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Veillez, car vous ne savez pas quand viendra le moment

1° dimanche de l’Avent 1999

 

En ligne depuis le dimanche 5 novembre 2006.
 
 

En ce premier dimanche de l’Avent, la liturgie nous rappelle cette invitation de Jésus à veiller. Avons-nous remarqué combien cet appel est solennel. Saint Marc le place juste avant le récit de la Passion et en fait ainsi une sorte de recommandation ultime qui s’adresse à tous. Il n’est pas facile d’entrer dans la dynamique de cet appel tant l’image de la veille peut évoquer pour chacun de nous des expériences contrastées et parfois pénibles, ne commençons pas par faire un contresens sur le sommeil dont parle Jésus. Il ne s’agit pas de développer une aptitude à lutter contre le sommeil du corps.

Un verset d’un psaume dit en effet : " Je dors mais mon cœur veille ". Jésus parle d’abord de la veille du cœur.

Un détail de la parabole évangélique nous invite à chercher dans la bonne direction. Du temps de Jésus, les conditions de voyage étaient telles qu’il était tout à fait improbable que le retour d’un long voyage se fasse de nuit. Pourquoi donc la parabole insiste-t-elle sur ce retour en évoquant ce qu’il convenu d’appeler les quatre veilles de la nuit : le soir, à minuit, au chant du coq ou le matin ? Jésus aurait pu se contenter d’exhorter à la vigilance au sens de se tenir prêt à accueillir le maître à son retour sans en savoir ni le jour ni l’heure. Cette insistance sur la veille dans la nuit souligne une nécessaire prise de conscience : toute notre vie est à un certain point de vue marche dans la nuit : le vrai lever du jour est la venue même de Jésus. Nous endormir, c’est oublier cette vérité-là et consentir à vivre dans les ténèbres en collaborant à ses œuvres, veiller c’est au contraire nous tourner vers ce jour qui vient, c’est à dire vers la venue du Seigneur. Veillez dans l’attente du retour du Maître devient ainsi l’orientation fondamentale de notre vie chrétienne : nous endormir, c’est l’oublier.

A propos de cette venue, il est courant depuis Saint Bernard de parler de trois venues du Seigneur Jésus : celle de son incarnation il y a 2.000 ans, celle future de son retour glorieux et entre les deux, celle de sa venue par la foi dans nos cœurs ; on se souvient de ce passage de Saint Jean : " Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole et mon Père l’aimera et nous viendrons chez lui et nous ferons chez lui notre demeure ". De quelle venue est-il question dans la parabole d’aujourd’hui ? Saint Marc situe bien cette exhortation dans l’horizon du retour glorieux de Jésus. Veiller consiste donc d’abord à retrouver cette orientation fondamentale de notre vie. La grâce du temps de l’Avent consiste à redécouvrir que sans cette tension notre vie perd son vrai ressort et son véritable élan.

Avouons que nous en sommes tous bien loin à tel point que nous nous demandons si nous ne sommes pas dans une belle utopie : comment un événement aussi hors de notre portée que celui du retour glorieux du Christ pourrait-il avoir vraiment prise sur l’orientation profonde de notre vie ? Ne serait-il pas plus raisonnable de limiter notre attente à accueillir la grâce de Dieu sans trop nous préoccuper de cet horizon bien mystérieux si ce n’est de veiller à bien mourir ? A vue humaine certainement mais pas pour ce que Dieu a commencé en nous. Il en va ici du mystère de la veille comme que celui de l’espérance chrétienne : si nous visons autre chose que Dieu lui même nous invitant à vivre avec lui, nous nous perdons. Pour y atteindre, ne comptons pas sur nous-mêmes mais sur Dieu. Les deux premières lectures nous y invitent.

