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Jésus-Christ, ou nous-mêmes : qui est entravé ?

09 juillet 2006

 

En ligne depuis le vendredi 28 juillet 2006.
 
 

Contraste, complémentarité ou approfondissement ? Que se passe-t-il avec cet Evangile ? Les semaines s’ouvrent, se succèdent, et parfois un contraste peut nous attendre, nous surprendre. Au Jour du Seigneur, il y a huit jours, l’Evangile nous présentait Jésus tel que chacun l’espère et le nomme ; tel que nous le connaissons : le Sauveur. A Capharnaüm, Jésus se révélait comme la Puissance du Seigneur, guérissant une femme atteinte de flux de sang, relevant une enfant morte, sensible à chacun, au-delà des railleries qui entouraient le confiant Jaïre, chef de synagogue [Marc 5, 21-43]. Il se manifestait tel qu’il fut annoncé à Nazareth précisément, à Marie : Jésus, c’est-à-dire « Dieu sauve » [Luc 1] !

Mais voilà, à Nazareth, à la synagogue, encore des railleries : un incompris ! On pourrait presque parler de complémentarité : sauveur et incompris, cela ne dresserait-il pas un portrait de Jésus plus appuyé ! Pour notre part, nous ne pouvons qu’être attentifs à la réaction exprimée à Nazareth ! Nous sommes rassemblés par le Seigneur à l’écoute de sa Parole, devant son Mystère, en sa Présence ! Et le contraste se présente à nous, à notre foi. Il révèlera un aspect du Mystère du Seigneur !

Quand Jésus s’était rendu à Capharnaüm, ses premiers gestes avaient été pour guérir, même si parfois il parlait de délivrer du péché en délivrant du mal, d’une maladie ; et bien que souvent les foules s’interrogèrent ! Mais au fond, il restait « cohérent » avec cette identité de Sauveur. Il manifestait des signes de Puissance divine - les miracles - à des personnes qui espéraient en lui - même imparfaitement -, qui avaient confiance en lui, qui croyaient en lui.

Aujourd’hui, précédé de cette réputation, le voici de retour chez lui. Nazareth a déjà entendu sa prédication, avant qu’il ne quitte cette bourgade de son enfance ; lorsqu’il s’est approprié les paroles d’Isaïe [Luc 4]. On s’en souvient... Et depuis, il a réalisé les signes prophétiques proclamés. Et les foules ont pu être frappées par son « autorité ».

-  C’est-à-dire, qu’il ne s’agit plus de ouï-dire ou de seules paroles, mais il s’agit d’actes. Non pas de commentaires, mais de création et de salut ! D’ailleurs, ces actes sont aussi attendus, là, à son retour ! Et lui-même souhaiterait pouvoir les poser, guérir, relever, consoler !

-  De plus, il ne s’agit pas avec ce retour de l’enfant du pays, de celui d’une personne seule, serait-ce d’un homme pieux d’Israël, pétri par la Parole de Dieu et qui la commenterait. Jésus est revenu, mais il est accompagné de disciples : un Maître est là, un Rabbi ; c’est encore autre chose !

D’où la violence du contraste ! Jésus, Prophète, Seigneur et Maître revient : son message est éprouvé, assuré, amplifié. On s’attend à une étape de plus franchie à Nazareth, à une révélation plus ample encore manifestée ; et... Rien ! C’est la surprise : comme devant un Sauveur ne sachant plus sauver ! Celui qui serait la Puissance de Dieu entravé par l’incrédulité humaine ! La Sagesse faite homme étouffée par une raillerie déplacée ! Alors que l’enjeu est prophétique, divin. Comment cela pourrait-il être, et être pensé ?

Si l’attitude des Nazaréens nous surprend, aujourd’hui, nous, chrétiens, reconnaissons que ce Mystère du Christ entravé est aussi à prendre en compte. Une surprise pourrait en cacher une autre ! Il n’y a pas que la surprise née de la mauvaise foi ce ceux qui croient savoir et ne peuvent s’émerveiller, ni croire vraiment ; il y a encore la surprise des croyants ! En effet : il est stupéfiant de voir un Christ empêché ! Les signes que pose Jésus-Seigneur peuvent-ils à ce point être limités, freinés, confinés lorsque la foi des Nazaréens est maladroite, leur esprit trop critique ?

La situation est restée actuelle. Elle perdure à travers les siècles et les lieux. Elle pose franchement cette question : Qui est Jésus ? Et elle nous donne des clefs pour accéder à la réponse...Aussi prenons-les ! Les habitants de Nazareth sont enclins à répondre : « Jésus est celui que l’on connaît ! Parce qu’on connaît sa famille. » Là est le piège... Vrai et faux, ce regard est insuffisant. La suffisance le gâte. Des Nazaréens pourraient aussi dire : « Comment peut-il être celui dont on dit ailleurs qu’il guérit » ; ce ne serait pas suffisant non plus. Car on ne le connaîtrait pas plus ! Ce serait dès le départ borner son image. Dans ces deux cas, cela revient à se poser a priori des limites inadéquates à l’expression de Dieu que peut naturellement accueillir ou percevoir l’homme.

A ce moment-là, quand bien même Dieu parlerait-il, on ne l’entendrait pas ! Cette attitude ajoute un aveuglement à une surdité. Face à quelqu’un qui a dit et prophétisé, qui a fait et accompli, qui a enseigné et accueilli des disciples, ces incrédules de Nazareth restent sur leur registre habituel. Il ne réagissent pas sur la réalité - Jésus - qui s’affirme ; mais sur ce qu’ils supposent connaître ! Le Seigneur ne peut se frayer un passage ! « Il ne pouvait accomplir aucun miracle » ; il ne pouvait poser aucun signe de sa véritable identité, sa nature divine ! Entravé, Jésus « guérit quelques malades en leur imposant les mains ». Il se limite au registre où il se sait confiné par les siens... Cela doit nous réveiller ! Dès le prologue de l’Evangile selon saint Jean, on entend : « Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas accueilli ! » Seulement, les siens ne sont pas seulement ceux de Nazareth, ni ceux de la Terre Sainte, de son Sang, de son Temps. Nous en sommes ! A nous, s’impose aussi la question : Qui est Jésus ? Ici, dans son Eglise, nourris par ses sacrements, nous sommes disposés par lui, avec lui et en lui pour répondre à une question, en grandissant ensemble dans une communion, où l’éternité est engagée ! Qui est Jésus ? Après l’épisode de la synagogue de Nazareth, nous savons qu’à l’intérieur de cette interrogation, s’en développera une autre qui appellera notre foi : « Pour vous, qui suis-je ? » Et de son rayonnement dépend grandement notre vie !

Puissent les semaines qui viennent, nous permettre d’en approfondir personnellement la vérité ! Car, formulait déjà saint Augustin, « celui qui nous créa sans nous ne nous sauvera pas sans nous ! »




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