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Jubilé de l’incarnation du Verbe

En ligne depuis le dimanche 5 novembre 2006.
 
 
De grand matin, Marie Madeleine se rend au tombeau. " Dis-nous, Marie Madeleine, qu’as-tu vu en chemin ? J’ai vu le sépulcre du Christ vivant, j’ai vu la gloire du Ressuscité ". Marie Madeleine est la figure de tous les pécheurs repentants que la miséricorde de Jésus a relevés. Ses péchés lui ont été pardonné parce qu’elle a beaucoup aimé. Mal d’abord, sans doute, mais admirablement ensuite, lorsque sa soif d’amour a trouvé en Jésus la source unique à même de l’étancher. Elle ne se doute pas que son témoignage lui vaudra d’être honorée comme l’apôtre des apôtres. C’est elle, en effet, qui sera le premier témoin de ce qu’elle ne semble pourtant pas encore comprendre. C’est elle qui poussera Pierre et le disciple bien-aimé à courir vérifier la surprenante nouvelle, la Bonne nouvelle à son état germinal. Et là l’évidence est stupéfiante : ce corps très saint du Crucifié, abandonné à la corruption de la mort, dans un tombeau scellé et gardé, ce corps est absent. Voilà ce qu’ils voient. Ils ne voient pas Jésus. Ils voient qu’il n’est plus là. Ils ne voient rien, en quelque sorte, hormis quelques linges, mais l’Evangile nous dit du disciple bien-aimé, avec une exceptionnelle concision : " Il vit et il crut ". Il vit l’absence du Crucifié et il crut la présence du même, Ressuscité. Mais heureux sommes-nous qui croyons sans avoir vu. Si le Christ n’était pas ressuscité, nous serions les plus malheureux des hommes, car tout ce que nous ferions depuis deux mille ans ne consisterait qu’à cultiver une nostalgie. Mais le Jubilé de l’incarnation du Verbe exprime de manière éclatante que le Christ est le même, hier, aujourd’hui et à jamais, parce que le Crucifié d’il y a 2000 ans vit et est présent, aujourd’hui et jusqu’à la consommation des siècles. C’est Lui qui nous rassemble pour le célébrer, et c’est Lui que nous célébrons. Nous sommes tous affrontés à la mort, et pourtant diversement. Je pense à ceux qui n’auraient pas voulu mourir ou dont on n’aurait pas voulu qu’ils meurent. Aux victimes des épouvantables génocides du siècle passé, aux vies fauchées avant le temps par la maladie, par les catastrophes naturelles ou par la folie des hommes. Je pense à vous, mamans éplorées par la perte d’un enfant. Mais comment oublier aussi ceux qu’une souffrance énorme presse d’implorer la mort, ceux qu’une angoisse trop béante ou une blessure trop vive vident du courage de vivre ? Il en est qui meurent et qui ne demandaient qu’à vivre et il en est qui vivent en l’éprouvant comme un fardeau insupportable. Et chacun de nous peut passer quelque jour d’une catégorie à l’autre. Mais ce qui vaut des uns comme des autres, c’est la vie à laquelle ouvre la résurrection de Jésus : la vie éternelle. Jésus, en effet, ressuscite comme prémices de ceux qui se sont endormis. Sa résurrection nous entraîne à sa suite, pour un bonheur définitif. Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et il a tant aimé le monde qu’il lui a donné son propre Fils. C’est ce trop grand amour qui unit le Père et son Fils, lequel consent librement à ce don. Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Jésus a donné sa vie pour ceux qu’il décide de ne plus appeler serviteurs mais amis. Il s’est livré pour moi, pour toi, pour chacun de nous. Pour que nous ayons la vie, et la vie en abondance. Il est la résurrection et la vie. Quiconque croit en lui aura la vie éternelle. La communion eucharistique nous unit à cette vie divine du Ressuscité et nous y fait participer : Celui qui mange son corps et boit son sang vivra éternellement. Telle est notre foi. Parce que le Christ est ressuscité, parce qu’il a traversé, au jour de sa Pâque, la mort comme les Hébreux la mer Rouge, nous-mêmes, malgré l’angoisse, la souffrance et la mort, entrerons, si nous y consentons, dans la joie de Dieu. Marie Madeleine, Pierre et le disciple bien-aimé sont les prémices de la cohorte des témoins de la Résurrection de Jésus, de cette foule immense de tous âges, langues, peuples et nations, où nous avons été appelés, justifiés, glorifiés. Dieu nous a en effet destinés à reproduire l’image de son Fils, afin qu’il soit l’aîné d’une multitude de frères, formant son Corps qui est l’Eglise, l’assemblé sainte des témoins de sa Résurrection, de sa Présence et de sa Vie. En cette année du Jubilé, comment témoignerons-nous de la Résurrection de Celui qui est notre Vie ? D’abord en renouvelant l’acte de foi que nul échec, nulle impasse, nulle douleur ne sont à la fois définitives et irréparables, c’est-à-dire plus lourdes que la pierre du tombeau. Etre témoin de la Résurrection, c’est aussi vivre les béatitudes évangéliques. Cette charte de la vie chrétienne, ces tables de la loi de la nouvelle alliance, resteront l’énoncé d’une utopie hautement déraisonnable si elles ne sont éclairées à la lumière du Christ et du Christ ressuscité car elles promettent la vie à ceux qui acceptent de la perdre. A chaque fois que brille en nous l’éclat d’une de ces béatitudes, des doux, des pacifiques, des humiliés, resplendit en notre vie la lumière de Pâques. Alors nous devenons lumière du monde et sel pour la terre. Nous commençons à devenir chrétiens. En aimant en actes et en vérité, portons en nous l’assurance de notre foi : le Christ est ressuscité ; le Christ est vraiment ressuscité. Il est le même, hier, aujourd’hui et à jamais. Louez Dieu. Alleluia.




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 Jubilé de l’incarnation du Verbe



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