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Mais pour vous, qui suis-je ?

Dimanche 17 septembre 2000

 

En ligne depuis le lundi 6 novembre 2006.
 
 
Deux questions sont posées par Jésus à propos de son identité. La première vise ce qu’en disent les gens, la foule. Il passe pour être Jean-Baptiste, Elie ou quelque autre prophète. Mais Jésus interroge encore ses disciples : " Mais, pour vous, qui suis-je ? ". Question redoutable qui résonne au travers des siècles et qui engage notre expérience spirituelle. Jésus ne demande pas la récitation d’un article de catéchisme. Il s’adresse à ceux qui vivent avec lui pour qu’ils expriment ce que leur foi leur a fait découvrir de ce qu’il est. Que répondrions-nous ? : tu es le Verbe qui s’est fait chair, le Fils unique de Dieu, le Sauveur des hommes ! Que dirions-nous si Jésus insistait pour que nous nous engagions dans notre réponse : " Mais, pour vous, qui suis-je ? ". L’apôtre Pierre répond admirablement : " Tu es le Christ ". En saint Matthieu, il ajoute même : " Le Fils du Dieu vivant " et est félicité par Jésus qui lui confie les clés du Royaume des Cieux en devenant la pierre sur laquelle serait bâtie l’Eglise. La réponse est tout à fait juste : oui, Jésus est véritablement le Messie ou Christ, attendu par Israël et annoncé par les prophètes. Admirable clairvoyance de Pierre ! Et pourtant voilà que le même Pierre est admonesté, interpellé vivement par Jésus, avec une sévérité que nous ne saurions envier pour nous-même : " Passe derrière moi, Satan ! ". Pauvre Pierre, qui avait pourtant trouvé la bonne réponse ! Est-il donc aveugle ou clairvoyant ? Il a su reconnaître du Messie qui il était, et cela lui était donné par Dieu, mais non pas ce qu’il était, car là ses pensées n’étaient pas celles de Dieu mais celles des hommes. La question de Jésus était l’occasion pour celui-ci d’annoncer sa passion et sa résurrection, mais Pierre avait sans doute une autre conception du Christ. Son amour pour son maître voulait lui épargner la souffrance, tout comme une autre fois il voudra lui épargner l’abaissement par lequel il entend laver les pieds de ses disciples. Il est impressionnant de constater combien l’erreur de Pierre est celle d’un homme plein de foi et d’amour, combien elle est " bien intentionnée " et significative de sa droiture de coeur. Le contraste avec l’attitude de Jésus n’en est que plus saisissant. Tout ce que le troisième chant du Serviteur souffrant, chez le prophète Isaïe, annonce, Jésus sait qu’il lui faudra y consentir, que c’est là sa mission ; il sait même de quelle manière cela va se réaliser : " Le Fils de l’homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter ". Il n’importe pas ici que l’évangéliste puisse éventuellement projeter rétrospectivement sur les événements leur compréhension à la lumière de Pâques. La convergence entre les trois évangiles synoptiques suffit à établir que Jésus annonce sa passion et sa résurrection, en raison de la conscience qu’il a d’être celui qui accomplit les mystérieuses prophéties d’un Messie humilié, d’un roi tourné en dérision. Saint Paul parle du " trop grand amour " de Dieu en Jésus. Cette exclamation admirative donne aussi toute sa force à une autre de ses expressions : " la folie de la croix ", par opposition à la " sagesse de ce monde ". Jésus n’aurait-il pas pu nous sauver sans aller si loin, ni d’une façon aussi terrible ? Ces questions, peut-être Jésus a-t-il eu à les combattre intérieurement comme des tentations ; toujours est-il qu’il n’a eu de cesse d’affirmer que sa mission est bien telle et que c’est lucidement, librement, qu’il consent au mystérieux dessein d’amour de son Père qui donne, qui livre son propre Fils pour notre vie. Il y a plus : la croix que Pierre voudrait éviter à Jésus, il ne pourra l’éviter pour lui-même. Sa fidélité à la mission reçue de Jésus le conduira à le suivre jusque dans la mort. Jésus avertit ses disciples, d’alors, de toujours et donc de maintenant aussi, qu’il en ira toujours ainsi de ceux qui veulent venir à sa suite. Il invite à se renier soi-même et à se charger de sa croix pour le suivre, à perdre sa vie à cause de lui et de l’Evangile. Ne pourrait-on pas, pour la conduite de notre propre vie, garder l’essentiel de l’Evangile, s’en inspirer, sans avoir à y intégrer ce poids de souffrance et de mort qui nous effraie naturellement ? " Arrière, Satan ! car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ". Tout comme " il faut " que le Fils de l’homme vive cette passion qu’il annonce pour parvenir à sa résurrection, de même " il faut " que le chrétien complète en sa chair ce qui manque à la passion du Christ, pour son Corps qui est l’Eglise (Col 1, 24), qu’il soit conformé, configuré au Crucifié. Le Magistère de l’Eglise vient de publier une déclaration sur " l’unicité et l’universalité salvifique de Jésus-Christ et de l’Eglise ". Si le christianisme n’était qu’une voie parmi d’autres, elle ne serait peut-être pas la plus attirante car elle n’ouvre au bonheur du salut que par la porte étroite de la Croix. Mais si nous croyons que le nom de Jésus est le seul par lequel nous puissions être sauvés, il n’est alors de voie de fidélité qu’en repoussant la tentation d’évacuer la Croix de notre Sauveur. Que le Seigneur nous aide à porter la croix les uns des autres (Ga 6, 2) et à renouveler notre jugement pour nous transformer et nous faire discerner quelle est la volonté de Dieu (Rm 12, 2), quelles sont les pensées de Dieu, pour que la demande de nos lèvres soit à l’unisson de nos coeurs : " que ta volonté soit faite ".




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 Mais pour vous, qui suis-je ?



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