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Les noces de Cana

16 janvier 2000

 

En ligne depuis le dimanche 5 novembre 2006.
 
 

Par son symbolisme, le miracle de Cana met sous un seul regard tout ce que la venu de Jésus comporte dans le monde. En fêtant le Baptême du Christ, nous avons contemplé l’instaurateur du peuple nouveau sortant des eaux du Jourdain, l’Esprit Saint attestant sa divinité : "Celui-ci est mon Fils bien-aimée, écoutez-le". Une semaine après, la liturgie de ce dimanche porte l’attention sur la gloire de Dieu à l’œuvre dans le monde. C’est l’heure des noces de Dieu avec l’humanité. Ce qui pourrait paraître anecdotique, révèle en fait le véritable sens et l’importance du premier signe accompli par Jésus à l’occasion des Noces de Cana.

" La mère de Jésus était là ". " Jésus aussi avait été invité aux noces avec ses disciples ". Marie joue un rôle au ! discret qu’efficace. Elle constate le manque de vin et va le dire à son fils. Elle l’incite implicitement à faire quelque chose. Quelle foi et quelle espérance, alors que Jésus n’avait encore accompli aucun signe. Elle ne réagit pas comme à un refus lorsque son fils, lui répond " mon heure n’est pas encore venue ". Elle dit simplement aux serviteurs : " faites tout ce qu’il vous dira ".

Merveilleuse intuition de la foi. Marie sait que Jésus ne peut rester insensible à l’embarras de ceux qui l’ont invité avec ses disciples, Il ne pourra supporter que la fête soit gâchée parce que le vin vient à manquer. Mais plus profondément l’attitude de Marie n’induit-elle pas que la présence du Fils à ce repas de noce a un sens lié à sa mission ? Dans tous les c saint Jean a vu l’eau changée en vin, Il entend souligner à ce moment le rôle de Marie dans l’économie du salut. L’Evangile de saint Jean ne relate pas les circonstances de la naissance de Jésus. Jusque là, il n’a encore rien dit sur Marie. Et voici qu’il la fait entrer en scène à l’occasion du premier signe accompli par Jésus, Nous sommes habitués à saluer Marie comme " Mère du Sauveur ", " Mère de Dieu ". Ces titres expriment en fait sa dignité unique et suprême, Jean montre son rôle début du ministère de Jésus : elle a, pour ainsi dire, introduit son fils, le Fils de Dieu, auprès des hommes, en lui donnant la première occasion de manifester sa gloire, d’accomplir le premier signe du salut.

Au cours de son Evangile, Saint Jean ne fait intervenir Marie que deux fois seulement : ici et au pied de la Croix (Cf. Jean 19, 25-26). Les deux fois il appelle sa mère : " femme ". Il ne faut pas y voir une attitude irrévérencieuse. Au Calvaire au contraire ce mot a une résonance de solennité. Car à ce moment suprême, où Jésus est sur la Croix, il proclame le rôle spécifique de Marie. Jésus donne à sa mère l’appellation de "femme ", en faisant allusion à la première femme Eve. L’homme l’appelle Eve parce qu’elle est la mère de tous les vivants. Marie l’est dans une autre sens : elle est la femme annoncée, de la descendance de laquelle sera écrasée. la tête de celui qui a provoqué la chute de la première Eve (Genèse 15 20). En effet, nous devons constater que dans le quatrième évangile l’" heure " de Jésus est toujours évoquée en relation avec le dessein de Dieu que le Fils accomplit, faisant la volonté du Père. Au sens fort cette heure est celle de la Pâque, Jésus où " tout est accompli ", où, Jésus ayant été glorifié, est donné l’Esprit Saint à ceux qui croient en lui.

Dans ce contexte le " signe " de l’eau changée en vin prend tout son sens. La fête de Cana à laquelle Marie participe et à laquelle Jésus est invité avec ses disciples évoque, pour celui qui est familier avec les œuvres de saint Jean, le banquet et la la joie des temps messianiques. En fait ce vin bon " conservé jusqu à l’heure " n’est-il pas celui par lequel Jésus, quand heure sera accomplie, en fera le sang de la Nouvelle Alliance, sacrement des noces éternelles, en le servant lors de la Cène (le Jeudi saint) ? Si Saint Jean, parmi les quatre évangélistes, ne rapporte pas le récit de l’institution eucharistique, son évangile n’est-il pas pourtant celui qui développe le plus la signification de l’Eucharistie ? En effet, lu dans le cadre de la liturgie dans laquelle le signe -le sacrement- par excellence est célébré, l’évangile des noces de Cana réveille en nous la résonance eucharistique. C’est ce dont témoigne admirablement Ephrem le Syrien -. " Comme premier signe, il fit un vin réjouissant pour les convives, afin de manifester que son sang réjouirait toutes les nations. Le vin intervient dans toutes les joies imaginables et de même toutes les délivrances se rattachent au mystère de son sang. Il donna aux convives un vin excellent qui transforma leur esprit, pour leur faire savoir que la doctrine dont il les abreuverait transformerait leur cœur. Ce qui n’était d’abord que de l’eau fut changé en vin dans les amphores ; c’était le symbole du premier commandement amené à la perfection ; l’eau transformée, c’était la loi perfectionnée, "

A Cana Jésus " manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui ".

A la différence de notre culture contemporaine, le mot " gloire " n’indique pas en premier lieu la position ou le comportement extérieur d’une personne, son prestige, mais ce qu’elle vaut en elle-même. Or dans la tradition biblique l’expression " gloire ", dans son sens absolu, est réservée à Dieu seul, Isaïe évoque ainsi la vision qu’il a eue de l’omniprésence de la gloire de Dieu : " Saint, Saint, Saint, le Seigneur Dieu de l’univers. Le ciel et la terre sont remplie de sa gloire ". Jean interprète la vision du prophète Isaïe comme vision prophétique de la gloire du Christ (Jean 12, 41). ce qu’ " au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu, Et le Verbe s’est .fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. ... Nul n’a jamais vu Dieu ; Le Fils Unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui la fait connaître ". (Jn 1. 14, 18). Et tout particulièrement à travers les signes et à Cana de Galilée, durant la fête des noces.

Comprenez-vous tout cela ? nous dît l’évangéliste. Approfondissant le sens de ce premier signe à Cana de Galilée, comprenons la signification du repas de noce, du vin et de ce que nous célébrons durant l’Eucharistie, comme l’exprime Romanos le Mélode : " Quand le Christ changea manifestement l’eau en vin par sa puissance, toute la foule se réjouit trouvant admirable le goût de ce vin. Aujourd’hui, c’est au banquet de l’Eglise que nous nous asseyons tous, car le vin est changé en sang du Christ, et nous le buvons tous avec une allégresse sainte, glorifiant le grand époux Car l’époux véritable c’est le fils de Marie, le Verbe qui est de toute éternité, qui a pris la forme d’un esclave, et qui a tout créé avec sagesse. " En cette année du Jubilé de l’Incarnation, frères et sœurs, sachons annoncer que c’est Lui qui a manifesté gloire à Cana, et qu’il est venu sauver tous les hommes.




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