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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 29 >>   Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu

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Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu

En ligne depuis le dimanche 5 novembre 2006.
 
 

Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu". La réplique est célèbre ; ses extrapolations ont fait le tour de la terre. Il est tentant en effet, devant ces deux puissantes colonnes dressées en parallèles, César et Dieu, de prêter à chacun les pouvoirs de l’autre. N’a-t-on pas plié religieusement le genou devant le pouvoir temporel, en fermant trop vite les yeux sur ses abus, parce qu’il nous couvrait de son ombre et de ses avantages, et n’a-t-on pas fait de Dieu un monarque, un roi, que sais-je. Il est arrivé à l’Eglise dans son péché qui est le mien de n’encenser en Dieu que la figure projetée de sa puissance. Nous serons toujours à l’aurore de l’évangile. Le trésor reposera toujours dans des vases d’argile.

Au sortir d’une discussion rabbinique où, selon l’usage, le rabbi devait répondre à trois questions, jésus dépasse le dilemme dans lequel on veut l’enfermer. "Est-il permis de payer l’impôt à César ?" Le payer, c’était bien sûr s’assujettir à Rome, à l’occupant.. Question épineuse, car de cette allégeance les juifs tiraient bien des avantages : liberté du culte, dispense du service militaire, immunité des charges incompatibles avec leur foi. jésus ne répond donc pas directement à la question posée. Il ne se met pas inutilement en péril, ni n’exige une rébellion qui serait vite sanglante. Il démasque la duplicité des questionneurs et élargit l’horizon. S’il leur demande de lui montrer la pièce qui sert à payer l’impôt, c’est que dans le repli de leur poche pharisiens et hérodiens la tiennent cachée. Et s’ils l’ont en possession, c’est qu’ils versent l’impôt. Mais qu’est-ce qui est à César ? jésus ne répond pas. Il n’est pas venu répondre à cette question, pas plus qu’il n’est venu résoudre à notre place les conflits d’héritage. Qu’est-ce qui est à César ? Tout ? Même la tête des martyrs qui refusent de sacrifier au culte impérial ? Même ma conscience propre ? De fait c’est bien le message du Christ répandu qui a ruiné par dépassement l’Empire romain.

La seconde partie de la réponse ouvre une brèche dans la première. Il se pourra en effet, et l’Eglise des martyrs en témoigne, que rendre à Dieu ce qui est à Dieu enlève à César plus d’une prérogative usurpée. N’est-il pas venu lui-même devant l’autorité romaine "témoigner de la vérité" jusqu’au sang... Si nous sommes bel et bien rappelés à nos devoirs civiques, au respect des lois et de l’autorité, nous sommes aussi, comme dit st Paul, "citoyens du ciel". Toute légitimité de pouvoir est à respecter ; elle est en quelque sorte un reflet d’un ordre supérieur et transcendant. Mais tout pouvoir terrestre a ses limites : "Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en haut", jn 19,11, dit jésus à Pilate. Jésus renvoie pharisiens et hérodiens à leur propre liberté civique, et les invite à une plus grande libéralité dans leur relation avec leur Seigneur. Il semble leur dire, en élargissant la réponse : cessez de vous cacher plus longtemps de votre Dieu dans les replis de votre observance, allez au coeur de la Tora. Il demeure pour eux et pour nous une question : "De qui est cette effigie ?", c’est-à-dire, sous-entendu "pour vous qui suis-je ?" Bientôt ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé, vers celui qui n’a plus visage d’homme, lui l’image du Père invisible", I’Effigie de sa substance".

Qu’est-ce qui est à Dieu ?" La terre et le ciel t’appartiennent", disent les Ecritures, et toute chose sous le soleil, tout souffle de vie. Il est la Source où tout remonte. On parle aujourd’hui des droits de Dieu. Dépassons, voulez—vous, ce langage juridique à propos de Dieu. Parlons plutôt d’une laïcité qui a le devoir de respecter la liberté du culte, qui est un droit imprescriptible, et d’une Eglise qui a le droit et le devoir de le défendre dans le respect des lois de la République. Mais Dieu, quel droit a t-il ? A-t-il tous les droits ? Droit de vie et de mort ? Mais s’il a le droit de mort, il est homicide... C’est plutôt lui qui fut tué. Dans les évangiles il n’est jamais un roi dont nous serions les vassaux, comme dans l’Islam, ou alors c’est un roi parti en voyage dans un pays lointain qui lègue à ses sujets les plus hautes responsabilités. Le trône est vacant pour que siège notre liberté. Qu’est-ce qui est à Dieu ? La réponse est infiniment plus profonde et plus belle. C’est toi qui es à Dieu, car tu es créé à son effigie, à son image ; il n’appartient qu’à toi d’aller à lui de tout l’élan de ta liberté, dans la joie des enfants de Dieu. C’est l’univers créé qui est à lui qui un jour lui sera retourné, transfiguré. Rendons à Dieu ce qui est à Dieu, c’est-à-dire amour pour amour, selon la prescription de ses commandements et la mesure sans mesure de toute charité. Il est Celui par qui la dette est annulée et la miséricorde proclamée.




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 Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu



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