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"On s’incarne", dixit la Trinité

Jour de Noël 1999

 

En ligne depuis le dimanche 5 novembre 2006.
 
 

Tout commence par une naissance. Au commencement était le Verbe. Au commencement Dieu créa le Ciel et la Terre. Le Verbe était Dieu, il était au commencement auprès de Dieu. Au commencement, Dieu dit : "créons l’homme et la femme à notre image et ressemblance". Dieu vit que cela était bon aussi bon que la lumière. Pourtant, le Verbe était la vraie Lumière qui éclaire tout homme.

La toute première naissance c’est donc le Verbe, Fils unique de Dieu, de toute éternité auprès de Dieu, naissance éternelle, éternel commencement, éternelle nativité entre le Père et le Fils dans la Sainte Trinité. Ni homme, ni femme, ni ange, ni bergers, ni mages pour adorer cette nativité originelle au-delà de tout temps. Le Verbe était auprès de Dieu et cela suffisait à cette plénitude, celle de l’Esprit-Saint, plein de grâce et de vérité.

Alors, soudain - mais d’une soudaineté éternelle - le Père reprît son colloque trinitaire. C’est toujours le Père qui en a l’initiative. Il dit : "faisons l’Incarnation à notre image, mieux comme une image parfaite de notre si bonne communion". Quand le Père dit quelque chose, c’est le Fils qui réagit le premier. C’est normal, il est la Parole, le Verbe du Père, donc à l’intime de son discours, ce discours lui-même, au mot unique, sans mot, pure intuition (NB : nous traduisons en discours pour les hommes d’ici-bas, comme le fait la Bible). Dans un seul élan de l’Esprit, le Fils répondit : "oui, faisons cette chose inouïe qu’à part nous trois, personne ne pouvait imaginer" (même NB).

Car entre temps, Dieu avait créé les anges, images de Dieu, certes, mais auxquels, il faut bien le reconnaître, il manquait quelque chose, précisément, de pouvoir naître. Naître les uns des autres. Et c’est si bon de naître ainsi et de se réjouir d’une naissance. Le Père et le Fils le vivent de toute éternité : cela fait une belle expérience. "Oui, faisons l’Incarnation", renchérit l’Esprit, toujours émerveillé de l’Intelligence du Père, toujours prêt, en une éternelle spontanéité, à donner du cœur partout. Et là, pour cette incroyable naissance, il promit de mettre du cœur à l’ouvrage et de tout préparer comme il faudrait.

D’ailleurs, au sein de la Trinité, se posa vite une question : qui s’incarnerait ? Ce ne pouvait être le Père, il est à l’origine de tout et il doit garder l’initiative en toute chose, pour ainsi dire, veiller à ce que le plan s’accomplisse comme un architecte ou un général se tiennent un peu à l’écart pour le déroulement correct du projet. Quant à l’Esprit, il interviendra plus tard, du moins d’abord plus discrètement. Il préparera les cœurs et inspirera tous les prophètes qu’il faut. Rien ne manquera. Mais l’Esprit est trop discret, trop intime et même, dirons-nous, trop affectueux. Car l’homme a besoin pour aimer que d’abord on lui explique. Surtout qu’entre temps, il en a profité pour sortir du jardin d’Eden et se promener dans les illusions de son propre esprit, détournant son cœur du souffle originel. Tous tombèrent d’accord, d’ailleurs il en va toujours ainsi dans la Trinité, ce sera au Fils de s’incarner. "On s’incarne", dit la Trinité, "et c’est le Fils, et c’est le Verbe qui commence !" D’autant plus qu’à l’origine Dieu créa l’univers et l’homme par l’intelligence de ce Verbe. Si l’homme a besoin d’explications, le Verbe est le mieux placé pour expliquer à nouveau à l’homme le mystère de son cœur, le mystère de la ressemblance perdue, le mystère d’une naissance à nouveau possible, au ciel et sur la terre.

