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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 6 >>   La guérison du lépreux

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La guérison du lépreux

13 février 2000

 

En ligne depuis le dimanche 5 novembre 2006.
 
 

Le Livre du Lévitique atteste qu’au mal physique de la lèpre la Loi attachait une impureté contagieuse et, pour cette raison, prescrivait que le malade fût écarté de la société des bien-portants. Pour ne pas risquer une propagation du mal, le lépreux devait même se signaler à la fois par une tenue volontairement repoussante et par l’auto-proclamation de son impureté. Ce mal fait partie des malédictions dont le Deutéronome assure que le Seigneur menace son peuple s’il n’obéit pas à sa voix (Dt 28). La lèpre, dans la mentalité de l’Ancien Testament, apparaît comme une punition du péché. N’est-elle pas la sixième des dix plaies frappant les Egyptiens ? (Ex 9) La prophétesse Myriam, sœur d’Aaron, n’en fut-elle pas instantanément affligée, jusqu’à devenir blanche comme neige, pour avoir, avec son frère, parlé contre Moïse ? (Nb 12) Le roi Ozias, dont le cœur s’était enorgueilli, ne vit-il pas son front bourgeonner de lèpre, en plein Temple, alors qu’il prétendait encenser à la place des prêtres ? (2 Ch 26)

L’Evangile nous relate qu’un lépreux vient trouver Jésus. Evénement audacieux, pour l’un comme pour l’autre. La Loi a prescrit la séparation stricte du pur et de l’impur, par peur de la contagion. Mais la contagion se fera à l’inverse. C’est le Pur, le Saint, qui, en touchant le lépreux, guérira celui-ci. Le lépreux était venu trouver Jésus, mais antérieurement même Jésus était venu pour les malades, les pécheurs, les impurs. Le premier contact avec le lépreux remonte à l’incarnation. L’incarnation, c’est cela même : un Dieu qui devient lépreux. Le Saint qui se fait péché pour nous. Le quatrième chant du serviteur souffrant, dans le livre d’Isaïe, décrit le Messie à venir en ces termes : objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance, comme quelqu’un devant qui on voile la face… Et nous, nous le considérions comme puni, frappé par Dieu et humilié. (Is 53). Et le psaume qui commence par les mots du Christ en croix - mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? - pose sur les lèvres du Juste cette plainte douloureuse : Et moi, ver et non pas homme, risée des gens, mépris du peuple, tous ceux qui me voient me bafouent, leur bouche ricane, ils hochent la tête (Ps 22). Un jour, en sa Passion, Jésus portera tous ces traits. Pour l’heure, il est celui qui guérit avec puissance et avec amour. N’oublions pas cependant qu’il n’est pas moins lépreux que thaumaturge, qu’il ne guérit qu’en risquant le contact avec le mal - en mangeant avec des publicains, en frayant avec des pécheurs et des prostituées. L’Agneau qui emporte les péchés du monde pour nous en libérer est l’Agneau qui porte sur lui nos péchés comme on porte la Croix où être immolé.

Voici donc un lépreux qui vient trouver Jésus. Il tombe à ses pieds et le supplie. Les pieds de Jésus, qui seront un jour cloués en raison du péché, mais qui seront aussi un jour baignés des pleurs et essuyés par les cheveux d’une pécheresse repentante, ces pieds qui parcourent Israël pour annoncer l’Evangile, le Royaume de Dieu, le salut, ce lépreux s’y tient dans une attitude de profonde humilité. Est humilié celui qui se tient à hauteur de l’humus, de la glaise dont a été créé l’homme. Nul n’est plus humble que le Verbe qui s’incarne, qui a, si j’ose dire, les pieds sur terre. C’est de là que le lépreux adresse sa supplication. Pour cela, il ne dit pas : " Seigneur, je t’en prie, guéris moi de ma lèpre ". Il parle non du mal physique mais de l’exclusion que provoque son impureté légale : si tu le veux, tu peux me purifier ; tu peux faire en sorte que je reprenne place dans la communauté. Oui, si tu le veux, tu le peux. Voilà l’acte de foi qui, avec la compassion de Jésus soulignée par l’Evangile, va occasionner la réponse lapidaire qui accompagne le geste du salut : Je le veux, sois purifié. Jésus veut ce que veut le Père et ne veut que ce que veut le Père. Or, la volonté de Dieu, c’est que tous les hommes soient sauvés et Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique. Alors, il est logique que Jésus veuille accéder à cette demande du lépreux. Je le veux, sois purifié. Tant et tant de fois, dans la vie de Jésus, dans la vie de l’Eglise, dans chacune de nos vies, Jésus refait cela : Je le veux, sois purifié ! A l’instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié. Jésus refait cela quotidiennement à tout lépreux qui s’humilie devant lui et le supplie. Et même à celui qui ne le supplie pas ou qui ne s’humilie pas, il peut encore donner avec la guérison la confiance et l’humilité.

Cet Evangile est pour les lépreux. Et donc cette homélie aussi. Il est bon, déjà, de s’identifier au lépreux guéri qui ne peut s’empêcher de proclamer et de répandre la nouvelle du miracle dont il est le bénéficiaire. Mais le Seigneur attend plus encore, sans doute, que nous nous assimilions au lépreux à guérir, à celui qui vient trouver Jésus. Et la première grâce est celle de connaître son mal, pour en souffrir et pour désirer en être guéri. Malheur à nous si notre conscience nous persuade d’être juste et bien-portant, alors que Jésus vient pour les malades et les pécheurs. Peut-être dirons-nous que nous l’avons été mais que nous sommes maintenant guéris ? Le lépreux, c’était moi mais ce ne l’est plus ? Que le Seigneur nous garde d’une telle présomption. Il vaut mieux être juste en se tenant pour pécheur qu’être orgueilleux et donc pécheur en présumant la sainteté. Tenons-nous plutôt aux pieds du Sauveur, dans la ferveur, l’humilité, la confiance et l’amour et abandonnons-nous à sa volonté : Si tu le veux, tu peux me purifier. Il sait ce qui nous enchaîne, ce qui nous mutile et nous défigure ; il le sait mieux que nous. Peu importe que nous ne sachions pas nommer notre mal, et que nous y soyons tellement habitués qu’il nous soit devenu insensible et inconnu : Il connaît les zones inexplorées de notre cœur, et son regard l’éclaire et le purifie pour peu que nous allions à Lui. Je le veux, sois purifié, nous dit-il. Répondons simplement : Seigneur, je n’en suis pas digne mais dis seulement une parole et je serai guéri




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