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Lazare : quand Dieu a pleuré dans notre chair

6 avril 2003

 

En ligne depuis le dimanche 4 février 2007.
 
 

C’est quoi toute cette mise en scène avec des déplacements, des supplications, des larmes ; tout ce drame autour de Lazare, ça rime à quoi ? Jésus est Dieu, nous en sommes tous d’accord, frères et sœurs, nous le confessons, voilà notre foi : Jésus est Seigneur. Jésus n’avait qu’à guérir son ami Lazare et on n’en parle plus. Il n’avait qu’à vouloir. Guérir les malades, c’était si simple pour lui. Guérir, c’est si simple quand on est Dieu.

Mais alors, pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Pourquoi différer la joie d’être bon ? Est-ce que Jésus joue avec la détresse de ses amis ? Regardons les trois parties de notre Evangile de ce jour :

(Jésus est hors de Judée) « Seigneur, celui que tu aimes est malade » annonce le messager de Marthe et Marie. Quel ami attendrait ? Quel ami resterait là ? « Cette maladie est pour la gloire de Dieu » répond Jésus. Et il ne bouge pas, pendant deux jours. Lazare meurt quand Jésus reste là. Marthe et Marie enterrent leur frère. Et Jésus reste là. Toute cette souffrance pour rien puisqu’il va ressusciter Lazare. Où est la gloire de Dieu ?

Et puis, au bout de deux jours, Jésus dit aux disciples : « allons en Judée ». La mort les attend, les disciples le savent. Thomas le jumeau est résigné : « allons, nous aussi, mourir avec lui ». C’est facile quand on est Dieu d’exposer sa vie : où est le risque quand on sait qu’on ressuscitera ? Mais pour les disciples, la mort est au bout de la route. Est-ce cela la gloire de Dieu ? Entraîner ses amis à la mort ?

(Sur la route de Jérusalem) Marthe vient à la rencontre de Jésus. « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ! ». Le cri de la confiance éprouvée. « Si tu avais voulu, Seigneur... » Il suffisait de la consoler, de lui dire : « n’aie crainte, c’est pour cela que je viens, pour ressusciter Lazare, maintenant ». Mais au lieu de cela, Jésus répond dans le vague : « oui, ton frère ressuscitera, mais crois-tu en moi ? ». Qu’avait-il besoin d’éprouver la foi de Marthe ? Est-ce cela la gloire de Dieu, de plonger Marthe dans la détresse pour qu’elle confesse la foi au Christ ?

(Jésus à Béthanie) Jésus arrive à Béthanie. Il voit Marie pleurer, et avec elle les juifs qui l’accompagnaient. Et alors Jésus frémit en son esprit et se troubla : « où l’avez-vous mis ? » Il voit. Et il pleure. Jésus pleure un ami. Il pleure ce qui est perdu. Il pleure au milieu de la détresse des hommes. Il pleure comme s’il était impuissant. Où est-il le Messie attendu, le Roi puissant, le Bon pasteur d’Israël ? Où est-il le Dieu fort qui fit traverser la Mer Rouge à son Peuple ?

Il est là et il pleure. Il pleure la mort de celui qu’il va ressusciter.

Alors les juifs : « voyez comme il l’aimait ».

Serait-ce pour cela que Jésus a attendu la mort de Lazare ? Serait-ce pour que les juifs voient combien Jésus aimait son ami, pour que les juifs sachent que c’est par amour pour Lazare qu’il le ressuscite ?

Les larmes montrent l’amour, la résurrection montre la gloire.

Les juifs ne pouvaient comprendre la résurrection sans les larmes. Les juifs ne pouvaient voir la gloire sans les larmes, sans les larmes d’amour. Alors Jésus a voulu pleurer au milieu d’eux, pour qu’ils voient la gloire. Pourtant, comme il a dû souffrir de devoir attendre, de patienter pour que l’homme comprenne. Jésus a voulu pleurer parce que, étant Dieu, il voulait révéler son amour. Avez-vous compris, frères et sœurs, avez-vous compris que l’histoire de Lazare, c’est l’histoire d’Israël ?

L’histoire de Lazare, c’est l’histoire d’Israël.

Le premier temps, c’est le temps de la maladie qui mène à la mort. Et cette maladie, c’est le péché. Mais Dieu l’annonce : le péché n’est pas pour la mort de l’homme mais pour la gloire de Dieu. Dieu sauvera son Peuple. Il lui redonnera la vie. Alors, Dieu emmène avec lui son peuple au désert pour parler à son cœur.

C’est le deuxième temps, le temps du chemin. Et au milieu du chemin, Marthe, et Marthe c’est la foi d’Israël, Marthe rencontre Dieu. Israël fait monter sa supplication vers Dieu : « Seigneur, si tu voulais... » Et Dieu répond : « aie foi en moi. Quiconque croit en moi, même s’il meurt, vivra. Le crois-tu ? » Le deuxième temps, c’est le temps de la Promesse, où Dieu demande à son Peuple sa confiance.

Alors vient le troisième temps, le temps de l’accomplissement de la Promesse. Marie, et Marie c’est l’espérance d’Israël, Marie rencontre Dieu. Et Israël supplie à nouveau : « Seigneur, si tu avais été là... »

Mais quelque chose change : Dieu se fait homme pour venir partager la douleur de son Peuple. Dieu-fait-homme pleure avec son Peuple. Alors le Peuple comprend que Dieu l’aime, que Dieu n’a jamais cessé de l’aimer : quel Dieu s’est fait aussi proche de nous que notre Dieu, qui vient pleurer sur notre mort, qui s’approche de notre tombeau, qui brise la mort pour nous ressusciter ? La foi n’est plus seulement une confiance, elle devient connaissance du cœur de Dieu, du mystère de Dieu. Par les larmes du Christ, nous avons accès à la prière du Christ, nous pouvons redire la prière du Christ à son Père : « Père, je te rends grâce de m’avoir écouté, je sais que tu m’écoutes toujours ».

Mais alors, frères et sœurs, l’histoire de Lazare n’est pas seulement l’histoire d’Israël, mais notre propre histoire. La résurrection de Lazare, c’est notre propre résurrection.

A une condition toutefois, c’est que nous nous reconnaissions malades. Que chacun se le dise : s’il ne se reconnaît pas malade, ça ne sert à rien de venir la semaine prochaine, il ne comprendra pas. En ce 28e jour de notre Carême, envoyons à nouveau un messager à Jésus : « Seigneur, ton ami est malade ». Envoyons notre foi au devant du Seigneur comme une nouvelle Marthe : « Je crois que tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Envoyons notre espérance, comme une nouvelle Marie, qu’elle se mette à genoux devant son Sauveur : « Seigneur, si tu voulais... » Comme les juifs rassemblés autour du tombeau de Lazare, rassemblons notre cœur autour du tombeau intérieur de notre péché et regardons le Christ, sa douleur face à notre repentir, ses larmes devant tout ce qui est mort en nous. Il a pleuré par amour de moi. Il a souffert dans sa chair pour moi. Il a donné sa vie pour moi. Qui fut jamais aussi proche ? Qui fut jamais aussi compatissant ? Qui a jamais autant désiré que je vive ? « Seigneur, ton ami est malade. Viens, viens pleurer en lui, et au milieu de sa nuit un cri se fera entendre : relève-toi d’entre les morts, sois délié de ton péché. » Tes larmes sont ma résurrection, ta douleur est pour ma gloire. Seigneur Jésus.




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