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L’entraînement du carême

5 mars 2003

 

En ligne depuis le dimanche 4 février 2007.
 
 

Au début de chaque carême, nous nous demandons ce que nous allons pouvoir bien faire pour ne pas gâcher ce temps que le Seigneur nous donne pour accueillir sa miséricorde.

Et notre premier réflexe est de nous demander de quoi nous allons pouvoir nous priver. Selon les psychologies de chacun, nous envisageons des mesures draconiennes de privations que nous culpabiliserons ensuite de n’avoir pas tenues ! Ou au contraire, peut-être par peur de manquer, nous ne envisageons de ne rien au risque, là encore, de culpabiliser de n’avoir rien fait. On n’y peut rien ! Nous sommes comme ça !

Pour ce qui est de ces question de manger et de jeûne, je n’y reviendrai pas et vous renvoie à la prédication du frère Paul-Marie, dimanche dernier.

Je vous propose une autre piste pour nous tenir en éveil durant ces longs quarante jours et pour que la nouvelle de la Résurrection de Jésus nous trouve prêts à l’accueillir.

Voici cette piste : ne rien faire en négatif, mais tout faire en positif !

Autrement dit changer notre regard sur ce que le Seigneur nous demande et que nous avons toujours tendance à déformer. Ainsi nous dire et nous redire que le Seigneur veut moins nous punir qu’il ne veut nous sauver, ce qu’il répète sans cesse. Et nous-mêmes, nous devons moins viser à nous priver, pour nous priver, ce qui n’est pas très positif, qu’à accueillir l’amour dont Dieu nous aime. Le Seigneur n’attend pas tant de nous que nous fassions des exploits dans le jeûne et les privations, au risque de la vanité voire de l’orgueil, qu’il n’attend que nous lui fassions confiance pour nous combler de ce dont nous avons réellement besoin.

Laissons-nous combler par le Seigneur qui sait, mieux que nous, ce dont nous avons besoin !

De même dans nos relations les uns avec les autres, n’avons-nous pas tendance à voir ce qui ne va pas, ce qui est négatif dans le comportement des autres, ce qu’ils devraient corriger ?

Et si, pendant ce carême nous prenions la ferme résolution de fermer nos yeux et nos cœurs et surtout notre bouche à voir et à dire ce qui ne va pas, pour ne relever que ce qui est bon, ce qui mérite louange, ce qui est peut-être le fruit d’un immense effort dans le comportement de mon frère ou de mon conjoint ! Attitude que nous souhaitons que les autres aient à notre égard !

Quelle révolution dans nos relations fraternelles ou conjugales et familiales, et même sociales.

Que les époux portent l’un sur l’autre un regard bienveillant, qu’ils retrouvent leur regard de fiancés. Que les enfants regardent leurs frères et sœurs et aussi leurs parents avec le regard de Jésus. Et aussi les parents sur leurs enfants, même s’ils sont bien énervants pour ne pas dire parfois proprement insupportables.

Et ainsi de suite, de personne en personne, par cercles concentriques autour de nous... Demandons au Seigneur la grâce d’une attitude positive en tous domaines. Demandons-lui de faire de notre carême un entraînement intense à la paix, comme d’autres s’entraînent avec acharnement à la guerre.

Mais pour ce faire, nos forces ne suffisent pas. Ce serait négatif que de s’en remettre à elles. Nous devons résolument puiser dans le Seigneur la force dont nous avons besoin. Pour cela je vous donne deux indications et l’Esprit-Saint suggèrera à vos cœurs d’autres idées.

D’abord vous nourrir chaque jour d’un morceau du pain de la parole. Sans ce pain, vous dépéririez. Avec une simple bouchée par jour, vous vivrez.

Donne-nous aujourd’hui, notre pain de ce jour !

Prenez un livre du Nouveau Testament, un évangile ou une épître, et chaque jour lisez trois versets, en lecture continue. Mémorisez-les si vous le pouvez. Remâchez-les toute la journée, au risque de paraître bêta aux yeux de vos collègues de travail. Et s’il vous demandent : Qu’est-ce que tu marmonnes ? Ne répondez pas : je prie, mais citez les versets en question. La Parole parlera à votre place, comme Jésus l’a promis. Effet garanti.

Soyez comme un bœuf qui rumine et repasse d’un estomac à l’autre la bonne nourriture qu’il a broutée. Et si vous jeûnez, n’oubliez pas de remplacer ce que vous ne mangerez pas (pour le donner à celui qui a faim) par une bouchée de pain de la parole.

C’est simple. C’est positif. C’est nourrissant.

Ensuite dans le domaine de la prière. Vous avez la chance d’avoir ici une communauté de religieux qui prient en commun quatre fois par jour. Comment se fait-il que si peu de fidèles se joignent à cette prière, qui est la prière de l’Eglise ? La vie est-elle donc si prenante ? A-t-on si peu besoin d’être aidé ?

En tous cas, sachez que la liturgie du carême est d’une richesse incomparable. Nous savons par expérience combien elle nous stimule et nous soutient pendant ces quarante jours. Comment pourrions-nous tenir avec seulement la messe du dimanche ? Et encore si tant est que cette messe soit ce qu’elle doit être. Alors que tant de richesses sont à notre portée dans la divine liturgie !

Comment penser que l’on peut tout seul tenir le coup dans la prière pendant quarante jours, ce qui est si difficile, même pour des gens entraînés ? Et dire que des fleuves d’eau vive coulent en abondance et se perdent dans le désert des églises vides. Venez puiser aux sources de la vie !

Voilà une seconde attitude positive qui vous comblera de joie et qui transformera notre carême.

Et le carême ne sera plus pour nous ce temps terrible où il faut se priver mais ce temps béni où Dieu vient nous combler.

Amen !




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