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L’épiphanie des mages

2 janvier 2000

 

En ligne depuis le dimanche 5 novembre 2006.
 
 

Il y a à peine une semaine, nous célébrions Noel. Ces huit jours n’ont pas été de trop pour entrer en vérité dans la joie de cette fête. Sans doute aurions-nous aimé disposer encore de quelques jours pour cela. Mais voici qu’aujourd’hui surgissent les mages. Qui sont-ils pour nous aujourd’hui ? Pas forcément des gens qui viennent de pays lointains. Ne pensons-nous pas plutôt à ceux et celles qui dans notre pays découvrent la foi chrétienne en venant de milieux religieusement très éloignés de la foi chrétienne ou encore à ces " chrétiens sociologiques " qui vivent un jour une réelle conversion au point que l’on peut dire d’eux, comme des mages, qu’ils ont fait beaucoup de chemin. Ces nouveaux convertis nous émerveillent en même temps qu’ils nous bousculent car ils semblent nous dire : " La foi chrétienne est un véritable trésor. Pourquoi les Chrétiens n’en vivent-ils pas davantage ? " Puissent leur témoignage et leur attente nous faire redécouvrir la dynamique de notre foi. La fête de l’Epiphanie peut nous y aider en nous rappelant deux dimensions de ce que nous avons à vivre : l’Epiphanie est pour nous-mêmes un dévoilement progressif du mystère de Jésus-Christ mais elle en est aussi manifestation par nous pour les autres.

L’Epiphanie célèbre d’abord le dévoilement progressif pour chacun de nous des mystères de la foi. Ce fut d’abord le cas pour Marie, Joseph et les premiers disciples. Ce l’est aussi pour nous. Ne nous décourageons pas de nous savoir en chemin. Le danger serait au contraire de ne plus l’être. Toute notre vie est signifiée par cette marche des mages guidés par leur étoile vers cette rencontre de Jésus. L’étoile signifie ce don de la foi, cette lumière d’En Haut qui est mystérieuse attirance par le Christ. Il faut être en route pour passer de cette attirance lointaine à la connaissance et à l’adoration. Qu’est-ce qui nous attire dans le mystère de Jésus ? Ce qui fait la joie de toute l’Eglise à Noel, cette présence paradoxale de Dieu qui a pris chair de la Vierge Marie il y a 2000 ans pour nous offrir par la foi de naître à la vie divine. La venue des mages en dévoile le mystérieux horizon : appeler tous les êtres humains à ne former qu’un seul corps dans le Christ et à vivre ensemble auprès de Dieu. Notre naissance à la vie divine et à cette communion en église nous introduit dans une dynamique de croissance : notre chemin de foi consiste à tout vivre avec le Christ dans la pratique de sa parole et la participation aux sacrements. Dans la foi et grâce à elle, nous entrons dans une connaissance vitale de ce qu’il est et du Dieu Trinité qu’il révèle. Toute notre vie devient ainsi lieu de dévoilement, c’est-à-dire Epiphanie du mystère de notre salut.

Un autre aspect de l’Epiphanie consiste en ceci : notre nouvelle naissance à la vie divine doit rayonner. Elle ne grandira qu’à cette condition. Ce que nous recevons n’est pas pour nous seulement mais aussi pour les autres. Comment éviter ici de tomber dans l’orgueil en prétendant par exemple rayonner le Christ ? En comprenant la différence qu’il y a entre rayonner le Christ et laisser le Christ rayonner en nous. Tout le mouvement de conversion consiste à le laisser transparaître en nous comme il le veut : " non pas ce que je veux mais ce que tu veux ". L’évangile nous appelle bien à être sel de la terre et lumière du monde mais cela ne peut se faire sans un long chemin de conversion. L’offrande par les mages de l’or, de l’encens et de la myrrhe le signifie bien symboliquement.

L’or signifie d’abord la sagesse dans la bible. Elle appelle l’intelligence à la conversion de l’humilité : " Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ". Elle nous appelle à tout vivre dans une grande humilité. La sagesse évoque aussi la folie de la croix dont le cœur est amour partagé entre Dieu et nous. La vie chrétienne est bien autre chose qu’un bel humanisme.

L’encens renvoie à la prière qui doit naître du cœur. Ce que nous avons à offrir à Dieu en imitant les mages, ce ne sont pas nos richesses mais d’abord notre cœur. Seul le cœur qui aime prie bien. Seul le cœur qui aime le Christ est un jour émerveillé de découvrir le sens qu’il y a dans l’eucharistie à offrir le Christ lui-même qui s’immole et se donne en nourriture. La justesse de l’offrande de nos richesses en découle.

La myrrhe annonce enfin la mort de Jésus et la nôtre. C’est dans la mort de Jésus qu’il nous faut reconnaître le dévoilement ultime du mystère de notre salut en même temps que la révélation du mystère de Dieu. Pour y entrer, il nous faut apprendre à mourir totalement à nous-mêmes pour renaître en Christ.

L’offrande de l’or, l’encens et la myrrhe signifie donc ces dispositions intérieures qui nous permettent d’accueillir le dévoilement du mystère du Christ présent en nos vies en même temps que de le laisser rayonner en nous pour les autres.

L’Epiphanie des mages célébrée une fois dans l’année est en fait à vivre toute l’année. Il nous invite à découvrir les chemins de cette merveilleuse espérance chantée par le prophète Isaie : " Debout, Jérusalem, resplendis : elle est venue ta lumière et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi ".




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 L’épiphanie des mages



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