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Ce que Dieu a uni

8 octobre 2000

 

En ligne depuis le lundi 6 novembre 2006.
 
 
"Tu connais la nouvelle ?", "Non", "Paul et Yvette ont divorcé". "Non !, Paul et Yvette ? Mais ils ont vécu !"... "Oui trente ans ensemble, et ils s’entendaient bien"... "Qu’est-ce qui s’est passé ?"... "Oh, ça n’allait plus entre eux, plus du tout, c’était devenu insupportable". Combien de fois, tristes, n’avons-nous pas entendu la nouvelle. La liste est longue des obstacles qui se dressent sur le chemin de l’amour : rythmes de vie écartelés, possibilités multiples de rencontres, caractères découverts incompatibles, ou le devenant, frustrations affectives, disharmonie sexuelle, conflits de famille, séquelles affectives antérieures irréversibles, usure du quotidien, erreur de jeunesse. Ces problèmes sont de toujours, comme on le voit dans l’évangile où dans la bouche des pharisiens il est plus question de répudiation que d’amour. Les temps sont durs pour la fidélité. Nous vivons à l’ère des accélérateurs de particules et de comportements, dans une frénésie aveugle d’appétits et d’expériences affectives et sexuelles fugitives, d’autant plus impatientes que l’intensité du bonheur de l’instant a remplacé la profondeur que donnait l’éternité chrétienne. Dans un monde du tout-technique, du virtuel, le corps est devenu ce dernier pan de nature qui fait encore rêver, où s’aperçoit encore quelque chose d’étrange et d’émouvant de l’être humain, et du Cosmos démantelé. Avec l’effondrement de toute transcendance, laïque ou religieuse, le moi est devenu son propre dieu. Nous vivons le siècle de l’arrivisme de l’égo, des sacro-saints droits de l’individu, libre de son corps, du droit d’en disposer comme il veut mais, au fond, bête comme une île sans pont. Les arcanes du plaisir et des affects ont été, croit-on, découverts : l’amour n’est qu’un hasard, un échauffement hormonal, une électrisation, tôt ou tard une électrocution, une belle et festive fatalité (Cf. " Les particules élémentaires ", Houellebecq). Dans ce contexte, que peut bien vouloir encore dire la parole de Jésus ? Il croit au miracle, lui ! Poétiquement en créateur, il remonte à bien plus loin que notre boue, notre besogne. Il nous fait remonter le fleuve du désir, obscur et torrentueux, jusqu’à la source. Tout amour, comme une eau de montagne, vient de plus loin que lui-même, l’homme qui l’éprouve n’est pas sa mesure. Avant que tu aimes, bien avant que tu étreignes, l’amour qui te traverse était un dessein, le dessein de Dieu en personne. Souviens t’en, dit Jésus, si tu ne veux pas le réduire à son impétuosité. Il ne se commande pas, ne se légifère pas, comme on dit "l’amour, ça ne se commande pas", mais il est entre les époux cette loi de liberté qui fait de la fidélité une loi. Dans sa réponse aux pharisiens, dépassant Moïse et nos arrangements, Jésus en appelle de la parole qui permet le divorce à la parole qui fonde le mariage. Quand l’amour n’est plus que l’ombre de lui-même, il rajeunit notre mémoire, nous dit que l’amour est immémorial, qu’il ne faudrait pas l’oublier. "Et les deux ne feront qu’une seule chair", frères, c’est à entendre ainsi : et les deux feront de leur amour, de leurs différences une seule et même création, car l’amour est création. Homme et femme sont égaux en ingéniosité. Ingénus, ils devraient rivaliser de liberté et de respect mutuel, comme Dieu lui-même, puisque homme et femme, mâle et femelle sont à son image, et que Dieu est Amour. Dans cette vie prosaïque, son fracas d’échecs, Jésus remonte à la consonance perdue. Dans l’évangile de Matthieu, les disciples rétorquent à Jésus : "Si telle est la condition de l’homme envers sa femme, il n’y a pas intérêt à se marier". Jésus a cette réponse : "Tous ne comprennent pas ce langage, mais seulement ceux à qui c’est donné" (Mt 19, 10-11). Plus haute est l’exigence, plus vaste doit donc être la compassion, la compréhension des situations. Ce que dit Jésus de l’amour conjugal est une cime, cette cime est notre centre, notre centre perdu. Le même Jésus qui nous rappelle l’origine de tout amour accueille la samaritaine aux sept maris, la pécheresse publique - expression réemployée par le récent document romain au sujet des divorcés remariés. Ne transformons pas l’intention, le dessein de Dieu en une loi frigide et accusatrice, qui séparerait les bons d’un côté , les mauvais de l’autre. Si un couple déchiré vient vers toi, si tu sais que chacun refait sa vie de son côté, parce qu’il faut vivre, parce que la solitude est trop lourde, ne te montre pas moins humain que les hommes, montre-toi surtout plus frère que jamais.




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