Retenons du texte d’Isaie la nécessité d’une veille pour entrer enfin dans une vraie conversion. On se souvient qu’au retour de l’exil à Babylone, le peuple élu était invité à chanter les merveilles de ce Dieu qui le ramenait vers sa terre et son temple et ouvrait ainsi un nouvel avenir. Mais les difficultés sont vite arrivées et la plus difficile est évoquée dans cette confession : " Tu étais irrité par l’obstination de nos péchés…Tu nous as caché ta face et nous a laissés au pouvoir de nos péchés ". Veiller n’est-ce pas faire la vérité sur notre vie et accepter cette lumière parfois douloureuse : il nous faut avoir longtemps erré dans nos voies en pensant nous en sortir tout seul pour en découvrir un jour l’impasse. Il nous faut ouvrir les yeux sur le monde et toutes ses misères pour comprendre que le mal profond qui l’atteint est en chacun de nous et que nous avons tous à entrer humblement dans le vrai chemin de la conversion. Veillons à découvrir que le chemin n’est pas un lieu mais un visage, celui de Jésus Christ qui vient nous rejoindre par sa miséricorde.

Saint Paul dans la deuxième lecture nous invite à entrer dans l’action de grâce pour le don de Dieu " Aucun don spirituel ne vous manque à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ ". Grâce à notre vie de foi, d’espérance et de charité, le Christ vit déjà en nous et nous oriente vers ce seul nécessaire : voir la face de Dieu se révéler dans le mystère du Christ agissant en nous et autour de nous. Veiller ne consiste pas seulement à attendre celui qui viendra un jour dans sa gloire mais celui qui vient à nous au présent afin de nous préparer à l’accueillir au jour de sa venue dans sa gloire. Nous rencontrerons le Seigneur de Gloire comme celui avec lequel nous n’aurons jamais cessé d’être en débat au plus intime de notre être et ceci chaque jour.

Et Saint Paul continue : " C’est lui le Christ qui vous fera tenir jusqu’au bout et vous serez sans reproche au jour de Notre Seigneur Jésus Christ ". Veiller n’a donc rien d’une attitude purement passive, c’est au contraire une attente active dont Dieu doit être la source mystérieuse moyennant notre entière coopération. A nous de bien voir en particulier comment elle doit animer ces trois dimensions bien connues de notre vie chrétienne : notre vie de foi, d’espérance et de charité :

-  veiller dans la foi n’est-ce pas tenir ferme face à tous ces doutes : pourquoi le Seigneur tarde-t-il tant à venir ? N’est-ce pas illusion de penser que son retour est proche , utopie de croire que ce monde passera définitivement en Dieu lorsque le Christ reviendra ? Sachons réagir avec douceur et entêtement : au delà de tout ce qui ne va pas il y a bien quelqu’un qui vient.

-  veiller dans l’espérance n’est-ce pas dépasser ce faux dualisme entre attente du retour du Christ et vie dans ce monde pour y faire advenir le royaume de Dieu. La véritable espérance n’est pas fuite des véritables enjeux de notre présence au monde, elle nous apprend au contraire à y travailler à la manière dont le Christ nous l’apprend.

-  veiller dans la charité comprend comme un combat contre tout ce qui défigure le véritable amour. " Le désir, dit Saint Thomas, est l’amour à la poursuite de son objet ". N’est-ce pas dans la veille que nous laissons Dieu et les événements du monde nous travailler au cœur pour faire advenir enfin ce vrai cœur unifié autour de ce seul désir : la vraie rencontre de l’autre et de Dieu. Cet aujourd’hui de la charité célébré dans l’eucharistie nous prépare à cette rencontre face à face " car c’est par elle que tu formes dès maintenant à travers la vie de ce monde l’amour dont nous t’aimerons éternellement ".

" Veillez, car vous ne savez pas quand viendra le moment ! ". L’invitation de Jésus est solennelle, répondons-y ensemble et en vérité afin d’entrer dans le secret de la joie promise en cette année jubilaire.




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 Veillez, car vous ne savez pas quand viendra le moment



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