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Au Ciel

Toussaint 1997

 

En ligne depuis le dimanche 9 avril 2006.
 
 

Au ciel, l’Apocalypse nous l’a dit, il y a un monde fou ! Une multitude d’élus en habits de lumière, en habit blanc ! C’est merveilleux ! Ah ! comme ils sont beaux, les Saints du Ciel, bien rangés par catégories, chacun dans sa stalle, disposés en hémicycle : Outre la Sainte Vierge et les neuf chœurs des anges, voici les Apôtres, les Martyrs, les pasteurs, les moines et les moniales, les Vierges, et même les gens du monde ! Pour peu, si quelqu’ange grand-chambellan n’y mettait bon ordre, il y aurait entre eux des cabales, des préséances, des jalousies, des querelles d’étiquette, bref ! les drames ordinaires de toute cour royale ! Mais non. Les Saints ont mieux à faire que de se chamailler, nous dit-on. Leur unique occupation, c’est d’adorer la Trinité, Dieu vu face à face dans sa propre lumière ; toute leur joie, c’est de s’offrir en réponse d’amour à l’Amour ; et leur mission, c’ est de prier pour nous, et de préparer la place. Point de besoin de serrer les rangs ! Il y a de la place pour tout le monde. Le paradis n’est pas un concours : il ne sanctionne même pas une copie blanche. N’est recalé que celui qui décline l’invitation, qui ne veut pas se présenter. En effet tout le monde est invité : la sainteté, non, n’est pas que pour le voisin. Jésus la veut pour chacun. Et c’ est pourquoi, aujourd’hui, nous solennisons la sainteté à tous ses niveaux :

La sainteté de Dieu d’abord ; Trois fois saint est le Seigneur ; Dieu est le Seul Saint de qui vient tout don parfait ;

La Sainteté des Saints ensuite, qui sont saints par le Christ, qui son saints de la sainteté de Dieu ; il y a ceux que nous connaissons grâce à l’Eglise et il y a ceux que Dieu seul connaît ; ce sont les saints du Ciel.

Et enfin,snotre sainteté à nous. Celle là, à la différence des autres n’est pas achevée, elle est encore en plein chantier. Tâche magnifique, tâche redoutable que notre sainteté ! Et pourtant, si nous oublions de penser à elle, c’est le sens même de notre vie chrétienne que nous oublions. Penser à la sainteté, le jour de la Toussaint, c’est penser à l’essentiel.

C’est le bon Jean de La Fontaine qui avait raison : "En toute chose, il faut considérer la fin ". La fin qui est à considérer, notre but notre unique destinée, c’est le Ciel. Le Ciel, c’est Dieu qui se montre, qui nous prend, qui nous donne de le voir et de l’aimer, en un unique instant qui dure toujours. " Combien de fois, nous disait-il, j’ai voulu vous rassembler comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes ! ". Saint Jean nous dit aussi : "Mes biens aimés, des à présent nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas été manifesté. Nous savons que, lorsqu’il paraîtra, nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est ".

Enfants de Dieu : nous le sommes donc car il s’est trouvé l’un d’entre nous pour nous reconduire au père : Jésus, l’Homme-Dieu, à fait de nous les enfants chéris du Père. Et c’est pourquoi notre sainteté n’est rien d’autre que de devenir saint comme Jésus, se faire enfants comme lui est Fils . Il n’y a pas de sainteté sans imitation du Christ. N’importe qui peut être un honnête homme , un héros, un sage, mais on ne sera saint qu’en imitant Jésus. Le saint n’est pas un surhomme, ni même un homme parfait, mais un pécheur pardonné, un médiocre transformé, un tiède qui prend feu. Le saint, c’est un pauvre homme qui devient un autre Christ, sans cesser d’être un pauvre homme. C’ est peut être cela qui nous fait peur : Si la sainteté nous fait peur, ce n’est pas qu’elle nous paraisse trop haute, trop lointaine, au contraire, c’est qu’elle nous soit trop proche, trop à notre portée, trop mendiante de nous ; mais peut-être croyons nous aussi que la sainteté consiste à se démener ,à se dépasser, à faire beaucoup, alors qu’elle ne demande rien sinon d’être accueillie.

