Accueil
Présentation Avent Noël Ordinaire Carême Pâques Sanctoral Divers        


Accueil >> Carême >> Vendredi saint >>   Rouge et noir, le Vendredi-Saint

TOP 5 :

textes  les plus lus :
 
par fr. HF Rovarino o.p.
La Mère de Dieu a quelque chose à nous dire
8384 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Au désert, je parlerai à ton cœur
7515 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Dieu nous fait le cadeau de sa présence
7410 visites

par fr. ST Bonino o.p.
Notre attente : la vie éternelle
6698 visites

par fr. BM Simon o.p.
Le jeune homme riche
6303 visites

Rouge et noir, le Vendredi-Saint

06 avril 2007

 

En ligne depuis le samedi 28 avril 2007.
 
 

Rouge, noir. Passion, ténèbres. Le calvaire fut tout à l’heure criard, cruel, pitoyable, le rendez-vous de l’horreur habituelle pour des railleurs blasés ; et le silence du tombeau devrait maintenant demeurer comme son seul écho. Après le sang, la nuit ; après la violence serait-ce fatalement le désespoir ? Rouge, noir... et la désolation ! La lecture de la Passion va nous étreindre. Le juste a été broyé, la loi instrumentalisée, l’ami trahi et le sauveur tué. Si dans le Temple le voile a été déchiré, au pied de la Croix, le rideau est apparemment tombé, comme un manteau tiré au sort !

Mais les tons de la Passion sont restés. Ils se sont imposés dans un silence devenu accablant. Rouge, noir, leurs traces sont parvenues jusqu’à nous. Elles sont maintenant sur nous. Comme si une lumière intense avait été enfouie avec elles et venait maintenant nous guider : Ils regarderont vers Celui qu’ils ont transpercé. Pourtant Dieu fut mis en terre ! La terre fut stupéfaite ; le ciel silencieux. Un mystère immense nous gagna. Dans le scandale de la Passion, la Présence de Dieu, enfouie, reste là - et pour nous. Nous entendrons : condamnation, humiliation, chutes, croix, mort, percement du côté, tombeau ; mais nous comprendrons : volonté amoureuse sans limite de la part de Dieu pour nous, parmi nous jusqu’à la fin. Oui, amour et charité : en tout cela, même caché, Dieu est présent et sa vie coule de sa Croix vers nous.

Le Verbe de Dieu proclama jadis : Quand vous aurez élevé le Fils de l’Homme, alors vous saurez que Je Suis. Jésus, le Maître, vraiment homme, vraiment Dieu ! Maintenant, disait-il, le Prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, une fois élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi.

Mais nous communions à ces Heures, frappées de rouge et de noir. L’Ecriture nous guide, comme la Parole conduit les aveugles que nous sommes : Tout Fils qu’il était, Jésus apprit de ce qu’il souffrit l’obéissance et il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent principe de salut éternel. Nous contemplons son épreuve d’Amour ; mais nous le faisons par l’œuvre de sa grâce. A nous, il est donné de le connaître, lui dans la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, et il est nous donné par sa grâce de lui devenir conforme dans la mort afin de parvenir, si possible, à ressusciter d’entre les morts.

Nous méditons cela, ici ; mais le Seigneur affronte à mort l’Esprit du Mal au bénéfice de tous les hommes. Et ce combat se prolonge dans nos croix, dans les tourments que souffrent les martyrs contemporains, connus ou non, qui comptent sur notre prière. Il se prolonge encore avec tous ceux qui veulent promouvoir dans notre société le regard sur l’homme, fécondé par le Don du Christ. Oui, le Seigneur révèle la valeur immortelle de toute personne ; pour chacune Jésus n’a pas hésité à donner sa vie, et il nous appelle à vivre de ce don !

Sa Passion nous montre le sérieux de la charité ; elle révèle l’heureux poids de l’Amour, sa densité. Le Seigneur n’est pas comme je le rêve ! Jésus-Seigneur nous montre comment Dieu aime. Car il est là. Dans mes cris, il a glissé le sien pour que sa clameur m’apaise - car il sait ce que c’est ! Dans ma solitude, mon épreuve la plus secrète, celle qui me défigure le plus, il est à mon côté, pour que son côté s’ouvre à moi et que sa grâce en sourde et m’apaise - car il sait ce que c’est ! Dans mon angoisse de vivant qui affronte l’heure ultime de la mort, cette heure-là qui embarrasse notre monde, Jésus me confie sa mère et m’apaise - car il sait ce que c’est que l’angoisse à assumer maintenant et à l’heure de notre mort.

Rouge, noir, comme un monde incomplet qui espère une aurore ! La présence de Dieu, plantée au profond de l’épreuve, nous appelle au don de soi - comme ce sacrifice appelle la lumière de Pâques ! L’amour connaît l’épreuve ; mais il ne passe pas. La trace passera, mais la charité demeure. Rouge, noir... et lumière ! Puisse notre cœur demeurer blessé d’amour, ouvert pour la charité de Dieu ! Couvent dominicain Saint-Lazare - Marseille -




2615 affichages
 

 Rouge et noir, le Vendredi-Saint



Untitled Document