t-il de tout mal ? Oui ou non ? Depuis l’agonie de Gethsémani, cette question est aussi celle de Jésus. Elle est devenue celle de Dieu ! Et ce soir, sur la Croix, elle devient un cri : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » « Pourquoi ? », crions-nous à notre tour.

Mais vient l’heure du silence. La vie entière du Serviteur fut un signe, et sa mort nous la fera comprendre ; à la manière dont la comprend la Mère de Jésus. Au lieu dit Golgotha, au pied de la Croix, le silence offrira un écrin à la foi de Marie. De même, il marquera désormais pour nous l’heure de la foi. Le silence marquera ce temps d’adaptation, où Jésus nous hissera vers la lumière des Fils de Dieu : « Sur la montagne, Dieu pourvoit », assurait Abraham à Isaac, son fils.

Pourquoi fallait-il d’abord ce scandale, cette horreur ? S’il traduit l’emprise du péché dans le monde et dans nos cœurs, s’il traduit la douleur que le péché cause au Sauveur et aux hommes, le cri du « pourquoi » cèdera cependant la place à la reconnaissance de l’amour.

Oui, Dieu se fait vulnérable pour que nous devenions sensibles à sa présence : par ses souffrances, par son efficace compassion, nous sommes guéris. Désormais c’est nous-mêmes et notre activité quotidienne que nous offrirons à Dieu en sacrifice. « Si tu es Simon de Cyrène, prends la croix et suis-le, écrit saint Grégoire de Nazianze. Si tu es crucifié avec lui, comme le malfaiteur, reconnais, comme cet homme juste, qu’il est Dieu. Si lui-même a été compté parmi les pécheurs à cause de toi et de ton péché, toi, deviens un homme juste à cause de lui. Si tu es Joseph d’Arimathie, réclame le corps à celui qui l’a fait mettre en croix ; que ton souci soit le rachat du monde. Si tu es Nicodème, cet adorateur nocturne de Dieu, mets-le au tombeau avec les parfums. » Comme une croix fichée dans le sol, le ciel est désormais descendu en terre. Et la terre stupéfaite, craquelée, douloureuse, soudain vieille, aspire désormais à la vie du Ciel.

Dieu se fait vulnérable pour que nous Lui devenions vulnérables ! Alors nous comprendrons cette parole : « Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi ». Et le silence portera la leçon de la croix : « Personne n’a de plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis ».




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 Jésus vulnérable, crucifié : pourquoi ?



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