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Accueil >> Carême >> Semaine 4 >>   " La lumière, c’est bien ! "

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" La lumière, c’est bien ! "

Dimanche 25 mars 2001

 

En ligne depuis le mercredi 26 juillet 2006.
 
 

La lumière, c’est bien ! Les ténèbres, c’est mal ! La lumière c’est bien, parce que cela permet de voir ; et c’est une très bonne chose que de voir. Les ténèbres, c’est mal parce que ne pas voir est un malheur. Tel est en somme ce que présupposent nos lectures d’aujourd’hui, même la première. Le livre de Samuel nous dit en effet que le regard de Dieu est tellement clairvoyant, qu’il est capable de distinguer, par delà les apparences trompeuses, celui qui des huit fils de Jessé peut devenir un bon roi. Et pourtant, David, le petit dernier, n’avait pas grande allure. La lumière c’est bien ! les ténèbres c’est mauvais ! D’ailleurs, l’inverse est vrai aussi. Le bien est lumineux, rayonnant, le mal est ténébreux. C’est une association d’idées toute simple. Elle s’impose naturellement à nous sur la base d’une expérience qu’on pourrait qualifier de primordiale. Eh bien ! interrogeons de plus près cette expérience primordiale : car comme tout symbole, " cela donne à penser ".

* 1° Faisons une expérience. Que tout le monde ferme les yeux. Que se produit-il ? Les enfants me diront : on ne voit rien. Oui, mais encore ? Dans le noir, c’est comme si tout avait disparu, c’est comme si rien n’existait. Eh bien ! voilà une première leçon : pour que les choses existent pour nous, il faut que la lumière soit, sans quoi, c’est comme si elles n’existaient pas. De là vient que Dieu a créé la lumière avant tout le reste. Dieu devait d’abord éclairer l’atelier pour qu’ensuite, les autres créatures puissent vraiment voir le jour. On le dit couramment, du reste, commencer d’exister, commencer à vivre c’est voir le jour.

2° Continuons l’expérience. Imaginons que nous devions sortir de l’église et rentrer chez soi dans le noir le plus complet. On risque de se faire mal en heurtant le premier banc venu, ou même de se casser une jambe dans l’escalier. Expérience des ténèbres plutôt désagréable ! Donc, deuxième leçon : la lumière est une bonne chose car elle permet d’anticiper l’obstacle, éventuellement le danger à éviter. Grâce à elle, on sait où l’on va et on trouve les points de repères nécessaires pour avancer. Le Christ est la lumière du monde, car celui qui croit en lui, sait où il met les pieds, et dans quelle direction se diriger.

3° Dans le noir, vous êtes quand même parvenu à sortir de l’église. Je vous en félicite. Mais il va falloir franchir une rue, puis une autre, et toutes celles qui vous séparent de votre maison. A chaque instant, vous risquerez de vous faire renverser par la première voiture venue. Cette fois l’expérience, l’expérience n’est plus drôle du tout : elle prend un tour inquiétant. Le danger peut surgir à tout instant, de n’importe où. Et parce que vous ne pouvez pas vraiment prévoir, faute de voir, justement, vous voilà soudain pris par l’inquiétude, peut-être même par la peur. La nuit, ça faire peur parce que faute de voir, on devient la proie de son imagination toujours prête à envisager le pire. Les enfants le savent bien, eux qui ont peur du noir : le noir c’est peuplé de monstres maléfiques qui aiment se cacher dans les recoins les plus obscurs, en particulier sous les lits. Pareillement, en l’absence de la lumière du Christ, on devient la proie de tous les monstres, pas seulement imaginaires, qui nous habitent. Quand le Christ n’éclaire pas, tous ces mauvais désirs, toutes ces pensées mauvaises qui se cachent au fond de nous-mêmes peuvent sortir. Les monstres adorent les ténèbres, c’est là qu’ils prolifèrent, qu’ils grouillent, qu’ils barbotent comme dans leur élément naturel. Nos monstres intérieurs aiment la " nuit où tous les chats sont gris ". La nuit c’est l’élément où l’on confond tout, c’est là que ce qui est laid peut paraître beau. Comment s’en étonner : n’est-ce pas justement à la faveur de la nuit que le Prince des ténèbres peut se faire passer pour un ange de lumière ? Sous la lumière, on verrait tout de suite les monstres qui nous habitent n’ont rien de séduisants, et qu’ils sont même repoussants. Mais la nuit, un chat n’est pas vraiment un chat, ni un péché un péché. Troisième leçon, donc, la lumière permet de démasquer et donc de chasser les vilaines bêtes, petites ou grosses. Un conseil : comme les enfants qui ont peur du noir, n’oublions pas de laisser une lampe toujours allumée : celle de la Parole de Dieu qui en éclairant replace toute chose sous son vrai jour. Car si la lumière de l’Évangile est impitoyable pour le péché, elle redonne courage aux pauvres pécheurs que nous sommes. Bon cette fois-ci, arrêtons notre expérience qui devient franchement dangereuse, et ouvrons vite les yeux.