Et le Père insiste : "il faudra être vraiment homme. Ne pas faire semblant. Avoir tout de l’humanité, un vrai corps, une vraie vie affective, une vrai intelligence, une vraie volonté. Naître parmi les hommes, manger avec eux, marcher avec eux, prier avec eux. Il te faudra aussi, hélas, subir leur indélicatesse, leur lenteur à comprendre et surtout leur cœur endurci. Il te faudra aller jusqu’au bout de l’amour pour que les hommes comprennent ce qu’est l’amour. Nous les vivant éternels, il faudra consentir à mourir d’amour en toi pour rendre à nouveau possible les naissance d’en-haut". "Je t’envoie, dit le Père, rechercher cette épouse infidèle. Oui, épouse cette humanité redis-lui tout l’amour dont elle est capable, montre lui cette belle alliance si tôt mise à son doigt et que désormais elle ne devra jamais quitter. Elle sera belle ton épouse et pour cela il faudra beaucoup souffrir. Mais ne t’inquiète de rien, l’Esprit te dira toujours à temps ce qu’il faut dire, ce qu’il faut faire".

L’Esprit-Saint, précisément, toujours prompt à réagir et soucieux que tout se passe bien, tel une épouse pour son mari ou une mère pour ses enfants, se mit en œuvre de tout préparer : les prophètes, les sages d’Israël, les dix commandements, l’attente du Messie. Mais son chef d’œuvre, ce fut le cœur d’une jeune fille d’Israël, préparée dès sa conception, comblée de grâce dans ses premières années, Vierge que les hommes invoqueraient bientôt comme la Toute-Pure, d’une conception déjà prometteuse, sans péché — comme l’Esprit Saint fait bien les choses — et toujours dans l’attente d’un consentement mystérieux.

Entre temps, les anges s’étaient passionnés pour l’affaire. Pensez donc, une incarnation pour des êtres qui ne sont qu’esprit, c’est exaltant. C’est vrai, se disaient-ils, que nous, nous ne connaissons pas de naissance entre nous mais quelle joie que de participer à une œuvre qui réjouit tant le cœur de notre Dieu : mettre au monde une naissance comme image parfaite de l’éternelle naissance. Au fond, nous sommes, nous aussi créés par Dieu à son image, et toute création est une sorte de naissance. L’ange : "Alors, réjouis-toi Marie car tu seras la Mère de la nouvelle Naissance. C’est l’Esprit Saint qui me l’a dit. Et l’Esprit Saint dit toujours la vérité. C’est d’ailleurs l’Esprit Saint qui réalise en ton sein cette Nativité. Nous expliquerons tout à Joseph et il sera d’accord. Car celui qui doit naître de toi, doit expliquer au monde comment naître de Dieu, il fallait donc qu’il naisse de Dieu d’une manière unique et totale. C’est déjà fait dans l’éternité, il ne restait plus qu’à le faire dans le monde et dans le temps, et, jolie femme d’Israël - car les anges sont des contemplatifs - c’est en toi que cela se réalise".

A peine le oui prononcé par la première femme de la nouvelle création que l’Esprit-Saint faisait naître à la fois dans son cœur et dans son corps le Fils de la nouvelle naissance, celui dont le disciple bien aimé dira : "le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité". Marie a reconnu ce que le monde n’a d’abord pas reconnu. Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu : sauf Marie, sauf Joseph, sauf Elisabeth, sauf la prophétesse Anne, sauf le vieillard Syméon, sauf Jean-Baptiste, sauf les saints Innocents — figures de toute naissance empêchée —, et "tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu". Désormais, "ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni seulement, ni essentiellement, d’une volonté charnelle : ils sont nés de Dieu". Enfin, la voici sur terre cette éternelle Nativité afin que tous renaissent d’En-haut pour une naissance qui ne connaîtra pas de fin. "Dieu personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c’est lui qui a conduit à le connaître".

Alors, l’Esprit-Saint, toujours inquiet du moindre détail, posa une dernière question : naître dans le temps, c’est bien, mais ne prend-on pas le risque que les hommes oublient, les siècles passant. Alors le Père sourit et fit cette réponse : comme j’envoie mon Fils unique, je t’envoie, toi aussi, notre commun Esprit, tu veilleras à ce que jamais les hommes n’oublient ce premier Noël, cette joie de notre cœur qui devient la joie des hommes, joie de naître au monde joie de naître en Dieu, et si malgré tout, il y avait un risque, j’ai une arme secrète, on l’appellera "Jubilé" et en l’an 2000, la jubilation sera exceptionnelle.




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 "On s’incarne", dixit la Trinité



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