Accueil
Présentation Avent Noël Ordinaire Carême Pâques Sanctoral Divers        


Accueil >> Ordinaire >> Semaine 22 >>   Mon ami, avance plus haut !

TOP 5 :

textes  les plus lus :
 
par fr. HF Rovarino o.p.
La Mère de Dieu a quelque chose à nous dire
8233 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Au désert, je parlerai à ton cœur
7402 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Dieu nous fait le cadeau de sa présence
7294 visites

par fr. ST Bonino o.p.
Notre attente : la vie éternelle
6589 visites

par fr. BM Simon o.p.
Le jeune homme riche
6199 visites

Mon ami, avance plus haut !

30 août 1998

 

En ligne depuis le dimanche 9 avril 2006.
 
 

Au cours de la montée vers Jérusalem, voilà Jésus à table dans la maison d’un pharisien !

Jésus ne fut pas le prédicateur austère qui s’enfermait pour prêcher, dans une synagogue, une barque, ou une petite crique du lac. Il se sentait à l’aise partout pour parler du Royaume ; s’il a si souvent comparé le Royaume à un banquet, il savait, par expérience ce qu’est un repas pris en joyeuse compagnie. Volontiers, il acceptait d’aller manger chez les autres, qu’ils soient des publicains ou des pharisiens. Il était à l’aise partout et il mettait tout le monde à l’aise. Il ne fut jamais un convive gênant : bien au contraire !

La preuve en est que même ceux qu’il fustigeait le plus, les pharisiens, se faisaient un honneur et un

plaisir de l’inviter à leur table. Avec lui, on était sûr qu’il y aurait de l’inédit. Rappelons-nous l’histoire de la pécheresse au cours d’un repas chez le pharisien Simon (7, 37-50). Et puis, quel plaisir de discuter avec lui dans un climat de détente que favorise toujours un bon repas. Il est vrai que certains seront choqués au point de traiter Jésus " d’homme de bonne chère et de buveur " Ils n’auront rien compris à l’humanité de Dieu notre Sauveur .

Ce jour là, un sabbat, Jésus est invité par un chef des pharisiens. Les convives sont nombreux. Ils se promettent de bien observer le jeune Maître. Mais celui ci les a vus venir ! Comme si rien n’était, il se met à raconter une parabole. Elle pourrait paraître banale, car il s’agit de remarques de bon sens sur la façon de se choisir une place à la table où l’on est invité : que l’on ne prenne pas aussitôt la place d’honneur si l’on ne veut pas se couvrir de confusion quand l’hôte vous priera de vous effacer devant un personnage plus important. Simple leçon de politesse et de savoir vivre.

Mais rien n’est jamais banal avec Jésus. La suite du récit le montre bien " Tout homme qui s’élève sera abaissé et celui qui s’abaisse sera élevé ". Il s’agit d’infiniment plus que d’une maxime de sagesse pratique. Pour avoir place au Royaume, il faut se faire tout petit devant Dieu ; s’abaisser aux yeux de Dieu ne signifie pas refuser les valeurs humaines de liberté et de décision, mais c’est choisir de se mettre à la disposition du Seigneur pour ce qu’il voudra et où il voudra ; c’est renoncer à sa propre justice pour se faire tout petit devant Lui. Avouons qu’il n’y a rien de banal dans ce " propos de table " du Seigneur.

Nous ne sommes pas encore à la fin du repas. Jésus s’adresse directement à son hôte pour lui faire quelques remarques sur le choix des invités. Il est d’usage, quand on offre un repas, d’inviter certaines personnes bien triées : amis, parents, voisins riches. On sait que l’on n’y perd pas car il y aura réciprocité ; on ira d’invitation en invitation, la vie mondaine est faite d’un tel manège. Il y a un tour de réception et la vie se passe à tourner. Or voici la surprise de Jésus : il conseille d’inviter de préférence les indigents et les infirmes, tous ceux qui sont dans l’impossibilité de rendre la politesse, ceux dont on n’a rien à attendre en contrepartie, même pas parfois, un simple merci. Avouons que nous sommes très sensibles à toute absence de reconnaissance.

A travers ces conseils, d’ordre tellement pratique, semble-t-il, Jésus fait, en réalité, l’éloge du désintéressement, cette vertu si rare parmi les hommes, même les meilleurs. Les actions les plus agréables à Dieu, a-t-on dit, sont celles où l’intérêt propre cède la place à la charité. Notre joie devrait être d’autant plus pure que les pauvres n’ont pas de quoi nous rendre. Qu’il nous est difficile de nous en remettre à Dieu pour lui laisser le soin de nous récompenser...à la Résurrection !Mais n’allons pas croire que l’assurance : " cela te sera rendu à la Résurrection des justes " vienne d’un coup détruire la gratuité, en introduisant de nouveau un calcul " donnant, donnant " !

Une fois de plus, l’au-delà n’est invoqué ici que dans la mesure où il doit révéler ce qui est déjà ; c’est dès maintenant qu’en communiant à la miséricorde du Père que nous sommes et nous serons les Fils du Très Haut (6, 35) et il n’est pas d’autre récompense.




2474 affichages
 

  Mon ami, avance plus haut !



Untitled Document