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Qui s’élèvera sera abaissé

Dim. 31 octobre 99

 

En ligne depuis le dimanche 5 novembre 2006.
 
 

En entendant, dans cet évangile, Jésus en personne prononcer des condamnations aussi sévères, violentes même contre les plus hauts représentants de son peuple et de sa foi, n’éprouvez-vous pas Frères et Soeurs, quelque malaise ?

Quelle différence de ton entre ces paroles dures de Jésus et, par exemple, une recommandation du Concile Vatican Il qui demande aux chrétiens et juifs "d’avoir entre eux un dialogue fraternel grâce à une connaissance et à une estime mutuelles".

Il faut qu’à cet égard, je vous rappelle une conviction partagée par tous les spécialistes de la science biblique. Nous avons dans ce texte de S. Matthieu moins un souvenir des paroles et attitudes de Jésus lui-même qu’un écho de la controverse menée par l’église de Matthieu contre des autorités pharisiennes qui incarnaient ce qu’il restait de plus influent dans le judaïsme d’après le désastre de l’an 70 (la destruction du temple de Jérusalem) et qui, dans les années 80-90 persécutaient les chrétiens d’origine juive en qui elles ne pouvaient voir que des hérétiques. C’est pour rassurer ces judéo-chrétiens malmenés et peut-être pour les mettre en garde contre le danger de vouloir retourner à leur ancien groupe religieux, que le rédacteur du, premier évangile n’a pas craint de faire refluer sur son récit du ministère de Jésus la situation et les conflits qui étaient de son temps. Admettre cela, et doré un certain durcissement des paroles de Jésus, ce n’est pas gommer toute trace du conflit entre Jésus et certains juifs de son temps, conflit qui est allé en s’approfondissant de plus en plus et qui a finalement abouti à la condamnation de Jésus par le Sanhédrin.

Après cette précision qui m’a paru utile et même nécessaire pour une juste appréciation de ce passage évangélique, demandons-nous maintenant ce que nous disent à nous-mêmes, membres de l’Eglise d’aujourd’hui, ces paroles de feu lancées contre les scribes et pharisiens d’aujourd’hui et de tous les temps.

Elles sont d’abord un avertissement adressé à tous ceux qui exercent une responsabilité dans l’Eglise. Jésus retrouve ici le grand souffle des prophètes de l’Ancien Testament, d’un Amos, d’un Isaïe, d’un Joël ou encore d’un Malachie reprochant aux prêtres du Temple deux graves fautes : leur indifférence et leur négligence en matière religieuse. Un accomplissement de rites, mais sans zèle, sans foi, sans élan, au fond sans y croire.

A son tour, Jésus reproche aux responsables de dire et de ne pas faire, d’agir pour se faire remarquer, de préférer à l’être le paraître, d’obliger les autres en se dispensant eux-mêmes. Il critique chez eux le goût des premières places et celui des titres ("ils s’élèvent"). la fausseté de leur enseignement , l’esprit de lucre et d’ostentation, l’ignorance des véritables chemins qui conduisent auprès de Dieu, l’exercice aussi d’une casuistique formaliste qui néglige le vrai sens des choses, qui ignore l’essentiel : justice, miséricorde, loyauté.

Mais il est facile de faire remarquer que ces déviations ne sont dans l’Eglise l’objet d’aucun monopole.

Tous les disciples de Jésus, du seul fait de leur profession de foi, occupent dans le monde une place qui les expose aux mêmes tentations, aulx mêmes défauts. Ils peuvent eux aussi dire et ne pas faire, juger avec une orgueilleuse sévérité, trouver dans leur foi le motif d’une naïve gloriole, se contenter d’un formalisme facile et vide, etc... Tout croyant peut être de ces pharisiens dont Jésus dénonce le rigorisme et la prétention.

Les apostrophes cinglantes de Jésus ne sont aucunement périmées. Le pharisaïsme n’est-il pas la tentation permanente de toutes les églises ? Chrétiens, prêtres et laïcs, n’avons-nous pas nos "phylactères" et nos "rubans", ne serait-ce quelque décoration, quelque titre ou quelque amulette ? N’avons-nous pas parfois pour les autres nos exigences et pour nous-mêmes nos excuses ?

Il n’y a d’ailleurs pas que l’hypocrisie religieuse. Qui donc ne cherche à paraître plus qu’il n’est et même ce qu’il n’est pas ? Qui accorde toujours sa pensée et sa conduite, ses paroles et ses actes

Un mot peut finalement résumer ces vertes apostrophes de Jésus à l’égard de tous les pharisaïsmes de tous les temps : l’humilité, ou plutôt le manque d’humilité . Il rie s’agit pas de mettre nos dons sous le boisseau, ni de renoncer à nos talents, encore moins d’esquiver nos responsabilités, d’échapper aux devoirs que nous impose la vie. Mais de faire de notre vie humaine et chrétienne un service humble et joyeux vécu dans la vérité et la transparence. Il ne saurait y avoir d’hypocrisie là où il y a des frères ayant conscience de leur appartenance au même Père. Etre frères veut dire sans doute être égaux bien qu’avec des fonctions diverses, mais aussi être sincères, loyaux, ouverts et solidaires les uns avec les autres. Peu importe donc si l’on porte le litre de "père", de "maître", de "’docteur" ou pasteur" si l’on ne les revendique pas comme un honneur et qu’on exerce la fonction qu’ils impliquent dans un esprit de service auprès de ses fières et d’obéissance au Père, le Maître et Pasteur de qui vient toute paternité. A l’exemple de Saint Paul qui n’a jamais cru manquer à l’esprit du Christ en s’appelant père, maître oui docteur, qui dans sa lettre aux Thessaloniciens lue tout à l’heure leur avait même ouvert son coeur de mère en leur écrivant -. "Nous avons été au milieu de vous pleins de douceur, comme une mère réchauffe sur son sein les enfants qu’elle nourrit"

Il n’y a rien de plus vrai, de plus limpide, de plus sincère et de plus authentique que l’amour d’une mère pour ses enfants. C’est cela , en fin de compte que le Seigneur nous demande : vivre par amour .




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 Qui s’élèvera sera abaissé



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