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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 26 >>   Pauvres chrétiens que nous sommes !

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Pauvres chrétiens que nous sommes !

Dimanche 1er octobre 2000

 

En ligne depuis le lundi 6 novembre 2006.
 
 
Si nous sommes réunis ce matin dans cette église, on peut, sans risque d’erreur, supposer que nous sommes chrétiens, et plus précisément " catholiques ", et même, très certainement pour la plupart " catholiques pratiquants ", du moins habituellement. Et bien, les textes que la liturgie de ce dimanche vient de nous faire entendre ne sont guère encourageants pour nous, alors qu’à certains égards nous pouvons légitimement nous considérer comme des privilégiés au plan spirituel, aujourd’hui ce qui est souligné et mis en lumière, c’est plutôt l’inconfort d’une situation qui nous offre pour seul privilège davantage d’exigences. Tout d’abord il nous est rappelé que nous n’avons pas le monopole, non seulement du Salut, mais de l’animation de l’Esprit et de son action. Dans le livre des Nombres (11, 25-29), un étrange épisode. Moïse a institué soixante-dix Anciens pour l’aider dans la conduite du peuple à un moment difficile de l’Exode. Il les a convoqués à la Tente de la Présence de Dieu. Soixante huit ont répondu à cet appel ? ce sont vraiment les " fidèles " ? et Dieu leur fait partager l’Esprit qu’il a donné à Moïse. " Dès que l’Esprit reposa sur eux, ils se mirent à prophétiser, mais cela ne dura pas. " Et voilà que les deux qui étaient restés dans le camp et n’étaient pas venus à l’Assemblée ? ils n’étaient donc pas de bons " pratiquants " ? reçoivent également l’Esprit et se mettent aussi à prophétiser... Et en plus cela semble durer ... Josué vient s’en plaindre auprès de son maître, Moïse. Dans l’évangile de Marc (9, 38 ?48), c’est encore plus fort ! Quelqu’un qui n’est même pas un disciple ? " il n’est pas de ceux qui nous suivent " ? chasse les esprits mauvais et est capable de faire des miracles. L’Apôtre Jean vient exprimer son indignation à Jésus. Les réactions de Moïse ( " Serais-tu jaloux pour moi ? Ah ! Si le Seigneur pouvait mettre son Esprit sur eux pour faire de tout son peuple un peuple de prophètes ") et de Jésus ( " Ne l’empêchez pas... Celui qui n’est pas contre nous est pour nous "), nous rappellent que l’action de la grâce déborde toutes les frontières humainement visibles ou appréhendables. Le salut est dans le Christ et Lui seul, mais il est universellement offert à tous les hommes pour former l’Eglise comme Corps mystique du Christ que contribuent à édifier toutes les actions bonnes suscitées (Mat 25), qu’on le sache ou non, par son Esprit. La seconde partie du passage d’Evangile que nous avons entendu nous atteint directement, nous mettant devant les exigences radicales de notre vocation propre de disciples fidèles du Christ. Il faut absolument se séparer de tout ce qui peut nous entraîner au péché, de tout ce qui fait obstacle à notre vie chrétienne. Il faut accepter pour prix de notre fidélité de se mutiler, se couper la main, le pied, s’arracher un oeil " car il vaut mieux entrer manchot... estropié... borgne dans le Royaume de Dieu que d’être jeté dans la géhenne. " Par ces images, Jésus signifie la radicalité de l’Evangile qu’exprime également l’épître de S. Jacques (5, 1 ?6) qui accable " les riches " : que faisons-nous de nos richesses, nos richesses de tous ordres ? Les conservons-nous pour notre confort, notre sécurité, notre vanité ? Les accumulons-nous pour nos enrichissements personnels orgueilleux et égoïste ? Ou bien sommes-nous réellement prêts à les partager pour agir d’abord selon la justice et aussi selon la charité ? Nous voilà donc voués à des amputations et des dépouillements successifs ! Voilà de quoi désespérer. Surtout que si par malheur notre conduite est occasion de scandale pour l’un de ces petits qui sont au Christ, le meilleur sort qui puisse nous être réservé est d’être jeté dans la Garonne, une lourde pierre attachée au cou ! Heureusement, la miséricorde de Dieu est là, inépuisable et inlassablement offerte. L’oraison de la messe nous le rappelait admirablement en s’adressant ainsi à Lui : " Dieu qui donnes la preuve suprême de ta puissance lorsque tu patientes et prends pitié... " Disciples du Christ, nous pouvons donc continuer à vivre et marcher avec lui, forts du secours de sa grâce miséricordieuse. Et notre mission propre est de constituer son Eglise visible, qui est comme le sacrement de son salut : ce salut offert et donné à tous, notre communauté d’Eglise l’accueille dans la foi et le proclame comme reçu de Lui et elle le lui retourne dans l’action de grâce et dans l’amour. Par l’offrande du pain et du vin, symbole de tous ses dons et de nos oeuvres, nous célébrons l’" Eucharistie ", sacrement du salut pour tous les hommes " invités au festin des noces de l’Agneau. "




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