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Sanctifie-les dans la vérité

4 juin 2000

 

En ligne depuis le dimanche 5 novembre 2006.
 
 

" Sanctifie-les dans la vérité ". Ce que Dieu veut, ce dont le Christ témoigne, c’est la sainteté de l’homme " dans la vérité ". Il y a donc une vocation de l’homme à la vérité. Une maman apprend à son petit enfant à ne pas mentir. " Pourquoi ? ", demande le petit enfant, et les parents répondent " parce que ce n’est pas bien ". En effet, la vérité est un bien de l’homme. Cette vérité, Dieu en a fait une réalité sainte, un bien propre de Dieu, " sacré ". Il vaut la peine de vivre et même de mourir pour la vérité. Quelle est cette vérité ? Jésus l’explique : " Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité ". C’est la prière que Jésus adresse à son Père avant le sacrifice de la Croix. La vérité est donc dans la sanctification de notre humanité par Jésus. Tout ce que Jésus a fait, subi, souffert, dit ou tu, fut pour la sanctification de la vérité. On trouve sans doute beaucoup de sages en ce monde, philosophe, savants ou mystiques. Mais aucun d’entre eux n’a prétendu être la sanctification totale de la vérité. C’est pourquoi, devant Jésus, le choix doit être radical : où bien il est un imposteur, ou bien il est ce qu’il prétend, ce qu’aucun homme n’a prétendu être, même dans un orgueil fou.

L’esprit le plus totalitaire n’a jamais osé dire que toute son existence était une sanctification de la vérité. Si l’on fait le choix de Jésus, la vérité se présente comme une plénitude indépassable. La vérité est sainte parce qu’elle est totale. Mais elle n’est pas totale à la manière d’une encyclopédie. Si la vérité est totale, c’est d’abord parce qu’elle vient de Dieu. Jésus le dit souvent : mon témoignage ne vient pas de moi mais du Père qui m’a envoyé. Je ne me rends pas témoignage à moi-même, mais c’est le Père qui témoigne par moi. Le premier signe de la sainteté de la vérité, c’est qu’elle provient d’un autre, soit de la réalité du monde, soit de la réalité de Dieu. L’homme moderne a du mal à penser que la vérité ne puisse pas être une construction totale de lui-même. Je considère comme vrai ce que ma rationalité aura établi comme vrai. Grandeur de l’intelligence humaine, certes, mais grandeur qui s’arrête en chemin et limite son horizon. Il y a en Dieu plus de rationalité que dans l’intelligence humaine. La sainteté de la vérité, pour être totale, doit donc être reçue de Dieu lui-même. C’est pour cette mission que le Père a envoyé son Fils, son Verbe. La vérité sainte est une vérité révélée, qui ne vient pas de moi mais de Dieu. Voilà pourquoi elle est mystérieuse, voilà pourquoi elle exige cette disponibilité de l’intelligence et du coeur qu’on appelle la foi.

Croire, c’est d’abord s’ouvrir à une plénitude hors de moi. Pourtant, la sainteté de la vérité concerne bien l’homme. Jésus prie le Père pour que les hommes gardent la vérité. Les hommes auront en effet à combattre pour cette vérité. Jésus repart vers le Père. Etant passé par la Croix, Jésus sait que le monde falsifie la vérité. Il la fait passer par le double piège de l’erreur, car l’homme peut se tromper, et du mensonge car l’homme peut tromper. Le monde est habité par le prince des fausses lumières, le Mauvais, le Père du mensonge. Jésus a prié pour ce combat spirituel contre le Diable et contre tout mensonge dans le monde. Sans cesse l’homme et le Diable sont des profanateurs de la vérité. Il y a des professions qui sont plus exposées au mensonge. Jésus a prié aussi pour cette vérité. D’ailleurs, toute vie est exposée à cette tentation de mentir et de tromper son prochain.

