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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 28 >>   Le trou de l’aiguille

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Le trou de l’aiguille

Dimanche 15 octobre 2000

 

En ligne depuis le lundi 6 novembre 2006.
 
 
Très éclairante cette rencontre de Jésus avec celui qu’on appelle "l’homme riche" ! Il s’agit d’un homme très sympathique, d’un fils d’Israël, très fidèle à pratiquer la loi de Moïse. Il a entendu parler de Jésus, il a été attiré par ce que Jésus dit et fait, il l’aborde comme on aborde Dieu lui-même : "il se met à genoux". Il pose alors à Jésus la question essentielle : "Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ?" Entendons : "Que dois-je faire là où j’en suis, pour que ma vie prenne son poids d’éternité, pour qu’elle soit réussie, de cette réussite que Dieu lui veut ?" Jésus répond en prenant l’homme là où il en est : "Tu connais les commandements : (de la loi de Moïse !)", c’est-à-dire essentiellement le Décalogue. Depuis sa jeunesse, cet homme est fidèle à pratiquer le Décalogue. Alors, Jésus pose sur lui un regard plein d’amour et lui dit : "Il te manque une chose." Si on arrête là un instant le dialogue, on peut imaginer l’homme se disant : "Tiens, j’ai déjà beaucoup de biens matériels, spirituels. Mais il y a quelque chose d’important que je n’ai pas encore ; Jésus va me dire quoi". Cet homme pense en termes d’avoir. Or ce qui lui manque ce n’est pas quelque chose qu’il n’a pas encore, c’est de donner ce qu’il a déjà. "Il te manque une chose : va, vends ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel, puis viens et suis moi". Jésus, par amour, veut introduire le juif à la Nouvelle Alliance. Mais l’homme "s’en alla tout triste car il avait de grands biens". Il est encombré, enchaîné, ligoté, paralysé par ses richesses. Il y a là un rapprochement à faire avec la parabole que nous rapporte l’Evangile selon S. Luc (chap.18) : "Deux hommes montèrent au Temple pour prier, l’un était pharisien, l’autre publicain !" Le pharisien est un juif fidèle, mais il est plein de lui-même, si plein que Dieu, qui voudrait se donner à lui, ne peut pas entrer en lui. Le publicain, au contraire, ce pécheur public est creux et son vide appelle Dieu, qui trouve en lui toute la place : "Seigneur, aie pitié de moi, pécheur". C’est lui qui revint "justifié", c’est-à-dire ajusté à Dieu. Qu’est-ce que Dieu veut nous dire là ? Il s’agit pour nous de nous désencombrer ; il s’agit de vivre les mains ouvertes : une main fermée est un poing, parfois une griffe ! Il s’agit de gérer nos avoirs (en tous genres : matériels, moraux, spirituels..) selon l’esprit de l’Evangile, dans la ligne de la première béatitude (cf. le verset de l’Alléluia qui a précédé la lecture de notre page d’évangile aujourd’hui). Gérer nos avoirs, mais aussi nos manques. Il s’agit d’aimer d’amour qui donne et non pas d’amour qui prend ; on est riche de ce qu’on donne. Seul reçoit celui qui garde les mains ouvertes pour donner. Il s’agit d’être, plus que d’avoir. "Impossible !", direz-vous ! Oui, impossible avec nos propres forces, mais possible avec Dieu. C’est Dieu qui, à travers tout ce que nous avons à vivre, creuse sa propre place en nous et nous comble de sa Vie, de son Bonheur. Seul Dieu peut nous faire passer par "le trou de l’aiguille", par "la porte étroite" qui introduit au Royaume. Alors, vraiment notre vie prend son poids d’éternité.




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 Le trou de l’aiguille



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