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La sainte Famille

Dimanche 31 décembre 2000

 

En ligne depuis le mercredi 26 juillet 2006.
 
 

Cette fête de la Sainte Famille est éclairée par la lumière de l’incarnation que nous venons de fêter et, dans le même temps, elle nous permet de mieux en approfondir la signification. Le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous. Et pour que cela fût vérité et pas seulement apparence, il fallait qu’il naquît comme descendant de David, car ce Fils de Dieu devait être Fils de l’homme, le Messie annoncé par les prophètes. Certes, la famille immédiate de Jésus, ce sont Marie et Joseph, mais eux-mêmes sont les ultimes maillons d’une généalogie qui unit les générations vivant de l’espérance du salut. Même si, à la crèche, nous ne voyons que Jésus, Marie et Joseph, les bergers et les mages, plus l’âne et le boeuf selon un apocryphe, auxquels d’aucuns veulent ajouter encore le mouton, il est clair que ce sont les hommes et les femmes de tous les temps et de tous les lieux qui sont le véritable entourage de Jésus : la famille humaine dans son ensemble, incluant les enfants qui n’ont pas encore vu le jour, les personnes en fin de vie, ceux qui souffrent d’un handicap.

Toute cette humanité est convoquée par l’amour de Dieu à recevoir de cet Enfant bien-aimé du Père le salut et la sublime dignité de la filiation divine. L’Evangile du recouvrement de Jésus au Temple nous montre comment la Sainte Famille ne se comprend qu’à la lumière de l’identité de Jésus et de sa mission. Jésus manifeste que le cadre de sa vie future sera pleine de ces références que sont Jérusalem et son Temple, les docteurs de la loi, et surtout cette relation si mystérieusement intime avec Celui qu’il ne craint pas, en présence de Marie et de Joseph, de nommer " son " Père. La question de la Vierge Marie suggère beaucoup de choses au sujet des relations entre les membres de cette famille hors du commun : " Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchions, angoissés ". Simple reproche parental à un enfant fugueur ? Réflexion, en tout cas, qui manifeste à la fois une incompréhension et la certitude que cet enfant humble et obéissant, croissant en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes, ne saurait rester insensible à l’évocation de l’émotion causée par son attitude inhabituelle.

Jésus ne change rien à son comportement respectueux et aimant mais il exprime à la fois la conscience de ce qu’il est - en nommant Dieu " son " Père - et de ce qu’il a à faire. Parole enveloppée encore de mystère et suscitant un merveilleux exemple de foi chez sa mère. Alors même que l’Evangile nous dit de Joseph et de Marie qu’ils ne comprirent pas la parole que Jésus venait de leur dire, il ajoute que " sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son coeur ". Ce que l’intelligence ne peut saisir parfaitement, le coeur peut le conserver, le choyer dans l’adoration. Voilà comment Marie, voilà comment la Sainte Famille, dans la diversité de ses membres, vit du mystère de Dieu, de la relation unique de Jésus avec son Père et notre Père.

Si la Sainte Famille est modèle de nos familles humaines, ce ne saurait être par l’identité, tout à fait atypique, de ses membres : une mère vierge, un père seulement adoptif, un fils à la fois homme et Dieu. Ce ne peut être que comme l’écrin d’un mystère et comme le Temple d’une Présence. La famille n’est pas close sur elle-même dans une autarcie qui la rendrait imperméable à l’existence d’autrui. La famille est vouée à contempler et protéger la filiation à l’égard de Celui qui est la source de toute paternité, ce Dieu qui nous a aimé assez follement pour nous donner son Fils, qui l’a livré pour nous. Nous vivons une crise capitale de la famille, se répercutant non seulement en blessures individuelles mais aussi en problèmes sociaux. Non seulement le lien conjugal se trouve fragilisé, mais ce sont aussi les relations de paternité et de filiation qui se voient endommagées.

Face à ce constat, il nous importe, comme chrétiens, de ne pas nous satisfaire de dénoncer et déplorer ce délitement mais, là comme ailleurs, de rendre compte de l’espérance qui nous habite, de cette vertu curative de notre foi : vivre comme des fils adoptifs dans, par et avec le Fils unique de Dieu doit progressivement fortifier et guérir ce que nos relations humaines vivent de déficient. La famille vit par l’accueil de l’Enfant de Noël. Que la Nativité du Seigneur nous illumine, nous console et nous fortifie. Que Marie nous aide à conserver dans notre coeur la Parole faite chair, le Verbe qui naît en nous à toute heure et dont l’Esprit nous fait crier " Abba, Père".




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