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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 20 >>   La sagesse et le pain de vie...

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La sagesse et le pain de vie...

20 août 2000

 

En ligne depuis le dimanche 5 novembre 2006.
 
 
Deux thèmes, bien différents, se croisent dans les lectures de ce dimanche : celui de la sagesse et celui du pain de vie. La lettre aux Ephésiens use de plusieurs contrastes pour nous inviter à la sagesse : " ne vivez pas comme des fous, mais comme des sages " ; " ne soyez pas irréfléchis, mais comprenez bien quelle est la volonté du Seigneur " ; " ne vous enivrez pas…, laissez-vous plutôt remplir par l’Esprit Saint ". Et le livre des Proverbes, déjà : " Quittez votre folie et vous vivrez, suivez le chemin de l’intelligence ". La sagesse apparaît dans la bouche de l’Apôtre, comme opposée au comportement promu par le monde païen ; elle est surtout une manière de juger de toutes choses selon le regard de Dieu, un discernement selon l’Esprit Saint. Serait-ce à dire que le christianisme mépriserait la valeur des sagesses humaines, qu’il s’agisse par exemple des grands philosophes de l’Antiquité latine et hellénistique ou des morales extrême-orientales telles que celle du confucianisme ? Non, et les écrits de sagesse de l’Ancien Testament montrent suffisamment que les maximes que des hommes droits forgent au bénéfice de leur expérience, loin d’être nécessairement contraires aux vues de la Providence s’y intègrent plutôt et en préparent les voies. La sagesse naturelle reste pourtant rare et limitée car elle est le fruit d’un effort, en raison de cette rébellion interne qui est le legs du péché originel. C’est pourquoi le comportement qu’implique la conversion chrétienne apparaît souvent en décalage et même en rupture avec les valeurs mondaines. C’est ce que marque ici l’Apôtre. Ce n’est pas mépris du monde, ni de la modernité, mais choix résolu pour Dieu, même s’il doit en coûter une remise en cause de nos manières de voir et de nos manières de vivre. Le fait est que l’enseignement de Jésus et les conditions qu’il pose pour être son disciple sont difficiles à nos forces naturelles. Mais Dieu ne nous commande rien d’impossible et il nous demande d’avoir confiance dans son aide : il proportionne la grâce à l’épreuve. Il reste que nous pouvons parfois nous trouver dans le désarroi ou dans l’impasse et peiner pour parvenir à cette sagesse qui nous permettrait de fonder ou de reconstruire la vie heureuse à laquelle nous aspirons. Jésus nous apporte cette invitation consolatrice : " Venez à moi, vous tous qui ployez sous le fardeau et je vous referai ". Le livre des Proverbes faisait déjà parler ainsi la Sagesse, comme une Personne : " Si vous manquez de sagesse, venez à moi ! ". Et notre lecture chrétienne nous fait identifier cette Sagesse personnifiée, qui nous invite à venir à elle, avec le Verbe divin, incarné en Jésus-Christ. En sorte que la sagesse consiste à aller à Jésus et à demeurer en lui. Comment cela ? Le livre des Proverbes annonce ici l’Evangile du pain de vie : " Venez manger mon pain, et boire le vin que j’ai apprêté ". Jésus nous montre l’importance de l’eucharistie, du sacrement de son Corps et de son Sang, en y faisant correspondre la vie éternelle : " Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ". Voilà la vraie sagesse : aller à Jésus en son eucharistie et y trouver la nourriture de la vie éternelle. Il est sage de vouloir vivre à jamais, dès lors que Dieu nous en promet la possibilité. Il est sage d’en prendre le moyen : la communion à l’auteur de notre salut. Cette communion, saint Jean l’exprime par le verbe " demeurer " : " Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui ". Une certaine piété eucharistique a beaucoup souligné que Jésus vient en nous à demeure pour y vivre. Cette vue est juste mais l’Evangile nous dit aussi que, dans l’usage de ce sacrement, non seulement Jésus demeure en nous mais nous demeurons aussi en Lui. Etre dans le Christ, telle est l’indispensable condition pour jouir de la joie parfaite qu’il veut pour ses frères. Il est le Chemin, la Vérité, et la Vie et nul ne parvient au Père que par Lui. Etre dans le Christ, c’est lui être vitalement uni comme le sarment au cep, c’est ne faire avec lui qu’un seul esprit, c’est régler tout notre être sur ce qu’il est et ce qu’il vit : sentir, connaître, vouloir, aimer et pardonner comme Lui, en Lui et par Lui. Voilà la transformation, lentement progressive mais très réelle, que l’eucharistie, pain de la Sagesse, réalise en nous. Que le Seigneur nous y aide.




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