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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 30 >>   Pour un authentique amour de soi-même

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Pour un authentique amour de soi-même

En ligne depuis le dimanche 5 novembre 2006.
 
 

Aimer Dieu, aimer nos frères, double exigence de cet unique amour qui est charité. Il existe une troisième exigence , elle s’exprime à la fin de cette page d’évangile : s’aimer soi-même : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" . "Comme toi-même", ces deux petits mots nous serions tentés de les laisser tomber dans le vide . Ils sont décisifs !

Certes, direz-vous, nous nous aimons nous-mêmes beaucoup, c’est bien la dernière chose que nous risquerions d’oublier. C’est vrai : nous nous aimons nous-mêmes beaucoup, mais nous nous aimons mal. Le piètre amour que, le plus souvent, nous nous portons à nous-mêmes est sécrété en nous par celui que Saint Paul appelle "le vieil homme". Il exprime et alimente le vieil homme , il tend à l’enfermer, à le paralyser.

Avec, dans le coeur, un amour comme celui-là, comment voulez-vous que nous puissions engager, pour Dieu et pour nos frères, toutes les forces vives de notre être (car il s’agit d’aimer "de tout notre coeur. de toute notre âme, de tout notre esprit") ? L’authentique amour, celui que Dieu nous donne et nous ordonne, ne peut que tourner court, parce qu’il est coincé dès le départ, dans les replis profonds de notre coeur de vieil homme.

Dès lors ne faudrait-il pas guérir cet amour fondamental qui va de nous à nous-mêmes, pour apprendre à nous servir de notre propre coeur vis à vis de nous-mêmes ? Ce n’est pas là donner dans l’égoïsme, dans le narcissisme, nous démobiliser, alors que tant de tâches nous sollicitent en ce monde harcelant qui est le nôtre. C’est au contraire prendre les choses à la racine, redonner vérité, santé, vigueur à nos actes.

Car il existe bel et bien un authentique amour de soi-même. Il prend source en ce Dieu vivant qui ne cesse pas de porter à chacun un amour personnel, unique, ’Médit, concret, à la fois exigeant et patient, déroutant parfois, mais toujours réel, quoi qu’il en paraisse. "Nous autres, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru" dit saint Jean. Eh bien, l’authentique amour consiste à prendre le parti de Dieu vis à vis de nous-mêmes, à prendre à notre compte l’amour que Dieu nous porte, qui nous fait inlassablement naître et renaître.

Un tel amour n’enferme pas, au contraire il pousse au dehors, car il fait taire en nous ce médiocre commentaire de nous-mêmes par nous-mêmes auquel nous nous livrons volontiers, il fait cesser cette gestion de nos petits amours-propres que nous pratiquons à longueur de journée, il nous fait conclure avec nous—mêmes une paix lucide, humble, communicative, faîte de pauvreté d’âme, de liberté, de joie, d’humour. C’est ainsi qu’il nous rend peu à peu disponibles à tous.

Là est la charnière. Là est le secret de l’unité entre amour de Dieu et amour du prochain. Aimer Dieu ? Mais c’est d’abord nous laisser aimer par lui, c’est d’abord accueillir l’amour qu’il nous porte et qui demande à investir tout notre être. Aimer les autres ? Mais c’est d’abord consentir à ce qu’ils soient aimés, eux aussi, d’amour semblable ("le second commandement est semblable au premier") , car pour tout homme, pour toute femme Dieu nourrit un amour inouï, le même, oui le même que celui qu’il nourrit pour moi.

Vis à vis de tous, proches et lointains, connus et inconnus, personnes et groupes et foules et peuples et races, sympathiques, antipathiques, indifférents, nous sommes invités (reprenons ici les mêmes mots que vis à vis de nous-mêmes) à prendre le parti de Dieu, à prendre à notre compte l’amour que Dieu leur porte.

"Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. " Comme ! La mesure de l’amour entre nous, c’est l’amour que le Christ a pour chacun de nous ! Et pour chacun de nous en compagnie des autres !

Dieu, les autres, nous-mêmes nous voilà soudés par un seul et même amour. Le second commandement tend vraiment à être vécu comme semblable au premier, le premier et le second passant par ce point profond de notre coeur d’où monte sans cesse l’amour que Dieu fait affluer en nous et qui entre en circuit dans le réseau de nos relations. Finalement il s’agit bien d’un seul et même courant d’eau vive qui jaillit du coeur, atteint notre coeur, demande à être accueilli par nous et là à capter, à drainer toutes nos énergies en direction de Dieu et de nos frères.

Nous voici de plus en plus expulsés de cette zone étroite où nous avions tendance à nous enfermer. Nous voici devenant peu à peu vraiment nous-mêmes, pas a nous-mêmes, pas pour nous-mêmes, mais pour Dieu et pour le prochain, sans concurrence entre eux ni avec nous, puisqu’il s’agit d’un seul et même amour.

Frères, Soeurs, personne ici en ce moment, ne saurait prétendre être au niveau de ces vérité-là ; un peu comme dans le Sermon sur la Montagne, lorsque le Christ nous dit : "Soyez parfaits, comme votre Père du Ciel est parfait", c’est là une ligne d’horizon, Mais vers cet horizon l’Esprit Saint nous pousse. Ne le contristons pas. A son souffle approchons de cette grâce si précieuse, si décisive, si simple, mais souvent si gaspillée .- savoir aimer. Amen




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