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Mon Dieu, je crois en vous pour ceux qui ne croient pas

23 février 2003

 

En ligne depuis le dimanche 4 février 2007.
 
 

Mon Dieu, je crois en vous pour ceux qui ne croient pas, je vous adore pour ceux qui n’adorent pas, j’espère en vous pour ceux qui n’espèrent pas, je vous aime pour ceux qui ne vous aiment pas. Cette prière monte-t-elle d’un cœur hautain et méprisant, convaincu de sa différence et de sa supériorité ? Bien au contraire, je crois que cette prière vient davantage d’un cœur, pour reprendre les paroles de la deuxième lecture, d’un cœur dans lequel Dieu a mis sa marque, un cœur à qui il a fait une première avance sur ses dons : l’Esprit-Saint qui habite en nos cœurs.

Ce cœur est certes convaincu mais convaincu d’avoir reçu le salut et qui désire que ce salut soit un jour possédé personnellement par chacun et veut contribuer au salut de chacun. Par salut, il faut d’abord entendre le salut éternel mais aussi le salut au quotidien, les prémices, les premiers fruits de la vie éternelle que sont la foi, l’espérance et la charité vécues ici bas ; ces trois dons de Dieu qui soulagent et consolent jour après jour. Qui vivant de ces trois dons ne les souhaiterait pas à son prochain ?

Cette prière est fondée dans l’amour le plus haut : celui qui fait aimer les autres comme soi-même, l’amour qui veut pour autrui l’amour de Dieu que lui-même a reçu. Cette prière va même jusqu’à paraître encore indécente et dire encore : « Mon Dieu, avec tous ceux qui en ont la force, je porte ceux qui ne peuvent plus marcher ». C’est là la foi des quatre hommes qui dans l’évangile d’aujourd’hui portent le paralysé. Que deviendra en effet celui qui comme le paralysé de l’évangile ne fera pas le premier pas vers Dieu ? Il y a ceux qui ne peuvent pas, parce qu’ils sont empêtrés, comme paralysés dans les affres conjugales, familiales, sociales, économiques ou judiciaires de telle sorte qu’ils n’en peuvent plus ; le secours de la foi semble au-delà de leur force. Ces paralysés de toutes sortes se demandent comment ils pourraient accéder à Dieu et se réconcilier avec lui alors que la foule des bien portants, ceux qui ont les faveurs divines, les précèdent toujours, ont toujours une longueur d’avance ? Et bien si le paralysé de la foi ne peut s’aider lui-même alors les autres croyants le porteront dans la foi : ils croiront pour lui, leur prière fera une ouverture dans le ciel tout comme ils ont ouvert le toit . Et Jésus, comme dans l’Evangile de ce jour, voyant leur foi, dira : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés ». Ainsi donc le paralysé de l’Evangile se voit pardonner de ses péchés parce que des croyants ont cru pour lui. Lui, invalide qu’il était, ne pouvait se présenter au Christ : et bien, des croyants l’ont présenté au Christ. Ces croyants ont suppléé à la foi défaillante de leur frère.

Cette attitude dans la foi est ce qu’on peut appeler une œuvre de suppléance ; elle consiste à prendre sur soi ce qui manque de vie chrétienne à son frère, de rendre cette abondance de vie à Dieu pour qu’il la distribue largement. Cette suppléance donne un autre goût à la prière, lui élargit son horizon. La prière insistante et inquiète n’est plus limitée à l’échéance « Seigneur quand me donneras-tu ce que je te demande ? » mais elle oriente à mieux vivre des dons de Dieu pour mieux les partager. Cette œuvre au bénéfice d’autrui, c’est à la fois sa force et sa délicatesse, est réalisée sans pression d’aucune sorte, sans forcer les consciences d’autrui.

Il s’agit de voir ici le mystère de la participation que chaque homme peut et doit au salut de son prochain. Ainsi sauvé, l’homme est appelé à être dans le Christ un sauveur. Le salut est d’abord une réalité personnelle. On ne peut croire, espérer et aimer à la place de quiconque. Mais l’union de tout fidèle au Christ donne au fidèle, en vertu des dons reçus, une puissance infinie. Tout acte fait par amour de charité nous unit au Christ et de cette proximité naît une participation au Christ, source unique de toutes les grâces. Nos actes de foi, d’espérance et de charité représentent une valeur aux yeux du Christ. Justement, comme dans l’évangile d’aujourd’hui, ces actes peuvent profiter à autrui. En conséquence, plus nous sommes proches du Christ, plus nous pouvons avoir une influence sur la communication de la grâce. Il doit être bien entendu que notre foi ne peut, par exemple, faire croire malgré l’autre, mais peut favoriser la réception de la grâce de tel bienfait ou de tel progrès spirituel. Le Christ accorde alors à ses amis que telle grâce soit proposée à telle personne.

Nous sommes ici face à l’intime de la vie du Corps mystique, à la mission universelle de l’Eglise à laquelle chacun se doit de participer ; nous sommes encore ici face à la communion des saints, à ces relations vitales et mystérieuses entre ses membres. C’est en cela que le salut d’autrui peut aussi dépendre de chacun. Il faut oser le croire, croire être un sauveur dans le Christ de son prochain. Ce n’est pas moins incroyable que de dire : Lève-toi, prends ton grabat et rentre chez toi. Amen.




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 Mon Dieu, je crois en vous pour ceux qui ne croient pas



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