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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 30 >>   L’aveugle au bord du chemin

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L’aveugle au bord du chemin

26 octobre 1997

 

En ligne depuis le dimanche 9 avril 2006.
 
 

Au début de cette scène, tous les personnages sont en mouvement. Tous sauf un : Bartimée, le mendiant aveugle, assis au bord de la route. Sa cécité, image de l’aveuglement spirituel que provoquent nos péchés, mais aussi de toute espèce d’infirmité ou de blessure, est la cause probable de sa mendicité et de son immobilité. Sa dignité et son autonomie sont empêchées par ce handicap qui l’exclut de la société des bien-portants. Par chance, ou pour mieux dire : par grâce, Jésus n’est pas venu pour les bien-portants mais pour les malades, pour les Bartimée qui n’ont d’autre espoir que de crier vers lui.

La foule est nombreuse, des bien-portants, des clair-voyants, qui marchent sur la route menant à Jérusalem, qui bientôt acclameront eux-mêmes Jésus comme le Fils de David, avant de l’abandonner pourtant à sa passion. Cette foule est considérable, qui vit dans l’instant et qui n’a pas le temps d’entendre le cri de la misère. Plus, ou pire, elle veut étouffer ce cri, ignorer cette souffrance. Le cri de Bartimée n’est pas seulement de douleur, mais aussi de confiance et il ne saurait rester vain : dans la foule, un coeur est touché et quelqu’un s’arrête. Jésus, le " bon samaritain ", prend le temps d’entendre et de voir, d’aimer et de guérir. Et ce faisant, il guérit... la foule de la cécité de son indifférence, de l’aveuglement de son égoïsme. Car, je ne peux penser que la foule ait continué d’avancer alors que Jésus s’arrête. Il a bien fallu qu’elle s’arrête aussi, qu’elle regarde dans le sens même du regard de Jésus, qu’elle voie enfin celui qui est au bord du chemin, qu’elle entende enfin sa supplication. Jésus d’ailleurs va impliquer ses disciples, qui, en l’occurrence, ne se distinguaient pas de la foule. Il leur confie le soin d’appeler Bartimée. C’est par eux, et donc par son Eglise, qu’il appelle l’homme blessé à se lever. Il leur donne ainsi à la fois la possibilité et la mission de coopérer à la guérison qu’il va réaliser.

A ce moment du récit évangélique souvenons-nous qu’au début tous les personnages étaient en mouvement sauf cet aveugle assis sur le bord du chemin. Désormais la situation est inversée. Tout le monde attend, statique, la réaction de l’infirme à la phrase qui lui est adressée de la part de Jésus : " Confiance, lève-toi ; il t’appelle ". Alors, nous dit l’Evangile, il jette son manteau, bondit et court vers Jésus. Trois verbes actifs qui soulignent sa hâte, son empressement. Il jette son manteau, c’est-à-dire : il se dépouille de ce qui pourrait le retenir dans le relèvement qui prélude à sa guérison. Il ose ce que le jeune homme riche n’a pas eu le courage de faire : tout quitter. Il bondit, il saute sur ses pieds : il redevient donc un homme debout, restauré dans sa dignité d’image et de fils de Dieu. Il court vers Jésus comme vers celui qui le guérit mais aussi comme vers celui qu’il veut suivre désormais, Lui qui se dit et qui est notre chemin, notre vérité et notre vie. Bartimée ne peut plus rester au bord du chemin, car le chemin est le Christ et il a rencontré Jésus personnellement. Le dialogue entre eux est bref. Jésus lui demande de formuler son désir, d’exprimer sa prière : " Que veux-tu que je fasse pour toi ? " Jésus suscite l’expression de la confiance, la preuve de la foi par laquelle il va sauver cet homme. La réponse, dans sa brièveté, est touchante : " Rabbouni, que je voie. " " Rabbouni " : une seule autre personne, elle aussi appelée par Jésus, use de cette forme, plutôt que du " Rabbi " habituel, pour s’adresser au Christ : Marie-Madeleine qui reconnaît le Ressuscité, Marie-Madeleine qui, elle aussi, avait été relevée et guérie alors qu’elle gisait au bord du chemin, hors du chemin.

Bartimée reçoit la faculté de voir ; il n’a plus de raison de rester assis, mendiant, sur le bord du chemin. Désormais il marchera, il suivra Jésus sur la route, il se fera disciple et donc instrument de la miséricorde dont il a bénéficié. Voir, marcher et donner vont ensemble.

Quant à nous, ne passons pas notre chemin en écoutant la proclamation de l’Evangile. Identifions-nous à Jésus en prenant le temps de nous arrêter pour aimer, pour aider, pour donner, pour prêter attention aux détresses, avouées ou muettes, de ceux qui souffrent hors de nos sentiers battus. Identifions-nous aux disciples, qui ne comprennent pas bien tout de suite, mais qui se laissent devenir instruments de l’amour divin en appelant les autres à rejoindre le Christ qu’ils suivent eux-mêmes. Identifions-nous enfin à Bartimée, avec la confiante audace de son cri vers Jésus, avec son empressement à se relever, avec sa reconnaissance, qui le pousse à ne plus quitter celui qui l’a appelé, guéri, sauvé. A chacun nous est dit aujourd’hui : " Confiance, lève-toi ; il t’appelle ".




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 L’aveugle au bord du chemin



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