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Le Christ Roi

Dimanche 26 novembre

 

En ligne depuis le mercredi 26 juillet 2006.
 
 

Voici quelques réflexions dont je vous fais part à l’occasion de la solennité de Notre Seigneur Jésus-Christ, Roi de l’univers. La liturgie d’aujourd’hui met en relief l’histoire, la nature et l’extension de la dignité royale du Christ. Le roi messianique est considéré dans la perspective prophétique de l’exercice de ses fonctions, l’étendue et l’affirmation de ses prérogatives royales jusqu’à la fin des temps. Sur le plan divin, le Christ est le point de convergence de toute l’histoire du salut qui est programmée et gouvernée de sorte que les innombrables courants qui la traversent, mettent en évidence qu’il est le Messie. En lui nous trouvons la raison ultime de notre devenir. " Je suis l’Alpha et l’Oméga, dit le Seigneur, je suis celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant " (Apoc.). Voilà le point central de notre foi et de notre espérance Selon l’enseignement de saint Paul, le Christ récapitule toutes choses (Ep 1, 10) : les réalités célestes, terrestres - humaine et infra-humaine - " Car c’est en lui que toutes choses ont été créées ; tout a été créé par lui et pour lui " (Col 1, 16). L’idée que le Christ est le but final des temps et des cycles historiques est bien exprimée par la célébration festive de sa suprématie, au terme de l’année liturgique. En commémorant les mystères salvifiques du Christ, elle a comme couronnement le triomphe final de l’Homme-Dieu, sans négliger pour autant le point culminant qui est Pâques.

Aussi, c’est sur la triple acclamation en l’honneur du Christ, dans la deuxième lecture, tirée de l’Apocalypse, que nous nous arrêterons aujourd’hui pour comprendre l’enseignement présenté par la liturgie de ce dimanche. Le premier titre de Jésus est " le Témoin fidèle ". En Is 55, 4, le mot ’témoin’ désigne le Messie. En Ps 89, 38, le Messie est comparé à un " témoin fidèle dans le ciel ". C’est dans sa mort que Jésus s’est manifesté " témoin fidèle ". La croix révèle Jésus comme témoin fidèle, il nous a libérés du péché par son sang. Par sa résurrection, Jésus est devenu " le premier-né d’entre les morts ". Par sa glorification, Jésus est devenu " le souverain des rois de la terre ", il est donc " le seul Seigneur ". Cette acclamation en l’honneur du Christ est suivie d’une célébration de son oeuvre où sa royauté n’a pas de limite. " Il nous aime " ; il n’y a pas d’expression semblable dans tout le Nouveau Testament. Saint Paul dit bien : " Je vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé ! " (Ga 2, 20) ou encore : " Suivez la voie de l’amour, à l’exemple du Christ qui nous a aimés et s’est livré pour nous " (Ep. 3, 2) ; nulle part ailleurs, il n’ y a le présent. Ce présent nous montre que le Christ nous aime aujourd’hui. " Il nous a délivrés de nos péchés par son sang, et il a fait de nous le royaume et les prêtres de Dieu et de la terre. ". C’est évidemment une allusion à la sortie d’Egypte du peuple élu doté de la dignité royale sacerdotale. Lors de cette première Rédemption pascale, le sang de l’agneau était le signe de la libération qui faisait des Hébreux le peuple de Dieu (Ex. 19, 6). Ainsi les chrétiens sont le véritable peuple de Dieu, associés en cette histoire prophétique, à la royauté et au sacerdoce du Christ. Le peuple de Dieu de l’Ancien Testament était un royaume par son appartenance au Roi de l’univers. Il était un royaume de prêtres, car il devait servir d’intermédiaire entre Dieu et les nations. Baptisés dans le Christ, nous sommes un royaume parce que le Christ règne sur nous et surtout parce que nous participons à sa royauté. Nous participons à sa fonction sacerdotale si nous acceptons de donner, de sacrifier notre vie avec le Christ pour n’adorer que le Père.

Relevons d’ailleurs une structure liturgique à ce passage de l’Apocalypse : " A celui qui nous aime, et nous délia de nos péchés par son sang, et fit de nous une royauté, des prêtres pour son Dieu et Père ", en reprenant la doxologie : " A lui gloire et puissance pour les siècles. Amen. " (Ap 1, 5-6). Le point culminant de l’oeuvre du Christ, " celui qui nous aime " et qui l’a manifesté en nous libérant du péché par l’effusion de son sang (" et qui nous délia "), est d’avoir fait de nous " une royauté, des prêtres pour son Dieu et Père ". C’est donc là aussi notre motif principal de lui " rendre gloire ". " A lui gloire et puissance pour les siècles des siècles. Amen ". Après l’Amen, l’auteur de l’Apocalypse reprend la parole et propose aux auditeurs une prophétie. Jésus " vient " comme le Fils de l’homme annoncé par Daniel pour le jugement (Dn 7, 13-14). Jésus vient comme le roi transpercé vu par Zacharie (Za 11 , 12) . " Ils le regarderont comme le roi transpercé ; ils feront sur lui la lamentation comme on la fait pour un fils unique et ils le pleureront comme on pleure un premier-né ". Ces deux citations de l’Ancien Testament affirment que c’est bien le crucifié qui reviendra en gloire. Le monde entier ne pourra que le reconnaître et annoncera ainsi particulièrement l’ère messianique. Nous proclamons notre espérance et nous contemplons dans la foi le Christ transpercé par nos péchés. Les prophètes ont annoncé la venue du Christ : " Je suis l’alpha et l’oméga, dit le Seigneur, je suis celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant ". Alpha et oméga : la première et la dernière lettre de l’alphabet grec. Ailleurs on dira, dans le même sens, le premier et le dernier, le commencement et la fin (21, 6 ; 22, 13). Ici, c’est Dieu qui parle, en 22, 13, la parole est mise dans la bouche du Christ, qui vient récapituler toutes choses (Ep 1, 10). Aujourd’hui aussi nous pouvons évoquer le symbole de la nuit de Pâques, le cierge pascal qui représente le Christ et le cycle des mystères, de sa naissance à sa mort en se concluant par sa glorification royale. Comme nous le proclamons à chaque Eucharistie dans l’Anamnèse : " Gloire à toi qui étais mort, gloire à toi qui es vivant, notre Sauveur et notre Dieu : Viens, Seigneur Jésus ".

Réjouissons nous, soyons donc dans la joie et l’action de grâce, célébrons la fête du Christ Roi, le crucifié, l’agneau immolé, celui qui nous aime, qui reviendra dans la gloire. oeuvrons à l’avènement de son règne " sur la terre comme au ciel ". La question qui se pose c’est de se demander " quand ?" Nous n’en savons rien. Jésus nous dit que c’est le secret du Père. Frères et soeurs, en vérité le Seigneur est déjà là : " Voici je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. " (Ap 3, 20). Ouvrons notre coeur à l’amour généreux de Dieu afin d’être assez vigilants pour l’entendre frapper à notre porte, aujourd’hui et chaque jour de notre vie par sa Parole, par ses sacrements, et par sa grâce.




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