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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 25 >>   Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’Argent

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Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’Argent

20/9/98

 

En ligne depuis le dimanche 9 avril 2006.
 
 

"Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’argent" : la parole de Jésus est tranchante, sans concession. Vous ne pouvez pas servir Dieu et idolâtrer l’Argent. Le Mâmon, puissance obscure à laquelle l’homme voue facilement un culte, jusqu’à la frénésie, l’égomania, jusqu’à la possession. Car le Mamon, laisse entendre Jésus, si l’on n’y prend pas garde, possède qui le possède, et ruine le cœur. Peu à peu l’Argent achète votre âme, l’asservit, la détrousse. Dans l’affaire, c’est le cœur qui est volé. I1 était fait pour la vie éternelle et il végète dans de pauvres surcroîts terrestres, se contente du maximum. L’immédiat, c’est toujours bon à prendre... Vous voici pris dans la spirale de la cupidité à vouloir toujours plus, par jeu social, pour la frime, pour le paraître, pour le beau monde, pour augmenter le périmètre de réduction. Quitte à vous endetter... Vous voici content de votre sort, envié, légitimé. Pourtant, "malheur à ceux qui ajoutent maison à maison et joignent champ à champ, au point de prendre toute la place, restant seuls habitants du pays", s’écrie Isaïe, 5, 8. Vous voici aveuglé sur les besoins du prochain, que vous ne voyez pas, ou ne voulez pas voir. Une graisse a bouché voue cœur. La mort spirituelle, est imminente. "Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à perdre son âme !"

Vous me direz, à juste titre : mais de l’argent, il en faut Oui, bien sûr, et suffisamment pour ne pas dépendre de la générosité des autres, des Caisses de l’Etat, ou faire subir aux siens les affres de sa propre inconséquence. Mettre à l’abri sa famille, prévoir pour ses enfants, assurer une aisance, il n’y a là rien que de légitime. Renoncer à l’engrenage de 1’Argent n’est pas ne plus faire acte de propriétaire, - le Concile reconnaît la propriété privée- proscrire tout confort, comme si habiter cette terre n’était qu’une fuite en Egypte, une réparation. Vivre n’est pas coupable. J’ai beau dire et beau faire, rappeler solennellement que "de ce Temple il ne restera pas pierre sur pierre", que tout passe, je suis de ceux qui préfèrent une agréable résidence à un studio frigide, une cellule de moine ajourée et fonctionnelle à une bicoque de clodo qui y grelotte de froid, près des berges. Le charme de sa vue au petit matin, -sur photo Doisneau !-, ne me fait pas oublier l’injustice qui le présuppose.

Encore suis-je heureux de dire cela, c’est la preuve que moi aussi j’ai vu la misère de mon peuple, que le confort ne m’a pas aveuglé, englué dans ses aises. Ce que redoute le Christ pour nous, pour tous ceux qui possèdent, c’est que nous vivions en êtres rassasiés. Le repu, dit Jésus, qui "a dans ce monde sa consolation" ne peut entrer dans le Royaume de Dieu : il a étouffé en lui la Parole, son effet de surprise. Qu’elle est juste cette prière du sage Assur du livre des Proverbes, elle s’adresse à nous : "Ne me donne ni pauvreté ni richesse, laisse-moi goûter ma part de pain ; de crainte qu’étant comblé je ne me détourne et ne dise : "Qui est le Seigneur !", Pr. 30, 8. "Laisse-moi goûter ma part de pain" : que le bien-être ne me fasse pas oublier qu’avant d’être conquise la vie est reçue, que toute vie est reçue. Ne m’ôte jamais du cœur le pain de la reconnaissance.

Pour acquérir la perle précieuse, le trésor caché, l’or qui ne rouille pas, Jésus invite donc ses disciples au détachement total radical : "Quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple". Renoncer sera pour l’un tout vendre pour suivre Jésus, pour l’autre partager ses biens aux pauvres, donner de son temps, aider, secourir. Dans notre société il ne manque pas d’occasions, ni d’associations ou d’organismes qui demandent de l’aide. "Des pauvres, vous en aurez toujours", c’est notre corne d’abondance pour nous qui avons la chance d’avoir. La vraie richesse n’est pas ce que l’on possède, mais ce que l’on donne, dit une phrase un peu passe-partout, pourtant terriblement évangélique. A l’image de Dieu lui-même qui, "en se faisant pauvre pour nous" "nous a enrichis de son insondable richesse". Que nous ferions de sacrés serviteurs si nous étions aussi habiles à discerner le vrai du faux, le superflu du nécessaire, que ce gérant a été fripon !




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