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Le baptême dans tous ses états

19 mars 2000

 

En ligne depuis le dimanche 5 novembre 2006.
 
 
Du désert, il faut passer à la montagne ; du lieu aride des tentations, du Diable et de la soif, il faut passer au sommet, à la colline inspirée, bref passer de la tentation à la contemplation. Contempler quoi ? Hé bien : tout. Dans le baptême, il y a des moments de recherches, des moments de combats spirituels, des moments de route ingrate. Et puis, il y a la "contemplation du tout". La Transfiguration, c’est la contemplation du tout ; c’est le moment où Dieu, en un éclair, se manifeste d’une manière resplendissante. Il dit tout sur lui avec une lumière, une blancheur sans pareille. C’est un peu comme l’expérience d’un converti. Avant, il ne connaissait rien de Dieu et puis une lumière lui est donnée et plus il avance dans la découverte de sa foi, plus il sait que c’est vrai, que chaque mystère qu’on lui explique, c’est comme s’il en avait fait déjà l’expérience ou comme si cette vérité était déjà présente dans son coeur en une solide conviction, d’une manière condensée. Et pourtant, ce n’est pas à cause de son génie personnel mais comme une vérité et un bien justement donnés et reçus au moment de sa nouvelle naissance dans la conversion. Comme la Transfiguration, le baptême est une illumination, une nouvelle naissance de l’esprit ; comme dans la transfiguration, le baptisé doit posséder en son coeur, par révélation, le tout de Dieu. Et ce tout, il est bien présent. Non pas comme une réalité anonyme ou une force cosmique, ni même comme l’exploration des états d’âmes qu’on confond avec la profondeur. Non d’abord le tout de Dieu et qui vient de Dieu. C’est Jésus qui a l’initiative d’aller sur la montagne ; c’est Jésus qui choisit et emmène Pierre, Jacques et Jean et on précise "eux seuls" et "à l’écart" et sur une montagne "très haute" ; enfin c’est Jésus qui provoque cette scène inouïe d’une métamorphose de son être physique telle que personne sur terre ne peut obtenir la pureté de la lumière qui rayonnait de lui. Le tout de Dieu est bien là : Jésus dans le mystère de la création nouvelle ; Elie la totalité de la prophétie, Moïse la totalité de la Loi. Pour les disciples, c’est la totalité du bonheur, ces béatitudes prêchées sur une autre montagne : "il est heureux que nous soyons ici". Et si cela pouvait durer toujours, ce serait le bonheur total, c’est pourquoi il faut dresser des tentes pour que la rencontre dure longtemps, si possible toujours. Mais, dans la contemplation du tout de Dieu, ce n’est pas à l’homme de prendre l’initiative. Car Dieu n’a pas fini de montrer son tout. Il y a, en effet, encore plus grand, encore plus beau à voir. Tandis que la nuée met le contemplatif impatient dans l’ombre, une voix proclame l’être intime de Dieu. Il y a en Dieu une communion de bien-aimés. "Celui-ci est mon Fils bien-aimé". Autrefois, avec Moïse, il s’agissait d’écouter Dieu dans la Loi "Ecoute Israël" comme chemin vers Dieu, aujourd’hui, il s’agit d’écouter la grâce du Fils bien-aimé, comme contemplation définitive. Définitive ? Presque. Car il n’est pas encore temps de monter la tente de la rencontre. Bientôt, Jésus sera dans sa gloire constamment présent sous la tente, dans le tabernacle et surtout quand le voile de la foi s’ouvrira sur la gloire du Ciel, après la mort. Pour l’instant, les disciples doivent continuer leur marche avec Jésus, dans le silence jusqu’à ce que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Telle est la totalité chrétienne de la transfiguration, telle est la contemplation du disciple. Le baptisé sur terre, pour continuer courageusement sa route, doit faire l’expérience de ce regard intense devant le tout de Dieu. Il peut alors réfléchir sur tel mystère, s’interroger sur le sens de sa vie, par exemple une faute commise, un défaut à corriger. Mais ces points particuliers ne sont jamais séparés de la fin du voyage et du tout de Dieu. Dans les petites choses de la vie, il y a déjà le tout de Dieu. Mais il est bon de monter sur la montagne pour contempler l’ensemble de la révélation de Dieu. Alors, elle apparaît comme une réalité unique — une blancheur sans pareille. Alors, on prend conscience que c’est Dieu qui a l’initiative de se révéler. Qui aurait pu imaginer la résurrection et la transfiguration qui l’anticipe ? Même le chrétien est tenté parfois de construire sa religion, voire de changer de religion avec une légèreté qui n’a de mesure que celle des petits désirs de sa subjectivité. Celui qui élargit son coeur au tout de Dieu, celui qui se laisse entraîner par Jésus, le bien-aimé, sur les sommets, ne peut pas connaître cette légèreté. Déjà, le psalmiste disait cette devise de tous les montagnards de Dieu : "Heureux qui dans son coeur garde le goût des montées". Pour cela, au tout de Dieu doit répondre, dans le coeur de l’homme, la seule attitude proportionnée : la foi. Et toute la foi. La totalité de Dieu appelle la totalité de la foi : confiance en Dieu, obéissance de la foi, adhérer à des vérités explicites qu’on cherche à comprendre, vivre dans la communauté de Pierre, Jean, Jacques, Elie et Moïse. Pas la foi du supermarché des croyances ou de sa sensibilité religieuse, mais la foi purifiée par le tout de Dieu. A la transfiguration ne peut correspondre que la transfiguration de la foi. Pas de carême donc, sans la transfiguration de notre foi. Un acte vraiment libre, vraiment personnel : aujourd’hui, celui qui ne choisit pas d’être chrétien perdra la foi. Mais en plus, il faut choisir, sans détour, la foi qui mène à la montagne de la vraie rencontre. Ce qui est impossible sans un sens profond de l’Eglise, sans recevoir par elle grâces et enseignements, dans la tradition vivante, dans la docilité à son Magistère, enfin, et tout se tient, dans la méditation de la Parole de Dieu qui redit à chaque ligne : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Ecoutez-le"




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