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Accueil >> Sanctoral >> Saints dominicains >>   Un Dominique en papillote ou Dominique odeur du Christ et sel de la terre

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Un Dominique en papillote ou Dominique odeur du Christ et sel de la terre

24 mai 2000

 

En ligne depuis le dimanche 5 novembre 2006.
 
 

-  Dites-moi, frère Jourdain, vous qui étiez présent, comment s’est déroulé la translation du corps de Maître Dominique, mercredi dernier ?
-  Très Saint Père, je ne sais que vous dire, tant les souvenirs et les impressions se bousculent. En tout cas, il fallait votre autorité de Pape pour ordonner cette translation, et heureusement que vous avez pris une telle initiative.
-  Certes, mais que s’est-il passé exactement ? Depuis une semaine je n’entends parler que de miracle sans arriver à en savoir plus.
-  Oui ! De miracle Saint Père ! Vous le savez, cela faisait 12 ans que le corps de Dominique reposait au fond d’un jardin, 12 ans à subir les outrages de la pluie et de la canicule. Tous les frères étaient donc très inquiets à l’idée d’ouvrir le cercueil. Je les comprends. Mais le miracle s’est produit : il se dégageait du corps de Maître Dominique comme une suave et forte odeur de rose. Tenez, sentez ma main : j’ai tout juste effleuré le corps et elle reste imprégnée de ce parfum. Cela ne tient-il pas du miracle ?
-  Votre enthousiasme m’enchante frère Jourdain, mais un tel phénomène ne me surprend guère. Je dirais même que je m’y attendais.
-  Vous vous y attendiez ?!
-  Evidemment ! N’était-ce pas tout naturel ? Doutiez-vous donc que Dominique était la bonne odeur du Christ dont parle l’Apôtre Paul ? Ne pensez-vous pas Dominique en odeur de sainteté ? Alors, quel autre signe auriez vous souhaité ? D’ailleurs, frère Jourdain, vous souvenez-vous de l’Evangile que vous entendu ce jour-là ?
-  C’était l’Evangile selon Saint Matthieu, avec cette séquence où le Christ nous enseigne que nous sommes le sel de la terre. Et si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ?
-  Que la Providence fait bien les choses, frère, on ne pouvait mieux choisir pour une telle occasion !
-  Pardonnez-moi, Saint Père, mais je ne vois pas trop où vous voulez en venir. Vous semblez faire un lien entre l’odeur de rose, odeur de sainteté, et le sel. Mais tout le monde sait bien que le sel sent le sel et non la rose.
-  Frère Jourdain, voyons ! Dominique est ce sel de la terre. Alors, ne fallait-il pas que celui dont le corps exhale un parfum de rose, laisse au palais comme un goût de sel ?
-  Pardonnez-moi d’insister, toutefois, comment pouvez-vous affirmer que Dominique est sel de la terre ? Qu’est-ce-que cela signifie au juste ?
-  Mon frère, vous le savez bien, le sel a deux fonctions principales. La première, c’est de conserver les aliments. Et toute sa vie, Dominique a conservé en lui Celui qui est Pain de Vie.
-  Comment cela ?
-  Par sa vie de prière, par sa rumination incessante de la Parole de Dieu, Dominique conversait avec Dieu. S’il conversait ainsi avec Dieu, c’est donc qu’il Le conservait constamment en lui. Dominique conservait en lui Celui qui nous alimente tous, Celui qui est la Source de toute Vie. Toujours il a conservé en lui le Pain de Vie, celui qu’il importe justement de conserver en priorité. Conserver le Pain de Vie, c’est converser avec le Verbe de Vie.
-  Je reconnais bien Maître Dominique dans ce que vous dites là, mais qu’en est-il de cette deuxième fonction du sel que vous avez évoquée ?
-  La deuxième fonction du sel est de donner du goût aux aliments, de les mettre en valeur. Ce qui compte, n’est pas que le sel ait du goût, mais qu’il donne du goût. Il en est de même pour Dominique. N’a-t-il pas su faire ressortir la Beauté de l’Evangile, n’a-t-il pas su être un témoin rayonnant de l’amour de Dieu ? Toute sa vie n’est que mise en valeur de l’action de Dieu dans le coeur des hommes.
-  Je crois que je commence à comprendre. Mais comment expliquez vous alors que Maître Dominique ait su devenir sel de la terre ?
-  C’est Dieu qui a donné à Dominique, et qui nous donne à chacun, d’être sel de la terre. Mais cela suppose de Lui être ouvert, de se laisser modeler, pénétrer par Lui jusqu’au plus intime de notre être, pour que la moelle elle même ait ce goût de sel.
-  Oui, mais concrètement ?
-  Concrètement ? Regardez Dominique. Comment se serait-il dénaturé, comment aurait-il perdu son goût de sel, lui qui sans cesse restait en contact avec la source de toute salinité, lui qui conservait constamment Dieu présent et conversait avec Lui.
-  Je suppose que vous faites référence à sa vie de prière ?
-  Exactement. Tous ceux qui l’ont connu le confirment, Dominique ne parlait que de Dieu ou avec Dieu. Dieu, l’unique objet de son assentiment. C’est le travail de toute une vie chrétienne que d’apprendre à se décentrer ainsi de soi pour se centrer sur Dieu exclusivement. Notre nombril est peut-être magnifique, il l’est vraisemblablement beaucoup moins que la Face de Dieu. Dans la prière, Dominique n’a cessé de contempler la Face de Dieu.
-  Je peux en témoigner, Saint Père. Que de fois j’ai surpris Dominique à prier et à nous exhorter à faire de même.
-  Je vous l’ai dit, frère, il ne parlait que de Dieu ou avec Dieu. Nuit et jour, il passait son temps à prier, au choeur, en cellule, ou en voyage, avec tout son corps, exprimant physiquement ce qu’il porte dans le vaste sein de sa charité : assis, debout, allongé ou à genoux ; les bras élevés en l’air ou en croix, et toujours en versant d’abondantes larmes. Comment Dieu ne s’attendrirait-Il pas face aux supplications et aux larmes de Son enfant Dominique. Dominique est l’exemple parfait de la prière confiante et filiale, celle des petits enfants, qui demandent en toute confiance, et sans douter que leur prière sera exaucée. A présent frère Jourdain, méditez et imitez cet exemple que Dominique vous a laissé, bonne odeur du Christ et sel de la terre. Pour ma part, et de tout ce dialogue telle est peut-être la seule parole authentique du Pape Grégoire IX, " j’ai connu en lui un homme qui observait dans sa totalité la règle des Apôtres et je ne doute pas qu’il soit au ciel associé à leur gloire ".




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