Accueil
Présentation Avent Noël Ordinaire Carême Pâques Sanctoral Divers        


Accueil >> Ordinaire >> Semaine 25 >>   Les premiers et les derniers

TOP 5 :

textes  les plus lus :
 
par fr. HF Rovarino o.p.
La Mère de Dieu a quelque chose à nous dire
8266 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Au désert, je parlerai à ton cœur
7430 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Dieu nous fait le cadeau de sa présence
7327 visites

par fr. ST Bonino o.p.
Notre attente : la vie éternelle
6621 visites

par fr. BM Simon o.p.
Le jeune homme riche
6228 visites

Les premiers et les derniers

En ligne depuis le dimanche 5 novembre 2006.
 
 

" Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ? "

En une seule phrase Jésus exprime tout le drame de l’homme pécheur à distance de la bonté de Dieu. Ici, l’homme pécheur est un homme qui calcule : " Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage ". Ils calculent pour eux et ils calculent pour les autres. Il est vrai que sur la plan de la justice sociale ils ont parfaitement raison. Jésus lui-même dit par ailleurs que tout travail mérite salaire et la justice commande que cela soit proportionné à la qualité et au temps de son travail. Mais c’est le rôle d’une parabole que d’attirer l’attention à la fois par quelque chose de bien connu mais aussi quelque chose de déconcertant.

Dans cette parabole, on veut montrer deux réalités du Royaume des cieux : le maître de la vigne, Dieu, est sans commune mesure avec les ouvriers qu’il appelle et qu’il emploie ; et les ouvriers, les croyants, doivent travailler à la vigne, le royaume, selon un engagement inconditionnel.

En effet, si le droit du travail comporte des règles nécessaires, la justice du royaume de Dieu dépasse largement la mesure humaine. Le tort des ouvriers de la première heure, ce n’est pas de réclamer ce qu’ils estiment être leur juste salaire mais c’est de ne pas avoir reconnu la justice unique qui les lie à un tel maître et qui les fait travailler dans une telle vigne. Ici, tout calcul devient indécent. Toute comparaison est nécessairement mesquine.

Dans ce beau livre d’amour de la Bible qu’est le Cantique des Cantiques il est dit que celui qui calcule dans l’amour, celui qui voudrait acheter l’amour, il ne récolterait que du mépris. Entre Dieu est l’homme, il ne peut y avoir de calcul. Entre deux amoureux, il ne peut y avoir de calcul. On se marie devant un prêtre mais pas devant un notaire.

Notez bien que dans la parabole, c’est Dieu qui appelle, c’est Dieu qui emploie, c’est Dieu qui offre la vigne et son travail. Il ne peut donc être question d’une simple justice humaine dans ce royaume car c’est Dieu qui est à l’initiative de tout et l’homme ne correspondra jamais parfaitement à ce premier amour qui a tout créé, qui a tout suscité dans le cœur de l’homme.

Ouvrier de la première ou de la dernière heure, reconnais ce premier amour. " Parce que je suis bon, nous dit Dieu, et que tu ne comprends pas encore ce qu’est l’amour, purifie ton œil mauvais et comprends de quoi est capable l’amour : je veux donner à ce dernier autant qu’à toi ".

Il en résulte pour le croyant un engagement inconditionnel dans le Royaume des cieux.

Ne lésinons pas sur notre peine. Supportons non seulement le poids du jour mais les nuits de cette croix que le Seigneur nous demande de porter avec lui, même si, dans l’apparence, il faut parfois consentir à subir quelque injustice selon les critères de ce monde ou selon nos propres critères. Nous devrions dire : " qu’importe il y a tant d’amour, tant de joie et donc tant de gratuité d’être dans cette vigne et dans le don d’un tel maître ". Ne comptons pas notre peine mais réjouissons-nous de l’amour. Quand Dieu entend l’homme dire : " Personne ne nous emploie ". Dieu répond : " Allez, vous aussi, à ma vigne, et vous les derniers vous serez comme les premiers ".

Comment alors travailler réellement dans cette vigne d’une manière inconditionnelle ? Cet amour bien compris, il faut être l’ouvrier de trois tâches principales :

D’abord, être dans la vigne, dans le Royaume, dans l’Église sans condition sur les convictions que Dieu donne, notamment ces vérités de la foi et sans condition pour la mission qu’il demande d’accomplir. C’est la consécration de notre être à Dieu. C’est une évidence, mais un croyant c’est d’abord quelqu’un qui croit, avant toute autre œuvre. Donnons-nous de tout cœur à Dieu d’une foi belle et limpide. Un vigneron est toujours fier de sa vigne. Comme Dieu est l’origine de l’amour, notre foi est la première réponse.

Ensuite, il faut travailler à la vigne : la foi se traduit dans des actions quand elle est dynamisée par l’amour. Pour un laïc, le soin de la vigne passe d’abord par son travail et sa famille. Là aussi, on devrait faire l’expérience d’une certaine gratuité. Si le travail est réellement une source de sanctification, on devrait se sentir d’abord employé par Dieu. Pour la famille, c’est encore plus évident : l’amour est son cœur. En outre, travailler dans la vigne, ce pourra être aussi de s’engager généreusement dans l’œuvre d’évangélisation. Sachons faire les bonnes coupes pour un apostolat fécond.

Enfin, il faut que la vigne porte du fruit. La parabole n’en parle pas. Elle considère seulement le salaire. Notre travail dans le royaume de Dieu est d’une fécondité à 90 % invisible. Mais le salaire, c’est cet œil bon qui sait maintenant voir la bonté du Maître de la vigne et toute chose non pas de travers mais à travers cette première bonté. S’il garde un cœur pur, il verra Dieu lui-même.

Qu’il serait bien, en ce début d’année, de tout reprendre à partir de cette bonté de Dieu.

Alors, malgré tout, est-ce qu’une certaine injustice demeure ? Il suffit de se dire que par certains côtés, nous sommes des ouvriers de la première heure et par d’autres des ouvriers de la dernière heure. Heureusement que, pour Dieu, les derniers seront les premiers




2542 affichages
 

 Les premiers et les derniers



Untitled Document