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La fête des veuves

Dimanche 12 Novembre 2000

 

En ligne depuis le dimanche 11 février 2007.
 
 
Nous aimons bien la fête des mères. Et aussi celle des pères, puisque notre reconnaissance doit être équitable. Baptiser le dimanche d’ aujourd’hui "fête des veuves" serait une nouveauté. Ce serait tout bénéfice pour nous comme le prouvent les lectures de cette Eucharistie. Dieu lui-même serait content, car il a une prédilection pour les veuves comme pour les orphelins et les pauvres. La Bible offre de nombreux passages qui nous invitent à porter notre sollicitude envers les veuves et les orphelins. Ils y représentent souvent l’être sans appui et sans ressources, les pauvres par excellence. Les récits que nous venons d’entendre nous présentent les veuves fort heureusement sous un aspect spécial : poussées par leur foi, elles vont jusqu’à donner le peu qui leur reste ; elles sacrifient le nécessaire et deviennent ainsi les modèles de la foi et de l’espérance. Qui n’est ému en écoutant l’histoire de la veuve de Sarepta, une libanaise de la côte phénicienne entre Tyr et Sidon. ! Même en plein monde païen, la veuve est une des privilégiées de Dieu. Elle est choisie par Dieu pour une mission de générosité. Elle est celle que l’épreuve affermit dans la foi, celle qui a atteint par sa douleur les rives d’un monde plus serein. Son épreuve qui ne peut être sinon dépassée, du moins assimilée que par une remise totale de soi-même à Dieu, est comme une invitation à approfondir et à purifier la foi. Maîtrisant alors, peu à peu et non sans des hauts et des bas, les doutes et le désarroi qui ont envahi sont être après la disparition de celui qui fut " le centre de son affection", la veuve devient pour nous le visage de la foi. Et à celles que nous connaissons ou qui sont parmi nous, nous disons notre reconnaissance. Quant à l’histoire de l’obole de la veuve dans le temple de Jérusalem, elle est d’abord révélatrice d’un trait de l’humanité de Jésus : son attention, l’intérêt qu’il porte à ce qui se passe autour de lui ! Il n’est pas de ces êtres hautains, distraits, absorbés par leurs comptes ou leurs songes. Le voici sur l’esplanade du temple, assis sur une des marches de l’escalier semi-circulaire qui conduit au parvis des juifs. Il regarde sur sa gauche vers la salle dite du Trésor, le long de laquelle se trouvent les troncs pour les offrandes des fidèles. Rien n’échappe à Jésus du geste discret d’une "pauvre veuve". Il a même remarqué ce qu’elle a versé : deux petites pièces. Il a surtout vu son âme comme il avait vu celle de Nathanaël sous le figuier de Cana et celle du petit Zachée sur son sycomore de Jéricho. Tel est bien Jésus : un homme parmi les hommes, devenu l’un de nous mais devenu plus attentif que nous aux autres, simple sans effort, sensible à tout ce qui est humain, prompt à s’émouvoir, à admirer, comme parfois à s’indigner. Son regard ne s’arrête pas aux apparences : il fouille les coeurs. Les longues prières vaniteuses des hypocrites ne le trompent pas, ni les sonores aumônes des prétentieux. Il sait ce qu’il y a dans le coeur des hommes. La remarque que fait Jésus est étrange : "cette pauvre veuve, dit-il, a mis dans le tronc plus que tout le monde" Curieuse façon de compter, de quoi désespérer tous les faiseurs de quêtes s’ils n’avaient que de pauvres veuves ! Jésus s’explique mais non sur le plan comptable. Les autres ont donné de leur superflu, tandis que cette veuve a donné de son indigence. Et Jésus d’insister : "elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre" C’est à cette absence de calcul que se connaît le vrai amour. Qui calcule, aime-t-il ? Le vrai amour ignore tout calcul et toute mesure. On pourrait s’étonner que Jésus n’ait pas abordé cette veuve pour en faire une chrétienne. Mais, ne l’était-elle pas déjà ? Le joug des pharisiens n’avait pas pesé sur elle. Elle vivait Dieu. Elle respirait Dieu. Elle ne s’est même pas demandé à quoi serviraient ses deux sous ! C’est à Dieu qu’elle a tout donné. Tout ce qu’elle avait. Tout ce qu’elle était. Elle est repartie plus pauvre que jamais, mais la joie chantait en elle. Ne quittons pas la veuve de Sarepta et celle du temple sans évoquer quelques autres veuves des évangiles. Elles ont toutes quelque chose à nous dire. Sur cette même esplanade du temple, nous avons déjà rencontré lors de la Présentation de l’Enfant Jésus, la veuve Anne : "Parvenue à l’âge de 84 ans, elle ne quittait pas le temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière."Et voici qu’elle se joint au vieillard Siméon pour chanter avec lui les louanges de l’enfant. Quel merveilleux message nous ont transmis ces deux voix cassées par la durée de l’âge ! Sur le sentier rocailleux de Naïm, Jésus ressuscite "un fils unique dont la mère était veuve". Il eut pitié d’elle et lui dit : "Ne pleure pas" Le mort, à la parole du Maître se dressa et Jésus le remit à sa mère" Et enfin, la plus merveilleuse des veuves, Marie de Nazareth, debout près de la Croix de son fils, une veuve qui devient la Mère de tous les croyants. Toutes ces femmes de foi portent le témoignage de leur fidélité à une mémoire chère, et celui d’avoir trouvé, dans cette fidélité avec les renoncements qu’elle exige, un bonheur plus profond, plus lumineux que celui auquel elles ont dû renoncer. Elles sont croyantes, porteuses d’espérance




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