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Devenir disciple

6 septembre 98

 

En ligne depuis le dimanche 9 avril 2006.
 
 

Frères et sœurs, le passage d’évangile que nous venons d’entendre n’est pas très facile. Il nous pose bien des questions. Il pourrait même à certains moments nous décourager par tant d’exigences mises en avant pour suivre Jésus. Peut-être trouverons-nous un peu de consolation en apprenant qu’il fait partie des textes d’évangile les plus commentés par les spécialistes en raison même des difficultés qu’il présente. La plus grande consiste à se demander si ces exigences, par exemple celle de renoncer à tous ses biens, concernent uniquement ceux et celles que Jésus appelle à des vocations particulières, prêtres, religieux, religieuses, moines, moniales ou si elles concernent tous les baptisés. Sans répondre directement à cette question, choisissons d’évoquer en quoi l’expression " devenir disciple de Jésus " doit être au cœur de notre vie de chrétien.

Commençons par un constat d’humilité. Personne ne peut vraiment dire qu’il a bien compris comment vivre à la suite de Jésus, ce qui lui permettrait de regarder les autres de haut. En évoquant ces grandes foules qui faisaient route avec Jésus, Saint Luc savait qu’au pied de la croix, il n’est pas resté grand monde ! Dans nos meilleurs moments, nous sommes tous capables de belles déclarations sur notre fierté d’être chrétien et notre projet de vivre l’évangile. Mais l’expérience nous apprend combien devenir disciple est impossible sans se laisser rejoindre sans cesse par la miséricorde de Dieu. S’asseoir pour savoir comment aller jusqu’au bout de notre aventure chrétienne n’est-ce pas d’abord remettre au centre cette exigence de l’humilité vraie et source de cette prière toute simple : " Sans toi Seigneur, je ne pourrai pas aller bien loin ". Cet appel à l’humilité est compris dans cette petite expression " marcher derrière Jésus ". Marcher derrière, c’est découvrir cette totale dépendance et apprendre jour après jour ce qu’elle signifie.

Enraciné dans cette attitude d’humilité, l’appel à devenir disciple doit aussi représenter pour chacun de nous un grand projet. L’invitation à s’asseoir pour réfléchir indique bien le sérieux avec lequel nous devons faire nôtre ce projet. Les deux petites paraboles utilisées par Jésus peuvent nous faire penser que devenir disciple est un grand projet comme celui, pour un petit paysan palestinien, de bâtir une tour ; mais un grand projet toujours menacé comme l’évoque l’image de ce roi attaqué par un plus puissant que lui. Pourquoi souligner qu’il s’agit d’un grand projet ? Parce qu’au fond, toute la bonne nouvelle de l’évangile passe par l’expérience de ce cœur nouveau ; toute l’œuvre de Dieu en nous va être de faire naître et grandir ce cœur nouveau, capable de Dieu, invité à vivre à l’unisson de celui du Christ, de son amour, de sa miséricorde et de cette merveilleuse capacité de fraternité. Or ce projet est toujours menacé parce que nous expérimentons sur ce chemin bien des contradictions qui nous obligent à toujours choisir l’humble chemin de la conversion. Jusqu’à notre mort, cela passera par un mystérieux combat spirituel qui ne doit pas nous décourager mais nous inviter à veiller. L’Esprit Saint est le seul capable de nous apprendre ce que signifie aller jusqu’au bout de la conversion que le Seigneur nous propose jour après jour : une liberté qui s’engage totalement, une quête de Dieu qui investit notre être profond, un désir sincère de vivre de la parole de Dieu, un amour et une miséricorde qui s’incarnent dans des actes et qui n’en restent pas à de belles intentions sans effet...

Lorsque nous réalisons à quel point l’avènement en nous de ce cœur de disciple est le don le plus précieux, nous pouvons plus facilement remettre à leur place les exigences qui en rendent possible l’épanouissement plénier : préférer le Christ à toute affection humaine et jusqu’à sa propre vie ; porter sa croix, renoncer à tous ses biens. Ces exigences s‘inscrivent dans cette logique évangélique : en nous attachant au Christ de tout nous mêmes, nous recevons la grâce de nous détacher de tout ce qui peut nous séparer de lui.

Ainsi préférer le Christ à toutes nos affections familiales, ce n’est nullement les mépriser mais les évangéliser afin qu’elles trouvent dans la grâce du Christ leur sens profond et leur véritable espérance.

Préférer le Christ à sa propre vie, c’est accepter la logique du bel amour de charité qui nous fait vivre par et pour un autre surtout si cet autre est notre Seigneur et notre Dieu.

Porter sa croix ce n’est pas cultiver un mauvais sens du sacrifice mais découvrir en quoi la Pâque de Jésus vient donner sens et vient nous relever dans toutes nos épreuves, nos souffrances et nos échecs en même temps qu’elle nous fait communier mystérieusement à ce monde qui gémit en travail d’enfantement.

L’expression " renoncer à tous ses biens " utilise peut-être le mode de parler oriental qui cherche des expressions frappantes. Cela évoque d’abord le nécessaire détachement vis à vis des biens de ce monde : " si vous avez des richesses, dit un psaume, n’y mettez pas votre cœur ". Cela rappelle aussi l’avertissement de Jésus " Nul ne peut servir Dieu et l’argent " Il faut découvrir les ravages que fait l’esclavage de l’argent pour mieux comprendre l’avertissement de Jésus. Cela évoque aussi l’horizon d’une charité vraie qui consiste à mettre toutes nos richesses au service de l’être humain afin de faire grandir ce seul bien qui ne passera jamais : la charité. Il comprend enfin lorsque Dieu le demande l’abandon effectif de tous ses biens pour une plus grande disponibilité au service du Royaume.

Oui, frères et sœurs, devenir disciples de Jésus est un grand projet dont Dieu est le vrai maître d’œuvre. Faisons-lui confiance, Il a infiniment de délicatesse pour réussir en nous ce qui pourrait apparaître comme une opération chirurgicale trop risquée. Pour nous cela est impossible mais pas pour Dieu. Coopérons-y de tout nous même. Amen !




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