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Accueil >> Carême >> Semaine 3 >>   La source d’eau jaillissant en Vie éternelle (Jn 4,14)

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La source d’eau jaillissant en Vie éternelle (Jn 4,14)

23 mars 2003

 

En ligne depuis le dimanche 4 février 2007.
 
 

Il est des lieux en Israël si riches d’histoire qu’il est impossible aujourd’hui d’en bien deviner le mystère. Chaque pierre, chaque source, chaque colline et vallée dévoilent le sens de l’histoire sainte, si bien que chaque lieu de l’espace fait signe à l’Alliance de Dieu et des hommes, l’En-Haut du ciel et les profondeurs cachées d’où jaillira un univers nouveau.

Comme la Sainte Sion, Jérusalem, ses collines et ses sources, Sichem est par excellence un lieu de révélation. L’Evangile de la vraie adoration en esprit et vérité est annoncé aujourd’hui en ce lieu où s’arrête Jésus, fatigué par la route, au plein midi. Monts et vallée servent d’écrin pour cette révélation, c’est pourquoi ce lieu et l’évangile sont en accord profond.

La Sichem du 4ème Millénaire avant le Christ, c’est le lieu saint du chêne de Moré où le Seigneur apparut à Abraham, puis de là, il partit pour l’Egypte. Sichem fut la halte de Jacob, lorsqu’il revint des pays « araméens » ; c’est là qu’il construisit l’autel consacré à El, Dieu d’Israël ; il acquit le champ où se trouve le puits. Joseph y fut enterré puis Sichem fut le premier événement du renouvellement d’Alliance lorsque Josué parvint en terre promise. Lieu de révélation, lieu de confirmation de la foi, mais aussi lieu de contradiction, de jugement. On se souvient que Moïse de l’autre côté du Jourdain, prophétisa que la Vallée profonde d’où jaillit la source sépare symboliquement deux lieux, deux montagnes où se disputent lumière et ténèbre, bénédiction et malédiction. Le Garizim d’un côté est la montagne de la bénédiction, Ebal, de l’autre, la malédiction.

De fait, au moment où Jésus fait halte, c’est le signe de la contradiction et d’opposition qui paraît le seul présent - Samarie, la terre de Jacob, de Joseph fut aussi le premier lieu d’où furent déportés les israélites vers la lointaine Assyrie. De nouvelles populations y furent transplantées avec leurs cinq dieux, leur culte, leur histoire religieuse, en l’occurrence celle des dieux et des déesses de la mort et des enfers. Enfin, au moment de l’exil, les Samaritains usurpèrent les traditions israélites du sud, de Juda, des « Juifs ». Leur Dieu majeur devint celui de Juda, et tout ce que l’on disait de Moïse et de Jérusalem, fut rattaché au culte de la montagne du Garizim. Les Samaritains avaient leur Torah, mais pas, semble-t-il les « prophètes » ; ils attendaient la venue d’un prophète restaurateur, le Taheb, qui révélera la Vérité comme Moïse.

Or, c’est à une femme de ce lieu que Jésus désire faire le don de l’eau vive, jaillie non des profondeurs de la mort, mais de sa Vie éternelle. Cette femme devient pour nous une figure de l’Eglise, aspirant à vivre en plénitude, par delà les lieux, et par delà une histoire, le culte des adorateurs en Esprit et Vérité.

La Samaritaine n’est-elle pas chacun, chacune d’entre nous ?

Jésus nous révèle que la vraie Vie jaillit du côté ouvert, ce sera le don de l’Esprit le Vendredi de la croix ; Jésus nous révèle que cette source est aussi en nous, jaillissante en vie éternelle.

Notre combat spirituel, dans le désert de nos vies, est de faire la part de ce qui est vie, et de ce qui nous plonge dans la mort, l’eau de nos citernes fissurées. C’est le seul grand combat auquel nous pouvons nous livrer, car la victoire n’est jamais assurée. Mais c’est dans la Vérité du Christ et dans l’Esprit que nous adorons la Source ultime, celle du Père.

« Le Christ n’est pas venu vers nous en vainqueur, mais en suppliant ; il est réfugié en nous sous notre garde et nous répondons de lui devant son Père » (Bernanos).




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 La source d’eau jaillissant en Vie éternelle (Jn 4,14)



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