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L’heure de toutes les soifs

7 mars 99

 

En ligne depuis le dimanche 9 avril 2006.
 
 

"Il était environ midi". L’heure de toutes les soifs. De la vie devant soi. Peut-être pour toi l’heure du milieu de la vie, avec l’ombre en arrière de tes reproches, pour toutes les choses que tu n’as pas faites, que tu aurais aimé faire, pour toutes les choses que tu te reproches sincèrement, les torts et les peines causés, les rencontres ratées. Peut-être pour toi l’heure du plein épanouissement, le temps des affaires qui tournent, de la santé rayonnante. Peut-être pour toi l’heure des grandes orientations, des premières désillusions.

"Fatigué du chemin, Jésus était assis tout simplement au bord du puits". Toi qui es venu(e) à cette messe, connais-tu la saine fatigue que nous enseigne Jésus, la saine fatigue d’avoir soif ? Il ne te parle pas de la soif ordinaire, de l’appétit animal de vivre. Il vient plutôt éclairer son immense indigence. II te parle de cette soif qui couve en toi depuis que Dieu t’a créé, de ce filet de soif qui coule en chacun de nous, mais que la vie empierre. Comme il est difficile de garder vive cette soif, de la laisser sourdre. Tant d’autres appétits sont en nous, tant de manques qui nous attirent comme le vide. Nous sommes dispersés, effeuillés comme cette femme aux cinq maris. "Va chercher ton mari",’ " Je n’ai pas de mari ". L’aveu de cette femme vaut une confession. Elle ne le sait peut-être pas encore, mais elle dévoile notre pénurie Elle a multiplié ses avances, redoublé d’étreintes, tenté le diable, que sais-je, et au bout du compte elle est "sans mari", sans amour réel, sans racine d’amour. Elle a bâti l’amour sur du sable. Elle a épousé le vide. Comme elle je suis à la recherche du seul et unique amour, de l’insondable amour, de l’Amour si proche qu’il ne me jette jamais la pierre.

"Donne-moi à boire". On ne peut enseigner que ce que l’on applique soi-même. La Source se révèle d’abord une soif toute nue, d’une nudité si simple qu’elle déconcerte : comment toi, qui es Dieu, peux-tu demander à boire à notre humanité ! Les dieux, en effet, depuis 1’Antiquité, ne veulent rien avoir de commun avec les hommes. Nous disons volontiers que Dieu est la source de toutes choses, qui vivent sur la terre et au ciel. Pourtant si Dieu n’était que source, il ne connaîtrait pas la soif. S’il n’était que fondement, il n’aurait pas connu la mort et le terrassement. S’il n’était que tout-puissant il n’aurait pas touché notre faiblesse, ni gracié notre coeur. Il est cette Soif en sa Source, cet Amour désirant. "Donne-moi à boire", dit Dieu à notre humanité, se disent éternellement le Père et le Fils dans l’Esprit et le Fils ne fait rien qu’il ne l’ait vu accompli par le Père.

Quelle est cette soif ? Elle est cette fibre d’amour, ce goût pour l’autre, avec ce penchant pour la brebis perdue, ce désir d’entretien qui est en Dieu, Père-Fils-Esprit-Saint, cet amour à perte, qui fait écrire au poète Pierre Emmanuel :

"la source descellée ne vit que de se perdre et l’amour n’est amour qu’en s’exilant de soi".

Cette soif est ce que Dieu a de plus charnel. Ce qui le rapproche de nous, ce qui nous rapproche de lui. Pourtant c’est bien en esprit que nous devons l’adorer. Que puis-je donner à la P1énitude qu’elle ne possède déjà ! Ce qui manque à la Passion du Christ, et que Dieu même ne peut m’arracher : mon consentement, mon Amen final.

"Si tu savais le don de Dieu" Pour trouver la Vie, pour monter l’eau vive du puits, en un soupir "si tu savais", Jésus t’invite à remonter à la source. Il t’invite en maints passages à descendre en toi-même, le long des parois d’endurcissement, et à puiser au fond de toi la joie d’être sans rien, d’être rien, un serviteur quelconque, pour accueillir Celui qui vient. Car "là où est ton trésor, là aussi est ton coeur, là où tu as touché terre, réellement, là t’attend ton Seigneur qui fut mis en terre, est mort pour toi ; là où tu cries grâce, là se déploie la force de Dieu. Et pour toi "de son sein couleront des fleuves, d’eau vive". Seigneur, donne-moi cette Eau qui baptise le coeur.

Enseigne-moi cette soif désirable, pour que je ne devienne pas une pierre. Ne permets pas que ma soif se tarisse.




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 L’heure de toutes les soifs



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