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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 27 >>   Le mariage comme correspondance de l’amour de Dieu

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Le mariage comme correspondance de l’amour de Dieu

5 octobre 1997

 

En ligne depuis le dimanche 9 avril 2006.
 
 

" Au commencement, le Seigneur dit : ... Je vais lui faire une aide qui lui correspondra ". Dieu créa l’homme et la femme, ce fut la première correspondance de la création. Première en dignité. Dieu l’estimera très bonne.

L’œuvre de Dieu se présente donc d’abord comme un mystère de correspondances. Des êtres sont créés tour à tour, chacun pour soi, et pourtant ils s’entendent, selon leur espèce et même les espèces entre elles. La première correspondance de la création, c’est leur existence. Il n’y avait rien, et maintenant elles existent. Avant même d’être une pierre, une fleur, un animal, un homme, une femme, un ange, tout cela existe, tout cela jaillit d’une source commune et s’égaie dans l’existence, chacun à sa manière. Dans leurs différence, voire dans leurs oppositions et même dans leurs compétitions, les êtres communient à cette joie originelle d’exister. Ils correspondent dans le don de Dieu.

Le plus étonnant, c’est l’homme et la femme. Qu’il existe une correspondance dans un champ de fleurs, cela va de soi ; qu’une meute de loups, qu’un banc de poisson, qu’un vol d’oiseaux vivent ensemble, tout leur instinct les pousse en ce sens. Mais que deux êtres libres, bien différents, né séparément, choisissant mille fois l’un sans l’autre, finissent par se correspondre, voilà qui est prodigieux ! Tout est d’abord œuvre de Dieu, qui crée cette correspondance pendant le sommeil de l’homme, dit le texte. Cette correspondance de l’homme et de la femme, finalement des êtres humains, a un caractère unique dans la création : elle est à la fois un don de Dieu et un choix des libertés humaines. La femme offerte par Dieu est reconnue par l’homme. Elle est une aide qui lui co-respond, la réponse adéquate à une certaine solitude, à un certain inachèvement. Dans son consentement à cette mission confiée par Dieu, la femme parachève ainsi l’humanité. Pourquoi tant de précautions de la part de Dieu quand il crée ainsi cette humanité ? C’est que, dans cet accord, cette convenance profonde du couple, Dieu livre sans doute le plus secret de sa vie. Mais il faudra attendre une longue histoire pour le découvrir.

En effet, dans ces merveilleuses correspondances survient, comme une tâche dans le tableau, la rupture, la question brutale des pharisiens : " Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ". Maintenant, on ne correspond plus, on renvoie. Maintenant, on n’accueille plus de Dieu la correspondance originelle, on demande à Dieu la permission de la rupture, de la répudiation, une loi à hauteur humaine.

Entre la correspondance des origines et cette séparation, il y a toute l’histoire de l’humanité et de Dieu, d’alliances tant de fois trahies et rompues, du côté de l’homme. L’homme et la femme perdent alors le secret de leur union donnée par Dieu. Leur vocation se fait souvent révocation, séparation à la fois l’un de l’autre et mise à distance de Dieu par une loi qui le permettait, comme dit Jésus, " en raison de votre endurcissement ".

Le péché sépare, la grâce unit. Ce qui fut si longtemps séparé ou mal uni, il fallait que ce soit Dieu qui, à nouveau, l’unifie. C’est pourquoi l’union de la femme et de l’homme n’est envisageable, dans sa forme exclusive qu’est le mariage, que dans la grâce du Christ. C’est pourquoi le mariage est un sacrement.

On peut imaginer une certaine tristesse de Dieu (si l’on peut ainsi s’exprimer), qui se sent d’ailleurs dans la réponse très explicative de Jésus. Quand Dieu a créé cette magnifique correspondance entre l’homme et la femme, il voulait que, dans sa création, elle soit un des plus beaux signes du secret de la vie de Dieu. Le péché a ruiné cette expression, cette révélation en directe. Le premier couple de la création trahie s’accuse mutuellement. Il restait à l’homme les correspondances de la créations, belles certes, mais qui ne font remonter à Dieu que comme source de toute existence et pose un angoissant point d’interrogation au bout de la question essentielle : qui est Dieu pour l’homme ?

Pour apprendre le secret de la vie intime de Dieu, il a fallu que Dieu épouse l’humanité d’une manière inattendue. Quoi qu’il en soit du péché de l’homme, Dieu le choisit pour un nouveau mariage, sans acte de répudiation, sans adultère (du moins du côté de Dieu) : c’est l’incarnation, l’humanité épousée par le Verbe ; puis la transfiguration du péché par la Croix, l’humanité même la plus éloignée formée peu à peu au consentement conjugal. Alors le mariage peut redevenir signe du secret de Dieu ; et même tout homme qui aime son frère en vérité devient signe du secret de Dieu. Quand cet amour se fait ainsi conjugal, l’enfant peut naître et apparaître comme la parfaite correspondance du Royaume de Dieu. Fruits d’un amour réconcilié, les enfants sont cette mystérieuse ressemblance entre le cœur de l’homme et le cœur de Dieu : laissez venir à moi les petits enfants, dit Jésus, car ils sont fruits d’un mariage nouveau entre Dieu et l’humanité. C’est ainsi que le Christ nous présente son épouse, l’Eglise, née du sommeil amoureux de la croix, et ses enfants, ses frères.

La profondeur de cette nouvelle alliance et son caractère définitif, absolument irrévocable, rendent le mariage indissoluble. Pourtant, des couples se séparent, des chrétiens mariés se séparent. On parle beaucoup du problème des divorcés remariés et de leur non participation aux sacrements de l’Eucharistie et de la Réconciliation. Il y a ici trop de drames humains pour répondre rapidement. Une chose est sûre, c’est que l’amour humain est marqué définitivement par le Christ. Par conséquent, des cœurs qui cherchent la vérité, même dans des situations d’amitiés bancales, peuvent communier à la grâce de Dieu, non sans des conversions crucifiantes. Mais tout amour humain ne plonge-t-il pas dans la Croix et la miséricorde du Christ ? La correspondance originelle de la création, par l’humanité du Christ, épouse ainsi toute l’épaisseur de l’existence humaine.

Aux origines, Dieu a créé cette profonde correspondance pour qu’elle exprime un secret de Dieu ; le Christ la raccorde, l’approfondit et offre à toute amitié, sans exception, la possibilité de dire enfin à son frère ce secret : Dieu est amour.




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