La vérité est d’abord une affaire de justice. L’autre a droit à la vérité, celle de l’information, celle de ma parole, celle de ma vie et celle de Dieu. Malheur à moi si je blesse mon prochain en lui refusant cette justice qui peut être la forme suprême de charité. Mentir peut à ce point être contre la justice et la charité que le mensonge peut avilir l’âme jusqu’à l’extrême, le scandale des petits, dont parle Jésus, qu’on soit journaliste, juge, prêtre, théologien, politicien, époux, parents, frères et soeurs, amis. A toutes ces paroles vaines et dangereuses, Jésus, conscient du danger de devenir " fils de perdition ", prie et oppose la révélation de Dieu : " Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité ". Jésus n’a jamais menti. Il est rare, peut-être impossible, d’être en présence d’un homme qui dira toujours la vérité et qui la fera toujours dans sa vie. " Faire la vérité ", c’est vivre cette coïncidence exacte entre sa parole et sa vie. Les saints y parviennent un peu, Jésus totalement. C’est pourquoi, devant Jésus, il ne faut pas choisir entre son enseignement et sa vie. Quand Jésus dit " Je suis la vérité ", il désigne à la fois son enseignement et sa vie : ses paroles passées au crible de sa passion, de ses miracles et de tous ses gestes. Quand on le frappe, il a cette réplique qui nous regarde tous dans les yeux : " Si j’ai menti, dis-moi en quoi j’ai menti ; si je dis la vérité, pourquoi me frappes-tu ? ". Mais Jésus part vers le Père. Il faut donc que cette plénitude de vérité continue à vivre parmi les croyants. Il faut que la parole reste vivante. Une autre mission divine commence, celle de l’Esprit-Saint. C’est lui qui fera de l’Eglise la demeure de la vérité totale. L’Esprit-Saint, comme Jésus, ne parle que du Père et de ce que le Père nous a dit en Jésus. L’Esprit-Saint inspirera les auteurs de l’Ecriture pour que la parole nous soit donnée par des textes. Mais ces textes seront eux-mêmes parole de vérité quand l’Eglise les méditera dans l’Esprit-Saint, dans ce grand fleuve de vie qu’est la Tradition. C’est la Tradition qui nous fait rejoindre la réalité de l’Ecriture, la sainteté de la Vérité prêchée et vécue par le Christ. Enfin, pour que la vérité soit totale et certaine, il faut que se maintienne dans le temps ce pour quoi Jésus a prié : ses amis, ses disciples et tout spécialement ses proches, les Douze pour lesquels Jésus a veillé afin qu’aucun ne se perde. Cette amitié originelle dans la vérité se poursuit spécialement dans la mission des évêques et du Pape.

Il n’est pas habituel de présenter ces " gardiens-épiscopes de la vérité " selon cette amitié originelle prolongée dans le temps. On préfère séparer une église qui aime d’une église qui enseigne. Mais alors, c’est le Christ même qu’on déchire, c’est la vérité qu’on profane. Le Christ a voulu que l’homme demeure dans la plénitude de la Vérité en vivant de la lumière de l’Esprit-Saint en trichromie : par l’Ecriture, la Tradition et la Magistère de l’Eglise catholique. Le concile Vatican II les a admirablement réuni dans une même expression en disant : " Il est clair que la sainte Tradition, la sainte Ecriture et le magistère de l’Eglise, par une très sage disposition de Dieu, sont tellement reliés et solidaires entre eux qu’aucune de ces réalités ne subsiste sans les autres, et que toutes ensemble, chacune à sa façon, sous l’action de l’Esprit-Saint, contribuent efficacement au salut des âmes ". C’est pour cela que Jésus a prié. C’est pour cette sainte vérité, condition de notre salut, condition de notre bonheur, comme Jésus le dit " afin qu’ils aient en eux-mêmes ma joie complète ". La joie complète, c’est la vérité de Dieu, et toute la vérité.




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 Sanctifie-les dans la vérité



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