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La Transfiguration

En ligne depuis le dimanche 9 avril 2006.
 
 

" Montre-moi ta gloire ", demandait Moïse à Dieu au désert. " Que ton visage s’éclaire et nous serons sauvés ", reprend en écho le psalmiste. " Montre-nous le Père et cela nous suffit " demandait Philippe à Jésus. " Si seulement tu déchirais les cieux pour te montrer " supplie l’homme qui a tant de peine à croire ou à espérer. " Que Dieu apparaisse et se montre à nous, et alors seulement nous croirons " ironisent les sceptiques. " Je veux voir Dieu " réclamait Ste Thérèse d’Avila, et avec elle, tous ceux qui le cherchent.

Voir Dieu face à face ! Désirer que l’invisible se rende visible, perceptible à nos yeux de chair, c’est peut-être le désir le plus ancien de l’homme religieux. Mais nous le savons bien, en ce monde nul ne peut voir Dieu face à face. L’invisible ne peut être vu ; le Créateur infini ne peut se laisser représenter par une créature finie.

Et puis vint le jour où Dieu a accepté de céder à nos requêtes en nous montrant à quoi il ressemblait. Non par quelque peinture ou quelque statue, mais en un homme de chair et de sang, comme nous. Parce qu’au fond, ce qui représente le mieux le Dieu invisible, ce ne sont pas les éléments, ni le tonnerre du ciel, ni le soleil resplendissant, ni la grande houle de la mer, ni les montagnes immenses dont le sommet se perd dans les nuées. La seule réalité créée qui puisse représenter Dieu, c’est l’homme, et l’homme qui aime.

"Tu cherches une image de Dieu, mais cette image, c’était toi lorsque tu sortis des mains du Créateur". L’image de Dieu ç’aurait été Éve pour Adam, Adam pour Éve ; ç’aurait été Adam et Éve pour leurs enfants, à la fois représentation de la force sûre du Père et de la tendresse maternelle de Dieu. L’image de Dieu, finalement, ç’aurait été leur amour mutuel et indissoluble, image de l’amour éternel des personnes de la Trinité. Voir la gloire de Dieu, en attendant le ciel, ç’aurait été sur cette terre de contempler l’être humain, rayonnant d’amour et de sainteté, car il y a de l’infini en l’homme lorsqu’il aime.

Mais voilà ! l’image s’est déformée, le miroir s’est brouillée par suite du péché ; et ce qui reste de la ressemblance de l’homme avec Dieu, notre regard enténébré est devenu incapable de le déchiffrer. Dieu pourtant ne voulait pas en démordre : sa gloire, c’est l’homme aimant. Il ne voulait pas d’autre représentation visible de sa gloire que celle-là. Car c’est pour cela justement que Dieu a créé l’homme : pour manifester dans le monde visible sa beauté et sa bonté invisible.

Alors Dieu s’est fait homme. Il a commencé par être petit enfant, pour que nous n’oubliions pas qu’il a besoin des soins de notre prière amoureuse, comme un nouveau-né a besoin d’être nourri et choyé par ses parents. Il a pris les traits ordinaires d’un simple galiléen, pour qu’on se souvienne toujours que Dieu peut rayonner dans les hommes les plus communs. Il s’est fait souffrant, et sa chair a été marquée par les coups et les blessures qu’on lui a infligées, et cela pour qu’on n’oublie pas, pour qu’on n’oublie jamais, que le péché blesse quelque chose en lui.

Mais qu’on pût être Dieu et si vulnérable était si difficile à admettre, tellement difficile à comprendre que Jésus emmena un soir ses disciples sur la montagne pour lever un coin du voile, pour laisser paraître plus clairement au dehors, la divinité qui se cachait derrière le voiles de son humanité.

II

Comme Pierre aurait voulu retenir cette vision de gloire ! Comme il désirait lui fixer une demeure définitive pour l’avoir toujours à portée du regard. Mais la vision fut si fugitive ! Quant à nous, nous avons le sentiment d’être arrivés trop tard, 20 siècles trop tard ! Le Christ est remonté au ciel, et de sa gloire, il ne reste, croyons-nous, plus rien à voir.

