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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 5 >>   "Nous sommes tous de gros poissons"

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"Nous sommes tous de gros poissons"

Dimanche 4 février 2001

 

En ligne depuis le mercredi 26 juillet 2006.
 
 

Il prêchait, bousculé par la foule, à tomber : "pauvres enfants, se dit jésus en lui-même en observant les pêcheurs, c’est injuste, la vie est cruelle, moi j’attrape de gros poissons, on me serre de tous côtés, eux, leurs filets sont plats comme des limandes, et il n’y a pas foule dedans". Toute la nuit ils avaient peiné, les yeux rivés sur les eaux comme des lanternes, en vain. A la maison, tout à l’heure ça va rouspéter. Et Simon, bon père, une carrure de père, repartira la nuit prochaine, remettra sur le métier, avec ses compagnons. Comme tous les pêcheurs du monde qui ramènent pitance.

Que croyez- vous que fit jésus ? Il monte dans la barque de Simon qui n’a rien pris, et se met à prêcher de l’abondance du coeur. En plein fiasco matinal, mais oui en plein rangement et ronchonnement ! D’une oreille distraite, tout en lavant leurs filets, ils écoutent ce jeune homme étrange qui sait ce qu’il dit et le dit fortement. Car ses paroles vous harponnent vous harponnent... Ils ne s’en doutent pas encore : ils ont mordu à l’hameçon ; ce sont eux les gros poissons, et tous ceux que bientôt leur parole saisira. Ils sont déjà tombés dans le filet.

Notre vie est ainsi avec ses hauts et ses bas. Toujours la vie reprend ses droits, et l’humaine nature nous renvoie toujours au même rivage, aux mêmes limites, aux mêmes ardeurs, aux mêmes déconvenues. jeune chrétien, je rêvais de soulever les montagnes, puisque la foi soulève les montagnes, et me voici à patauger dans mes défauts récurrents, mes infaillibles faiblesses, mes appétits sans recul, mon égoïsme (qui peut-être a bousillé mon ménage). je prends bien de temps en temps une revanche sur mes défauts, je me confesse de tout cela à un prêtre, ou je pars faire une retraite, je me lance dans des promesses, de belles intentions, ou des activités louables et bien serviables.

Jésus, où nous embarques-tu ? Nos forces sont comme les vagues de la mer, elles viennent et repartent, elles vont et viennent. Houleuse est notre nature. Nos forces tanguent. Mais c’est tellement rassurant de barboter, de vivre où on a pied. On a toujours pied dans la vie superficielle. C’est pourtant le plus sûr moyen de couler. Il nous répond : ? "Avance en eau profonde". Mais, mais, Seigneur, où c’est les eaux profondes ? Où et comment jeter les filets que tu dis ? je ne vois autour de moi que facilités, facilitations, acoquinements, grégarismes, et en moi des accommodements ralentissent mon pas. Je vis, je vais, je cours à la tâche, mon métier m’absorbe, je connais la réussite professionnelle, en couple mon dieu ça va, on m’apprécie, on me redemande, mais au fond de moi, chrétien, je sens comme des sables mouvants, comme une impression de vide. Un vide bien rempli c’est tout. J’occupe le terrain.

L’évangile, frères, l’évangile, c’est d’abord cet appel du large, ce coup de vent, ce coup de fouet du vent qui vous coupe le souffle et vous fait tomber les genoux à terre, comme Simon devant jésus. "C’est que l’effroi l’avait saisi", dit st Luc. Et l’Eglise est cette barque de bois, rien que cette barque de bois du pays qui "quitte le rivage", poussée par l’Esprit, pour que soient jetés le plus loin possible les filets, pour que soient saisi par la liberté du Christ le plus grand nombre de frères. Il arrive que ces filets retombent à ses pieds, quand elle ne sait pas rompre son petit cercle, comme moi quand j’essayais la canne à lancer de mon père !

L’Eglise, comme moi étant faite du même sang que moi a maille à partir avec la Parole. C’est son baptême. Qui n’a pas touché terre une fois, au moins une fois, en entendant la parole de feu de Jésus, n’est pas encore entré dans son baptême. Avancer en eau profonde, c’est mettre ses pas dans les pas de Jésus, alors qu’on ne voit pas devant. C’est plonger dans un baptême sans retour, dans un amour irrémédiable, profond comme l’horizon, brûlant comme un feu. C’est descendre au fond de soi, arracher le masque, et porter enfin le visage des fils de Dieu, vivant comme une glaise à modeler. Nous sommes tous de gros poissons. Jésus, bienheureuse blessure que rien ne peut briser !




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 "Nous sommes tous de gros poissons"



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