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La visite des temps de fête

Dimanche 24 décembre 2000

 

En ligne depuis le jeudi 31 décembre 2009.
 
 

Dans ma famille, il y avait une vieille tradition. Après avoir célébré Noël avec faste, il fallait entre le jour de Noël et le jour de l’An visiter les membres de la famille que nous n’avions pas vus au réveillon ou au dîner de Noël. On commençait d’abord par la visite de ma tante Jeanne, soeur Marie-Gabriel, qui n’avait rien d’un ange mais qui incarnait tout de même pour notre famille la familière de Dieu, celle qui était à l’écoute de tous avec simplicité. On avait l’impression qu’un ange la visitait régulièrement. Puis c’était le tour de mes deux grandes tantes, Ninine et Corinne, dame très âgées, soeurs de ma grand-mère maternelle, que l’on ne voyait qu’une fois l’an et à qui grand-mère racontait les dernières nouvelles.

Mon grand-père restait silencieux. Sans mot dire, il écoutait. Tous trois auraient été bien étonnés si grand-mère leur avait annoncé que ma tante religieuse fût devenue enceinte à cause d’une intervention spirituelle durant l’année. Alors mon grand-père serait sorti de son silence et aurait bien rigolé en nous disant que les soeurs lui avaient enlevé sa fille, mais que maintenant le Saint Esprit leur avait joué un bon tour puisqu’il aurait d’elle, malgré tout, une progéniture. Ma grand-mère paternelle, elle, tertiaire franciscaine, aurait été scandalisée qu’on lui annonce qu’un tel événement puisse se produire dans une communauté religieuse.

Dans les récits de l’enfance de Luc, c’est aussi la visite du temps des fêtes. Il y a de grandes nouvelles à annoncer. C’est une spiritualité du voyage qui s’est constituée tout au long de l’histoire du peuple d’Israël. Marie fait partie de cette lignée " voyagère " qui, après avoir accueilli le message de l’Ange et étonnée que sa cousine aussi soit enceinte, part à la rencontre d’Élizabeth. Elle veut vivre avec Élizabeth cette nouveauté de deux naissances extraordinaires, constituant pour toutes deux quelque chose de mystérieux et d’inédit. C’est la foi en son Dieu et par cette mystérieuse et utopique nouveauté que Marie prend la route. Cent cinquante kilomètres la séparent de sa cousine, mais elle n’hésite pas à aller vers elle pour lui chanter sa joie et lui apporter son réconfort.

Le prophète Michée nous éclaire sur la signification des événements. Celui qui doit gouverner Israël va venir. Il incarnera tout ce qu’Israël a espéré depuis plusieurs siècles. Il sera le vrai pasteur par sa puissance, par sa majesté. Les bergers le reconnaîtront. Et tous seront dans la confiance. Son influence sera universelle. Le don de Dieu fait à l’humanité deviendra grâce pour tous. Car ce Messie vient faire la volonté de Dieu sur terre. Il supprime l’ancien culte pour en ouvrir un nouveau. L’homme est sanctifié par l’offrande du Corps du Christ, une offrande faite une fois pour toutes. Cette offrande apporte le salut et Marie est une nouvelle Eve. Elle procure au monde une vie nouvelle. Elle enfante le Sauveur par la grâce. Jean le reconnaît et il tressaille dans le sein d’Élizabeth sa mère. Ces deux naissances ouvrent une nouvelle page de l’histoire montrant bien l’intervention de Dieu.

C’est l’obéissance croyante de ces deux femmes qui procure à l’humanité le don par excellence du Fils de Dieu. L’une en mettant le Fils de Dieu au monde et l’autre en mettant au monde celui qui le reconnaîtra. Ce voyage de Marie vers sa cousine ne sera pas le dernier. Marie retournera chez elle, et une fois que Joseph l’aura prise discrètement pour femme, ils partiront tous les deux, reprenant la route vers Bethléem, là où les écritures s’accompliront. Mais la foi bouscule toujours les croyants et Marie et Joseph devront repartir à nouveau en Égypte pour éviter la persécution. Revenus à Nazareth, ils vivront enfin dans la paix, gardant dans leur coeur les souvenirs de leur jeunesse amoureuse.

L’histoire mouvementée de cette famille n’est-elle pas le présage de notre propre itinéraire spirituel. En accueillant Jésus à Noël, nous sommes nous aussi invités à faire un voyage, vivant les étapes de la naissance de notre foi, de la célébration de celle-ci, de la fuite du mal et du péché et d’un retour à la maison nous jetant dans les bras de Dieu. Nous devons faire en sorte que le Seigneur renaisse en nous à Noël, laissant la grâce nous sanctifier et transformer notre coeur. Nous célébrons avec les bergers la grande joie d’un enfant-Dieu naissant en nous. Notre indigence et notre péché chargent nos épaules. Les épreuves de la vie, les tentations, le mal autour de nous, nous assaillent.

À notre tour, il faut fuir vers l’intérieur de nos âmes pour y trouver cette naissance du Dieu vivant. La foi nous fait entrer dans l’univers paisible de ceux qui croient en l’Emmanuel, Dieu parmi nous. Fuyant le péché et le mal, nous pouvons redécouvrir cette paisible demeure, où Celui qui nous enseigne ce qui est bien nous projette vers l’infinie miséricorde. Comme Marie, debout au pied de la Croix, contemplant la douleur de son Fils, assumant le péché et le mal, entendant son cri de désespoir, nous nous laissons attirer vers cette présence qui nous donne une éternelle jeunesse, la foi en la Résurrection. Avec Marie surgit aussi en nous la Pentecôte, où recevant le feu de l’Esprit, nous sommes envoyés en mission. La vie " voyagère " de Marie soutient notre foi. Son témoignage nous redonne courage. Car Marie nous enfante tout comme elle a enfanté son Fils, notre frère dans l’humanité. Elle nous accompagne, nous visite et elle nous partage le don du Christ comme elle a voulu le partager avec Élizabeth.

Que Noël soit pour nous un nouveau départ, une nouvelle naissance, en chemin vers l’ultime bonheur. Que Marie nous accompagne sur la route. Qu’elle nous fasse tressaillir de joie comme Jean, dont la voix retentit toujours au désert : " Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ".




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