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Pas de Pacs à Cana !

17 janvier 1999

 

En ligne depuis le dimanche 9 avril 2006.
 
 

" Il y eut des noces à Cana ; la mère de Jésus y était ; tel fut le premier des signes de Jésus ; il manifesta sa gloire ".

Tout l’évangile est là. Les noces, Marie, la gloire de Jésus. Entre les deux, le miracle du changement de l’eau en vin. Le miracle du changement, c’est le miracle de la nouvelle alliance. Pour Israël, les noces c’est l’alliance de Dieu avec son peuple. L’eau changée en vin est le signe messianique de la nouvelle alliance, d’une noce toute neuve donnée par Dieu, une suite (trop) inattendue à une noce humaine qui constatait tristement : le vin des noces était épuisé.

Aux noces de Cana, il y a trois événements inattendus.

Le premier est la présence même de Jésus. La nouvelle alliance ne se fait pas dans l’austérité d’un désert mais au cœur de cette joie si humaine. C’est vraiment l’alliance de Dieu avec l’humanité. D’ailleurs, la présence de Marie signifie également que Jésus est là dans toute son humanité. Marie inaugure son rôle d’intercession et laisse faire Jésus. Elle continue de le mettre en monde. Comme toute mère, elle prépare le mariage de son enfant en confirmant son enracinement humain.

L’Emmanuel ne fait pas mentir son nom. Il est avec nous. C’est même Jésus qui fut invité. Il est invité à des noces juives parce qu’il est impossible que la nouvelle alliance ne repose pas sur le concret de cette humanité juive telle que Dieu la préparait depuis des siècles. Jésus est invité, mais c’est lui qui va créer la surprise. Ce qui me surprend, d’abord, c’est la qualité de sa présence. Il a répondu à l’invitation et, même il reste jusqu’au bout des noces. Il est vrai qu’à l’époque, cela devait être plus facile, la sono était moins forte et les danses moins ambiguës. Imaginez le repas des noces de Cana aujourd’hui, même parfois chez les chrétiens, comment Jésus aurait-il pu manifester sa gloire ? Mais Jésus reste jusqu’au bout car la consommation d’un mariage ne peut être qu’avec Dieu.

Le deuxième événement est la nouveauté apportée par Jésus. Sa présence est marquée par sa gloire. Les noces de Cana sont donc aussi une épiphanie. Les mages, cette fois, ne sont pas conviés. Il y a mieux car c’est l’humanité toute entière qui est contenue dans cette promesse du mariage. L’eau changée en vin, c’est l’accomplissement de l’Alliance, le mariage juif qui s’accomplit en mariage chrétien, c’est-à-dire rempli de la présence du Christ, de son consentement, de son oui.

La nouveauté apportée par Jésus, c’est donc sa gloire. Tout le reste de la vie de Jésus est le rayonnement de cette gloire. Bien sûr, dans la Bible, la gloire n’est pas la renommée d’une personne, en tout cas pas selon les catégories du monde. La gloire n’est pas la gloriole. Pour Dieu, la gloire, c’est la grandeur et la beauté, toujours inattendue, de sa manifestation. Nous savions que Dieu était beau. Les mariés de cette noce le savaient. Nous savons aussi que notre humanité est belle, mais pas toujours. Alors que Dieu devienne beau en cette humanité, voilà l’incroyable ! Une humanité tout à la fois capable de la force du miracle du vin et de la faiblesse du vin versé, jusqu’au bout, dans la coupe de l’injustice humaine, voilà qui n’est plus seulement beau mais vraiment glorieux.

Jésus dit à sa mère, un peu pressée de marier son fils, que son heure n’est pas encore venue. Car l’heure de ses noces à lui, c’est cette croix et son sang versé. L’eau changée en vin n’était que pour ce jour du vin changé en sang du Christ pour des noces éternelles, une manière nouvelle et définitive pour Dieu de se marier avec l’humanité.

Ainsi, Cana ne doit pas passer. Nous devons encore aujourd’hui célébrer Cana dans la vérité de cette présence. Les noces de l’humanité doivent rester les noces de Dieu. Cana dénonce alors toutes les falsifications des noces humaines qui prétendraient se passer de Jésus, qui ne ressentiraient plus le manque de vin ou l’épuisement dans un vin de mauvais goût. Pas de Pacs à Cana ! Si l’on veut que Jésus continue à manifester sa gloire dans les mariages, il faut que les chrétiens soient cohérents : qu’ils célèbrent leur mariage en invitant le Christ, qu’il le laisse changer l’eau de leur humanité en vin de la sacramentalité, celle de leur mariage, celle de l’Eucharistie ; qu’ils offrent aussi à ceux qui sont en recherche d’un lien social vrai, malgré des faiblesses personnelles ou des blessures de la vie, une possibilité réelle de vivre dignement leur vie et non une démagogie politique et sociale. Par conséquent, il faut aussi que le chrétien s’engage résolument contre ce qui porte atteinte à ce mariage voulue par Dieu. Le Pacs non seulement ne peut réaliser une vraie alliance, ni chrétienne, ni même humaine, mais il impose trop un symbole concurrentiel du mariage, achevant de déboussoler les esprits, surtout ceux des jeunes en recherche de structuration personnelle à travers ces " signes " livrés par la société, et souvent avec quelle misère.

C’est pourquoi je me permets de relayer l’appel solennel lancé par Mgr André Fort, évêque de Perpignan : " tous les citoyens conscients de leur responsabilité pour l’avenir de la société doivent manifester leur indignation devant le Pacs tel qu’il est actuellement proposé au vote parlementaire ". Il précise qu’il lance et appel " au titre de sa mission épiscopale ". Cet appel est adressé à tous les citoyens. A fortiori, il concerne les chrétiens. Au début de cette semaine de l’unité, on peut aussi rapporter cette déclaration d’un des grands responsables de l’Islam en France, lequel s’étonnait que les chrétiens catholiques ne réagissent pas davantage. Il y a donc des invités inattendus à Cana.

En célébrant aujourd’hui les noces de Cana, on ne peut entretenir cette contradiction d’être invités liturgiquement aux noces et ne rien dire contre le Pacs, et ne pas manifester pas contre lui, même s’il faut aller à Paris le 31 janvier.

Dans notre actualité française, c’est sans doute cela le troisième événement de Cana.




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 Pas de Pacs à Cana !



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