En effet, la sainteté ne se mérite pas elle se reçoit car elle est donnée. La sainteté se passe à hauteur de Dieu non pas à hauteur d’homme. Il ne s’agit pas de se mettre sur la pointe des pieds, il s’agit de se mettre à genoux. La sainteté n’est pas la magnificence, elle est l’art de recevoir : Comme le dit Saint Jean : " Voyez de quel grand amour le père nous a fait don ". Dieu se donne à profusion et à tout moment. Notre seule difficulté est que nous trouvons ce don encombrant. La sainteté ne se mérite pas, elle se reçoit comme un don ; Thérèse de l’Enfant-Jésus est allée à l’essentiel quand elle dit : "Je suis très contente de m’en aller bientôt au Ciel mais quand je pense à cette parole du Bon Dieu : "Je porte ma récompense avec moi pour rendre à chacun selon ses oeuvres ", je me dis que pour moi, il sera bien embarrassé. Je n’ai pas d’oeuvre ! il ne pourra don pas me rendre selon mes oeuvres... Eh bien ! Il me rendra " selon ses oeuvres à lui !... " (oeuvres complètes p.997).

Devenir saint, c’est donc devenir saint par les mérites du Christ, et non par les siens propres ; il nous revient d’accueillir en nous ce Jésus qui crie "J’ai soif ! j’ai soif de ton amour : " Qui a Jésus a tout ", dit encore Thérèse.

C’est cela l’art de recevoir. On peut se mettre à désirer recevoir les dons les meilleurs, ce qui est bien ! Mais peut alors s’insinuer la tentation d’en être grisé ! Et finalement, c’est la réputation de sainteté qui compte et cela nous flatte ! Or, c’est dans ces moments d’égarement que les dons de Dieu viennent à nous manquer. Non que Dieu se dérobe, mais nous, nous lui tournons le dos ! Car on ne peut pas tout faire à la fois : Le regarder lui et se regarder soi-même dans son miroir. Et les biens spirituels qui nous manquent, ce sont peut-être ceux que nous réclamons pour nous, comme des enfants gâtés. Là aussi, il convient de recevoir, le manque lui-même comme un don. Et alors tout advient. Souvenons-nous de cette parole de Thérèse : " Tous les biens m’ont été donnés quand je ne les ai plus cherchés par amour-propre " Le propre de l’amour, c’est de bannir l’amour-propre ; le propre de la sainteté donnée, c’est de savoir recevoir.

Mais ce savoir-recevoir est-il trop délicat, trop subtil ? Un rien fait pousser notre sainteté, un rien la fait aussi ployer ! Elle est comme une fleur multicolore qui est venue toute seule, fleur précieuse, exquise, mais si délicate !

Pour que le bouton devienne fleur, il doit être cultivé, et avec beaucoup de soin. Oui, la sainteté est un don, mais elle est aussi un travail. Elle n’est pas de nous, mais elle doit devenir nôtre. La sainteté est sans cesse en travaux, et les Béatitudes sont les massifs du jardin, et la miséricorde en est comme le parterre central, vers qui les autres convergent. Oui, la sainteté se jardine : et le jardin du Ciel, de notre Ciel, ne sera pas plus beau qu’il ne l’est aujourd’hui, car c’est le jardin de la charité : simplement on le verra enfin. La sainteté se jardine au quotidien. C’est notre vie courante, la plus banale, la plus quotidienne, qui est appelée à être sanctifiée.

Il y aurait grand péril à mettre le spirituel d’un côté et le quotidien de l’autre : A Dieu ne plaise que notre vie ne devienne comme une armoire trop bien rangée ! Une armoire avec des tiroirs : un tiroir pour la famille, un tiroir pour la vie professionnelle ; un tiroir pour les mondanités, un tiroir pour les bonnes œuvres et puis au fond du tiroir une chaussette, que l’on remplit de petites pièces (ou de Napoléons !) pour la sainteté, car on ne sait jamais !

Sainteté bien misérable que celle là, bien risquée aussi serait une sainteté trop désincarnée, avec une vie spirituelle trop autonome, et puis à côté d’elle un quotidien sans Dieu . C’est l’humain lui-même qui doit se laisser envahir. Il n’y a pas le monde profane d’un côté et le monde spirituel de l’autre : Ce qui est profane en nous doit être évangélisé, e, fait converti. Depuis que Jésus s’est fait homme, le profane n’existe plus : tout doit être converti. Depuis que Jésus s’est fait homme, le profane n’existe plus : Tout doit être converti. C’est donc notre quotidien qui sera offert dans sa prière et réciproquement, plus Dieu nous devient quotidien, et plus nous éprouvons le désir de lui réserver de petits moments, de les lui donner, à lui tout seul, à la dérobée...

L’essentiel, c’est le Ciel ! Mais notre Ciel, c’est sur terre qu’il commence. Car le Ciel c’est vivre d’Amour et nous brûlons de voir enfin, un jour, Celui que mon cœur aime, que notre cœur aime de son amour devenu le nôtre :

De son Amour, chante Thérèse, je veux être embrasée

Je veux le voir, m’unir à lui toujours

Voilà mon Ciel... Voilà ma destinée

Vivre d’Amour !!!




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 Au Ciel



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