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Les amis de Jésus mangent

2 mars 2003

 

En ligne depuis le dimanche 4 février 2007.
 
 

Les disciples de Jésus mangent. Et le carême commence dans quatre jours. Pour ce midi pas de problème : nous pourrons manger un bon cassoulet au confit de canard ; mais pour mercredi : steak-frites ou bol de riz ? Cette grave question se pose, car dans l’Evangile, les amis de Jésus mangent, et les ennemis de Jésus jeûnent.

« Pourquoi les disciples ne jeûnent-ils pas ? » L’indulgent dira en son cœur : les disciples sont incapables de supporter le joug rigoureux de la loi du jeûne. Alors Jésus les laisse manger, car il est écrit : « le règne de Dieu n’est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix, joie dans l’Esprit Saint. » (Rm. 14, 17). L’indulgent ne se trompe pas. Et pourtant, il est dit : « les disciples ne peuvent pas jeûner ». Les disciples sont comme pressés de manger, ils y sont pour ainsi dire obligés : ils doivent manger. Car « l’époux est avec eux. » (Mc. 2, 19). Car l’Epoux vit au milieu d’eux. L’Epoux est descendu jusqu’à eux. L’Epoux s’est fait nourriture pour eux de sorte que jeûner serait non seulement un non sens, mais une folie. Car jeûner du pain de vie, c’est se condamner à mourir . Car l’Epoux est nourriture de Vie. « Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie Eternelle » (Jn. 6, 54) « A vin nouveau outres neuves. »

« Pourquoi les disciples ne jeûnent-ils pas ? ». L’audacieux dira en son cœur : « Car les disciples ne sont que de faibles hommes. Ce n’est ni dans l’abstinence ni dans les efforts qu’adviendra leur salut car au fond « c’est par sa grâce que nous sommes sauvés » (Eph. 2, 5). L’audacieux n’a pas tort. Et pourtant il est dit, « viendront des jours où l’époux leur sera enlevé et alors ils jeûneront. » Au dernier repas, « alors que déjà le diable avait mis au cœur de Judas le dessein de le livrer » (Jn. 13, 2), Jésus « trempant la bouchée (...) la donna à Judas » (Jn. 13, 26). « Après la Bouchée, nous dit l’Evangéliste, Satan entra en lui » (Jn. 13, 27). Judas avait mangé sa mort. Jésus était là à côté de Judas, mais Judas n’était plus du côté de Jésus. N’aurait-il pas dû jeûner celui-là au moment terrible où l’Epoux n’était plus avec lui ? « Personne ne coud une pièce de drap non foulé à un vieux vêtement ; autrement, la pièce neuve tire sur le vieux vêtement et la déchirure s’aggrave. » (Mc. 2, 21) « Revenez à moi de tout votre cœur dans le jeûne, les pleurs et les cris de deuil » (Jl 2, 12).

Pourquoi les disciples ne jeûnent-ils pas ? Et dans son coeur le sage dira : les disciples sont des bons vivants, des fines bouches, des gourmets. Et la nourriture était si délicieuse, si séduisante à voir qu’ils ne purent jeûner. D’ailleurs, au commencement, « YWVH Dieu fit à l’homme ce commandement : « tu peux manger de tous les arbres du jardin » (Gn. 2, 16). Le sage dit vrai. Pourtant, Adam, lui aussi, avait mangé un fruit tout aussi délicieux et séduisant à voir. Et depuis sa désobéissance, l’homme ne peut plus manger le fruit de l’arbre de la vie. Depuis sa désobéissance, le peuple de la Loi doit jeûner, doit s’abstenir de tous les arbres du jardin pour se souvenir que seul Dieu donne le fruit de vie. Le peuple de l’Exode jeûne pour comprendre jusque dans son estomac que tout est don de Dieu. Et même le pain.

A nous aussi qui pourtant goûtons aux délices de sa chair et de son sang, l’époux demandera de jeûner. Pour comprendre que tout est don. Que l’eucharistie est un cadeau. Et un cadeau n’est jamais dû. Ce fruit de vie ne nous est pas dû. Jeûner, c’est donc découvrir jusque dans notre estomac que Dieu ne nous doit ni la vie, ni la Vie Eternelle. Mais ce don est un cadeau, ce don est une pure grâce : « Heureux les invités au festin des noces de l’Agneau » (Apoc. 19, 9). « Voici l’Epoux qui vient venez à sa rencontre. » (Matt. 25, 6) Amen




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