* La foi dans le Christ nous place donc dans la lumière. Grâce à lui, en effet, nous savons où nous allons, nous savons comment reconnaître la vraie valeur des choses, nous savons comment éviter les obstacles des faux-semblants.

1° Mais dans la deuxième lecture, Paul va plus loin. Non seulement nous sommes dans la lumière du Christ, mais comme il le dit, nous devenons nous-mêmes "lumière dans le Seigneur ". Cela ne veut pas dire, bien sûr, que nous serions lumineux par nous-mêmes, car franchement, à bien nous regarder, nous ne sommes vraiment pas des lumières ! En fait, nous sommes des lumières à la manière de la lune qui doit tout son éclat au fait qu’elle reflète la lumière du soleil. Autrement dit, veillons à ce que ce qui est trop terrestre ne s’interpose pas entre le Christ et nous, sans quoi, c’est l’éclipse !

2° Comment se manifeste ce rayonnement ? Paul le précise lorsqu’il ajoute : " le fruit de la lumière s’appelle bonté, justice, vérité. " A première vue cela paraît plat et moralisateur, et cela n’a rien de spécifiquement chrétien. Et pourtant !Prenons juste le premier fruit de la lumière, la bonté. La bonté dont il est ici question, c’est la générosité, l’empressement à servir autrui. Comme disait un philosophe, le bien est "diffusif de soi ". Certes, le chrétien n’est pas le seul à être généreux. Pourtant, l’une des grandes chances du chrétien, c’est qu’il dispose des meilleures raisons du monde pour être généreux. Quand on se sait aimé de Dieu, sauvé par le Christ, et qu’on a la certitude qu’il est toujours à nos côtés pour nous aider, on est de ce fait libéré pour une bonne part de ce qui peut assombrir la vie : le poids trop lourd du passé, du souci du présent, l’inquiétude de l’avenir. Or ce qui peut rendre l’homme si avare, si peu généreux, c’est que la vie lui apparaît comme une ténébreuse affaire dont il a tout à redouter. " La vie ne m’a pas fait de cadeau, pourquoi en ferais-je aux autres ".

Dans la lumière du Christ, nous avons appris, quant à nous, que Dieu qui nous a donné la vie nous a fait quantité de cadeaux, et qu’il en prépare d’autres, plus somptueux, pour l’avenir. Nous avons donc les meilleures raisons du monde pour être généreux, sans parler, bien sûr de la grâce de Dieu qui nous offre la force de le devenir davantage. Nous ne sommes pas, Dieu merci, les seuls à être généreux. Mais ceci nous permet de comprendre pourquoi nous pouvons apporter au monde un éclat singulier, celui-là même qui vient de la lumière du Christ que nous sommes appelés à refléter.




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 " La lumière, c’est bien ! "



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