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Un Père avait deux fils

13/9/98

 

En ligne depuis le dimanche 9 avril 2006.
 
 

Jésus fréquentait des personnes fort peu recommandables. C’est un fait. Il se laissait approcher par des prostituées. Ses auditoires comprenaient souvent des pécheurs connus. Il n’hésitait pas à descendre dans des maisons suspectes et à prendre des repas avec des gens que les bien-pensants évitaient même de regarder.

Pour un homme qui prétendait parler au nom de Dieu, n’était-ce pas choquant ! Ne s’apercevait-il donc pas que de telles fréquentations pouvaient nuire à sa réputation ? Serait-il à ce point innocent ? Ou bien alors... ? Et l’on devine la perfidie de certaines insinuations sous prétexte de protéger sa vertu menacée !

En réalité, les adversaires de Jésus cherchent à le couler. Le succès du jeune Maître condamne leur hypocrisie. Comme on ne peut attaquer son enseignement qui respire le grand souffle des prophètes, on épie sa conduite, on surveille ses fréquentations, on passe au crible ses moindres gestes.

Mais Jésus sort vivant de tous ces traquenards comme il sortira vivant de son tombeau. S’il est ainsi descendu jusqu’au fond de la misère humaine, ce ne fut pas pour s’y perdre, mais "pour sauver ce qui était perdu".

Afin de justifier sa manière d’agir jugée déplacée par ses adversaires, Jésus laisse monter de son cœur trois paraboles inoubliables, celles qui ne cesseront de bouleverser tout homme qui se sait pécheur. Plus que de paraboles, il s’agit d’histoires prises dans le concret de la vie. Et chacune d’elles, qu’il s’agisse de la brebis perdue, de la dragme perdue ou encore de l’enfant égaré, ce qui éclate avec force, c’est la joie de Dieu retrouvant ce qu’il avait cherché avec tant de fatigue et d’angoisse.

La joie de Dieu, quel mystère et cependant quelle réalité ! Pourquoi une telle explosion de joie en plein ciel ? A cause de la conversion d’un pécheur. Déjà la prophète Michée avait dit que le Seigneur trouve son bonheur à pardonner :"Quel est le Dieu comme toi qui prend plaisir à faire grâce ? "(7,18). Comme les mœurs divines sont à l’opposé des mœurs de l’homme ! Et c’est peut-être pour cela que la joie déserte notre terre comme le ruisseau des montagnes finit par se perdre dans les sables du désert. Si nous savions accueillir et pardonner les pécheurs, à commencer par celui qui nous a fait du tort, n’y aurait-il pas un peu plus de joie dans notre monde et dans notre cœur ?

Dieu nous invite à partager la joie. Joie qui rebondit d’abord en plénitude sur la personne de Jésus. Il justifie en effet sa conduite estimée scandaleuse en déclarant, dans ses trois paraboles et avec un crescendo émouvant, qu’il actualise lui-même l’amour inlassable et la joie débordante de Dieu pour les pécheurs qui accueillent son pardon. Par là, avec quelle discrétion mais aussi avec quelle évidente clarté, il insinue qu’il est plus que le reflet du Père ! Qui donc est-il qui prétend agir en lieu et place de ce Dieu dont il révèle la fibre la plus secrète ? Infiniment plus que l’amour qui donne, Dieu est l’amour qui pardonne. Plus qu’il élève, il relève. Il est l’Amour miséricordieux.

Consentirions-nous enfin à nous laisser envahir par cette joie de Dieu, comme le Christ qui, à certaines heures, en était tellement possédé qu’il ne pouvait plus la cacher : elle le transfigurait. "Réjouissez-vous avec moi car j’ai retrouvé l’enfant qui était perdu". Sorti du cœur de Dieu et passant par celui du Christ, la joie devrait de plus en plus envahir le ciel et la terre comme l’atmosphère de l’humanité sauvée. Le règne de Dieu est "joie dans l’Esprit Saint" (Rm 14,17) a dit l’apôtre Paul. Dans notre parabole, l’accent n’est pas, comme on le pense souvent, sur la conduite du fils prodigue, mais sur le Père, prodigue en amour gratuit. La joie de Dieu, nous dit Jésus, est bien plus importante que la conversion d’un homme. Se convertir, ne serait-ce pas d’ailleurs tout simplement accepter d’entrer dans cette joie du Père.

Or, c’est précisément ce que refuse le fils aîné. Le Père ne saurait se résigner à ce refus. Il sort au devant du boudeur, comme il est sorti tout à l’heure au devant du fils prodigue. Et voilà qu’il supplie son aîné de ne pas refuser d’entrer dans la maison, de festoyer et de se réjouir lui aussi, car "ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé".

L’aîné va-t-il se laisser convaincre ou va-t-il persister dans son refus. Nous ne le saurons pas, car Jésus se garde bien de conclure. Il laisse au fils aîné le soin de le faire par sa propre décision. Sa parabole n’avait pas pour but de le juger ou de le condamner lui non plus, mais de l’inviter à communier joyeusement à l’amour gratuit et miséricordieux du Père. Dans le message et le comportement de Jésus se révèle toujours dans toute sa force et son infinie délicatesse l’Amour qui peut et veut faire de nous tous fils cadet et fils aîné, interlocuteurs du temps de Jésus, nous, interlocuteurs du temps de l’Eglise, des fils et des frères, laissant tomber notre courte logique humaine et adoptant celle de l’Amour, celle de la gratuité, parce que c’est celle de Dieu.




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