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La rencontre du Ressuscité

7 mai 2000

 

En ligne depuis le dimanche 5 novembre 2006.
 
 
Le Ressuscité souhaite la paix à ses disciples : " La paix soit avec vous ", mais il suscite stupeur, crainte, étonnement et bouleversement d’esprit. C’était le cas il y a deux mille ans, dans l’événement relaté par l’Evangile. Ce peut l’être aussi aujourd’hui pour chaque disciple rencontrant le Christ. Jésus souhaite la paix, donne la paix à ceux qui le reconnaissent et le reçoivent, mais tant que leur acte de foi n’est pas accompli, ils demeurent menacés par la crainte. Il leur était difficile d’accueillir sereinement cette annonce de paix qui leur laissait pressentir le Maître qu’ils avaient suivi, alors qu’ils étaient dominés par l’évidence de la réalité de sa mort. Un mort qui parle et se montre, c’est un revenant, un esprit, une apparence ; cela n’a pas de chair et d’os. Et un fantôme, tout bienveillant qu’il puisse être, reste effrayant. Gardons-nous de juger avec condescendance ces disciples qui se méprennent sur celui qui leur parle. Imaginons l’état d’esprit qui serait le nôtre en retrouvant chez nous celui que l’on viendrait d’accompagner au tombeau. C’est l’inattendu qui étonne et bouleverse. Jésus sait cela : il prouve : " touchez-moi, regardez-moi " ; il mange même devant eux son poisson grillé. Ce corps glorieux n’a rien d’un prêt-à-porter impersonnel et éthéré : il est étrangement réaliste. Le même étonnement peut nous saisir lorsque le Christ se manifeste à nous, dans le secret d’une parole intérieure ou dans le contact avec son Corps, eucharistique, ecclésial. Est-ce bien toi Jésus qui a mis en moi tel désir ? Est-ce bien toi qui m’attire à telle oblation, à telle abnégation ? Ai-je bien entendu ce que tu m’as dit ? Est-ce bien toi qui me l’as dit ? Ne voulais-tu pas dire autre chose ? As-tu bien tenu compte de ce que je suis ? Qui n’a senti en soi s’élever ces interrogations, alors même qu’un doux et ferme regard d’amour répétait : " La paix soit avec toi " ? De deux choses l’une : ou bien l’on se frotte les yeux, les oreilles, l’intelligence et le coeur et l’on proclame que tout cela n’est pas raisonnable, qu’il faut classer l’affaire, qu’il serait bien orgueilleux de se sentir pousser des ailes de mysticisme, ou bien l’on se rend à l’évidence en recevant les signes de la présence du Ressuscité : la paix, la joie. Ce peut être une lutte intérieure. L’Evangile nous dit : " Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement ". L’acte de foi n’est pas encore accompli, l’étonnement demeure, mais déjà le désir de croire est éveillé et la joie, celle qui fait pleurer, le torrent jubilant, qu’aucune digue rationnelle ou anxieuse ne peut arrêter, jaillit : et si c’était ainsi ? Non, c’est impossible ! Mais si ! Messie Ressuscité ! Jésus ! Présent ! Voilà, c’est fait. L’évidence a changé de camp. Mais entre temps, il y a eu l’intelligence de l’Ecriture. Non pas l’intelligence des intelligents, mais celle fait éclore le grain semé et dont on avait oublié même qu’il puisse un jour germer. L’intelligence qui rend lumineux et savoureux ces mots lus, chantés, psalmodiés vainement, banalement, distraitement, ces versets morts qui soudain prennent vie comme les ossements desséchés, par la force de l’Esprit. " Alors il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Ecritures ". Quelle chance pour eux ! Pourquoi pas pour nous ! " Garde à ton peuple sa joie, Seigneur, toi qui refais ses forces et sa jeunesse ". Magnifique demande que le début de la prière d’ouverture de cette messe. Magnifique affirmation aussi. Oui, cette paix et cette joie sont vraiment données au peuple du Seigneur, à l’Eglise, perpétuellement renouvelée en sa force et en sa jeunesse. Et cela vaut aussi de chacun, de chacune d’entre nous. Ah oui ? Et où cela ? J’aimerais bien voir ! Regarde alors, le Corps du Ressuscité. Touche-le. Regarde la foule innombrable de ces martyrs, de ces témoins de la foi, de l’amour, de la joie, de la paix. Ils sont officiellement nommés aujourd’hui à Rome par le successeur de Pierre, apôtre et martyr. Catholiques, orthodoxes, anglicans, et de toutes confessions chrétiennes, ils sont le fleuve jailli du Coeur blessé du Christ, blessé d’amour ; ils sont l’oecuménisme le plus pur, celui de la parfaite communion de sainteté. Ils sont l’honneur de notre humanité rachetée, qui nous fait pleurer de honte nos lâchetés et jubiler des Magnificat incessants en raison de cette force qui vainc la peur, de cette joie qui dissipe le trouble, de cette paix qui inonde et berce l’âme étonnée, de cette puissance d’amour de notre Sauveur. " Alors il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Ecritures ", et il conclut en leur disant : " C’est vous qui en êtes les témoins ", les martyrs. Que celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende !




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