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L’Alliance

Dimanche 3 septembre 2000

 

En ligne depuis le dimanche 5 novembre 2006.
 
 
Par l’Alliance, on vient de nous le rappeler, s’établit entre Dieu et sa communauté une proximité, une véritable intimité. Dieu et l’homme sont devenus des alliés, ils se sont rapprochés et unis, la lumière de Dieu a transfiguré le visage de l’homme. D’une telle proximité, d’une telle intimité le peuple de Dieu doit être le témoin au milieu des autres peuples afin de les attirer au Dieu de l’Alliance : " Quelle est la grande nation dont les dieux sont aussi proches que le Seigneur notre Dieu est aussi proche de nous chaque fois que nous l’invoquons ? " Or à quels signes les autres reconnaîtront-ils la proximité bienfaisante de Dieu ? A des rites ? à des pratiques ? Ils en ont parfois plus que nous. Un seul signe est efficace : la qualité de notre obéissance à la parole de Dieu. Une obéissance filiale, amoureuse, jalouse. Ni la peur, ni l’habitude, mais l’amour. Une religion sans amour est un contre témoignage. C’est pourquoi, nous avons à soumettre sans cesse notre religion à la critique qu’exerce sur notre vie la Parole de Dieu. L’Alliance n’est pas un système de rites fixés une fois pour toutes. Elle est une histoire d’amour. Elle se voit quand elle se vit. Aussi, l’extrait de l’épître de St. Jacques intervient aujourd’hui d’une façon fort opportune ; cette épître est certes sans envolées sublimes, son auteur vole, pour ainsi dire à ras du sol. Il n’en est que plus vigoureux pour secouer notre apathie et notre égoïsme. Mieux placé pour discerner et dénoncer avec une violence qui rappelle le prophète Amos les injustices et les scandales de la société qui se dit chrétienne. Comme Moïse, saint Jacques insiste sur la proximité de Dieu. Ne vivons-nous pas sous le régime de l’Alliance nouvelle et éternelle ! Or, Dieu est surtout proche des pauvres, des faibles, des opprimés. Sa parole retentit en nous, pour nous lancer au service des accablés. Dès qu’elle tombe sur nous elle nous projette vers les autres. D’abord, en abattant nos fausses sécurités, en coupant les amarres qui nous retiennent, casaniers que nous sommes, de prendre le large : " Devant Dieu notre Père, la manière pure et irréprochable de pratiquer la religion, c’est de venir en aide " aux défavorisés, à tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, risquent le naufrage. Dernière exigence : " se garder propre au milieu du monde ", sans compromissions secrètes ou explicites. Décidément, il n’est pas facile de " réussir la Parole de Dieu " semée en nous ! L’évangile d’aujourd’hui nous livre justement un aperçu original et profond sur cette manière pure et irréprochable de pratiquer la religion sur le " coeur " considéré comme la source de toute moralité véritable. Le fait que les disciples de Jésus ne se soient pas lavés les mains avant de manger provoque la réaction des pharisiens : " pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? ". A quoi, Jésus répond " Isaïe a fort bien prophétisé de vous, hypocrites, dans ce passage de l’Ecriture : ’ce peuple m’honore en paroles mais son coeur est loin de moi’ ". Voilà le reproche qu’encourent de sa part les observants de traditions devenues stériles, de rites sans but et sans âme. Puis, tournant le dos à ces casuistes et s’adressant à ses disciples, Jésus réagit contre une mentalité qui tend à matérialiser le bien et le mal. Car il y a une " religion " des choses, et c’est l’idolâtrie ; il existe aussi une " morale " ’chosifiée’ : c’est la morale des puritains. Avec son autorité souveraine, Jésus entend donner une autonomie propre aux choses et aux réalités profanes. Il revendique pour le bien et le mal un caractère personnel. Ce ne sont pas les choses en elles-mêmes qui sont pures ou impures mais les personnes qui les font. " Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur " Dès lors, le bien et le mal ne sont pas dans les choses, hors de nous ; ils sont en nous, ils sont la manifestation et la floraison - les fleurs du bien et les fleurs du mal - de notre propre coeur habité ou déserté par l’Esprit de Dieu. On ne peur déclarer avec plus de force que c’est la conscience et non la coutume qui fixe la valeur de nos actes. Ainsi Jésus refuse toute conception matérielle du péché. Il n’est de pureté qu’intérieure. Seule la foi purifie le coeur de l’homme. Il faut donc veiller à la limpidité de la source. Pour en assurer la transparence et la fraîcheur, un seul moyen : n’y laisser entrer que la parole de Dieu. Cet enseignement du Seigneur est tout à fait capital : la valeur spirituelle de l’homme ne saurait dépendre d’un facteur étranger. Suivant que notre coeur est habité par le péché ou par l’Esprit, il produit " les fruits de la chair " ou " le fruit de l’Esprit " (Ga 5, 19-25). La réponse du maître aux observants hargneux peut paraître cruelle. En réalité, elle est libératrice. Mais qu’elle est exigeante !




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