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Heureux ceux qui croient sans avoir vu

30 avril 2000

 

En ligne depuis le dimanche 5 novembre 2006.
 
 

Nous vivons à une époque très marquée par deux traits de mentalité : l’incrédulité et la naïveté. Ces deux traits inspirent deux sortes de regards qui existent en chacun de nous, même si nous nous en défendons. L’incrédule doute de tout ce qu’il ne peut vérifier par lui-même, le naïf est prêt à tout croire même le plus illusoire.

En nous rapportant la phrase de Jésus à Thomas : " Cesse d’être incrédule, sois croyant ", l’évangile nous invite à devenir des croyants en nous libérant à la fois de l’incrédulité et de cette mauvaise naïveté , car il y a une belle naïveté en laquelle il faut savoir renaître. La conversion de Thomas peut nous y aider en trois points particuliers : être vrai dans sa recherche, nous attacher à la personne de Jésus-Christ et approfondir le mystère de la vraie foi L’apôtre Thomas a été vrai dans sa recherche : lorsqu’il ne comprenait pas, il le disait franchement.

Ainsi est-il franc vis à vis des autres apôtres qui lui annonçaient avoir vu le Seigneur. Ce n’est pas l’incrédulité de Thomas qu’il nous faut imiter triais cette forme de franchise avec laquelle il dit le point où il en est. Notre chemin de foi a besoin de cette vérité-là à condition que par cette humble ouverture de nous-mêmes, nous désirions y être rej oints par le Seigneur. Faire ce point n’est-ce pas d’abord nous présenter au Seigneur comme des pauvres en lui disant : Seigneur me voici devant toi avec mes pauvretés, mes doutes, mes aveuglements et mes prétentions. N’est- ce pas dans cette attitude du coeur que jaillit le vrai climat (le la prière particulièrement en ce temps pascal. L’apôtre Thomas nous invite aussi à nous attacher à la personne de Jésus-Christ, Même si le dialogue qu’il a avec Jésus est très court, il laisse deviner ce qui s’est passé dans son coeur depuis le jour de son affirmation un peu prétentieuse : " Si ne vois pas dans ses mains la marque des clous_ si je ne mets pas la main dans son côté, je ne croirai pas ".

En l’imitant dans notre quête de relation vraie avec le Seigneur, nous sommes invités nous aussi à être libérés tant de l’incrédulité que de cette fausse naïveté qui depuis le début du Christianisme menace l’authenticité de la foi chrétienne. Pensons en particulier à toutes ces nouvelles religiosités qui utilisent à leur manière l’évangile de Jean pour parler de spiritualité. Il est vrai que bien des passages de cet évangile peuvent faire l’objet d’interprétations très différentes mais il est tout aussi vrai que l’on ne peut pas en conclure n’importe quoi. Certains pourraient ainsi ne retenir de ce récit d’apparition que ce, qui les arrange : par exemple le fait que les disciples sont réunis tous ensemble en un même lieu et que Jésus les y rejoint : il ne s’agirait alors que d’une expérience spirituelle d’une certaine présence continuée de Jésus qui rie supposerait nullement la réalité de sa Résurrection.

Or ce récit d’apparition insiste au contraire sur la réalité du corps du Ressuscité : par deux fois, Jésus montre ses mains et son coté, d’abord aux disciples réunis sans Thomas ensuite à Thomas tout seul. Nous devons bien en comprendre l’enjeu : celui qui apparaît est bien celui-là même que les disciples ont connu avant sa crucifixion.

C’est le même mais il est devenu tout autre, par sa Résurrection en son corps glorieux, Dans sa belle confession dû foi, Thomas nous invite à imiter son attachement à la personne de Jésus et à entrer ainsi dans la victoire de la foi : " Quel est le vainqueur du monde, nous dit S. Jean dans la 2è lecture ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu... qui est venu par Veau par le sang ".

L’eau et le sang évoquent d’abord la réalité du mystère de l’Incarnation qui passera par la mort, pour nous offrir le don d’une vie nouvelle dans le Christ Ressuscité, Là même où nous avons du mal à comprendre le mystère de la Résurrection de Jésus et l’annonce de la nôtre, attachons-nous à la personne de Jésus, c’est lui et lui seul qui nous y introduira moyennant notre foi. Accueillir le mystère de cette vie de foi constitue le troisième enseignement de cette rencontre entre Jésus et l’apôtre Thomas. Nous croyons naïvement que Thomas a pu faire sa belle confession de foi parce qu’il a vu le Ressuscité, S’il suffisait de voir pour croire, comment expliquer alors que les pèlerins d’Emmaüs ont mis tant de temps à reconnaître Jésus qui a pourtant marché un long moment sur leur chemin.

Le théologien Saint Thomas l’explique justement en disant : autre celui qui a vu, autre celui qui a cru. L’apôtre Thomas n’a pas cru parce qu’il a vu mais parce que son coeur s’est ouvert au don que Jésus veut nous faire à tous en raison de son mystère pascal : ce don est cette vie dans la foi qui nous met en relation avec le Ressuscité. La foi pascale ne se limite pas à croire quelque chose sur Jésus, par exemple qu’il est ressuscité et vivant auprès du Père, mais aussi de croire en Jésus, c’est à dire de saisir qu’il est ressuscité pour nous, pour ouvrir notre vie à cette merveilleuse nouveauté.

Par la foi, Jésus veut vivre avec nous une nouvelle incarnation afin de nous introduire dans notre vocation d’enfant de Dieu, Dieu en nous, Dieu avec nous, Dieu au milieu de nous. Ce don nous ouvre à la vraie jolie. A nous de l’accueillir et de le mettre en oeuvre. Pour conclure, rappelons-nous ceci : nous ressemblons tous en ce début, du temps pascal à des enfants nouveaux-nés qui ont besoin de grandir. Si la parole de Dieu doit être ce lait dont nous avons tant besoin, l’eucharistie dominicale est ce lieu où semaine après semaine, nous devons nous retrouver tous ensemble pour accueillir la présence du Ressuscité. Il est clair que la manière dont S. Jean nous décrit aujourd’hui la venue du Seigneur au milieu de ses disciples tient compte de la manière dont les premières communautés chrétiennes en ont fait l’expérience au cours de l’eucharistie dominicale.

C’est là que nous devons retrouver la paix et la Joie que Jésus nous donne . C’est là aussi que nous retrouvons l’élan nécessaire pour vivre la mission que Jésus nous donne : " Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ". Amen.




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