Nous voudrions tellement la contempler, pourtant, sa gloire. Nous trouvons que Dieu se fait trop discret, qu’il pourrait faire un effort pour la manifester un peu plus. Mais nous, quel effort réel faisons-nous pour la rechercher ?

Pour la découvrir, il faut d’abord se laisser conduire par le Christ sur la montagne pour prier avec lui. Car c’est bien ainsi, en priant avec Jésus cette nuit là, que les apôtres se sont disposés à découvrir sa gloire.

Où en sommes-nous de la prière ? Non pas celle où l’on se contente de répéter des formules, ni celles qui font appel au Dieu pompier uniquement en cas d’incendie - et d’incendie qu’on a parfois soi-même allumé -, mais celle où l’on consacre au Christ un peu de temps, rien que pour lui, lui qui a consacré toute sa vie pour nous au point d’en mourir ? Nous arrive-t-il de prier ainsi ? Avons-nous recherché la douceur de ces entretiens avec Dieu où on lui livre tout simplement ce qu’on a sur le cœur, où on lui dit qu’on l’aime et qu’on aimerait l’aimer davantage, et que l’on brûle de le connaître un peu mieux ? Si nous ne le faisons jamais, ne nous étonnons pas d’être incapable de découvrir sa gloire. Pour être capable de reconnaître sa gloire, il faut en effet que par la prière notre esprit ait appris à se familiariser avec l’invisible.

Tu veux surprendre sur le fait quelques rayons de sa gloire ? Alors regarde ces chrétiens qui ne craignent pas de quitter le confort d’une vie tranquille pour visiter les malades, consoler les affligés. Si tu es attentif, leur attitude te permettra de discerner la gloire de Jésus transfiguré qui agit en eux. Car c’est vrai, Dieu a ainsi disposé les choses qu’on le découvre souvent mieux dans les autres qu’en soi-même.

Tu veux voir Dieu ? Alors regarde aussi ces personnes qui au milieu d’épreuves invraisemblables, de maladies incurables, de situations humainement sans issue, continuent de croire contre vents et marées, continuent d’espérer contre toute espérance. Réfléchis un instant : cette énergie et cette puissance plus qu’humaine qui leur permet de tenir face à l’épreuve, d’où crois-tu qu’elles viennent sinon de Dieu ? Quelle autre lumière que celle du Christ pourrait irradier aussi sûrement, avec autant d’obstination que celle-là ?

III

Que reste-t-il de la gloire du Christ maintenant qu’il est remonté auprès du Père ? Ce qu’il reste ? C’est nous. Nous en qui l’Esprit du Christ habite pour qu’il rayonne au dehors.

Tu désires contempler la gloire de Dieu ? Tu n’es pas le seul, les autres aussi, figure-toi ; et le monde n’attend que cela, autant dire qu’il t’attend, toi... Alors commence par te soucier de manifester sa gloire en ta propre personne, car c’est en cela que consiste la vocation du chrétien : "vous êtes la lumière du monde...".

Tu protestes et tu dis que tu es vraiment trop peu de chose pour illuminer, qu’elle est trop grande la distance de toi à Dieu pour que tu puisses le manifester ? Considère alors un miroir. A côté du soleil immense, c’est minuscule, un miroir ; et c’est si loin du soleil. Mais as-tu remarqué que lorsqu’il est convenablement orienté vers le soleil, lui pourtant si petit, est capable à son échelle de refléter le soleil tout entier au point d’éblouir ? As-tu remarqué aussi qu’une loupe, parfois même un simple tesson de bouteille, éloigné pourtant à des millions de kilomètres du soleil, est capable d’en communiquer le feu au point de provoquer un incendie ?

Être fils de lumière, c’est être ce miroir qui renvoie aux hommes le reflet de Dieu, c’est être cette loupe, ce pauvre tesson de bouteille qui concentre le rayon divin. Seul celui qui a le souci de le refléter en lui-même pour la diriger vers les autres la lumière de Dieu est capable de reconnaître sa gloire quand elle se présente.

Seuls, ceux qui s’efforcent d’être l’image du Christ peuvent discerner le visage de Dieu là où il apparaît.




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