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Aimer, dit Dieu

En ligne depuis le lundi 28 mai 2007.
 
 

Marie, Pierre, vous avez choisi de nous faire entendre une page d’évangile que l’on peut dire classique, en ce sens qu’elle parle de l’amour. Aimer, un mot simple que les chrétiens essaient tant bien que mal de mettre en œuvre à la suite de Jésus, un mot mis aujourd’hui à toutes les sauces, et que je voudrais assaisonner pour vous aujourd’hui à ma manière. Un peu comme un poème acrostiche, bien qu’il ne s’agisse pas exactement de cela : je vais seulement reprendre chacune des lettres du verbe aimer, et les mettre en résonance avec un autre mot de la langue française.

Pour la lettre « A », je ne choisirai pas « amis », bien que vous en ayez beaucoup et que vous m’ayez dit la place qu’ils tenaient chez vous, mais « autre ». Aujourd’hui, Marie et Pierre, vous unissez vos existences et vos avenirs pour la vie. On dit souvent « qui se ressemble s’assemble », et c’est vrai en ce sens que, pour être ensemble, on doit bien avoir quelque chose en commun. Mais vous l’avez déjà constaté, et vous le constaterez plus encore - nous l’avons expérimenté quelque peu déjà au cours de la préparation de votre mariage -, on assemble aussi des différences, et celles-ci ne vont pas manquer de se faire de plus en plus sentir au fil du temps : il faut sans cesse partager, les accepter, trouver les moyens, en général par le dialogue, de les surmonter et d’en faire une force.

Après le « A », le « I ». « I » comme « intérieur ». Que veux-je dire par là ? Tout simplement que si vous vivez l’un pour l’autre, et l’un avec l’autre, sans développer en même temps et sans cesse une vie personnelle intérieure riche, vous risquez de vous retrouver un jour sans avoir plus rien à vous dire et à partager. Il vous faut entretenir chacun votre jardin privé, dans lequel l’autre n’entre pas nécessairement, mais dont il reçoit les fleurs. Et ce jardin gagne je crois à être planté de fleurs spirituelles, celles qui ne fanent pas et dont l’odeur embaume : la charité, l’humilité, le don de soi. Les vies des saints nous en donnent de multiples exemples.

« M » comme miséricorde. C’est le maître-mot de toute vie communautaire, celle que vous aurez à mener comme celle que je mène moi-même. Et cela demande beaucoup d’humilité : il faut « prendre sur soi » comme on dit, et pas seulement pour pardonner, mais aussi, et c’est souvent plus difficile, pour demander et recevoir le pardon de l’autre. Chacun le sait bien : « je suis parfait, et l’autre ne l’est pas », et il est donc normal que je lui pardonne ; mais il est autrement difficile de demander et d’accepter le pardon, parce que cela oblige à reconnaître que je ne suis pas parfait. Ce pardon, il figure au cœur de la prière spécifique des chrétiens, le Notre Père, et nous le redirons tout à l’heure : sans la miséricorde donnée et reçue, jusqu’à soixante dix fois sept fois dit Jésus dans l’évangile, pas de vie commune possible.

« E » comme, là j’hésite, « église », mais je vous en ai déjà dit quelque chose, alors parlons plutôt de l’espérance. Charles Péguy en a beaucoup et bien parlé dans le « Porche du Mystère de la deuxième vertu » qui commence ainsi : « la foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’espérance », et qui poursuit (j’abrège quelque peu) « la foi, ça ne m’étonne pas, j’éclate tellement dans ma création (...) la charité, ça ne m’étonne pas (..) mais l’espérance, dit Dieu, voilà ce qui m’étonne (..) Que ces pauvres enfants voient comme tout ça se passe, et qu’ils croient que demain ça ira mieux ». Je vous renvoie à ce magnifique texte, mais si je vous parle de l’espérance aujourd’hui, c’est justement parce qu’elle est facilement absente de notre monde, et tout particulièrement de nos couples qui se désagrègent parfois bien facilement : espérer, c’est avancer, c’est lutter, et ce sera pour chacun de vous croire de tout votre cœur qu’il y a beaucoup plus dans l’autre, dans votre conjoint, dans vos enfants, dans vos amis, dans vos compatriotes que ce que vous en aurez déjà vu. Au fondement de l’espérance, il y a l’amour. Avec l’espérance, on va loin !

Et « R » peut-être bien comme « rire ». On confond facilement rire et railler : railler, c’est rire des autres, et il faut savoir le faire aussi parfois quand cela se fait sur un fond de bienveillance. Mais d’abord et avant tout rire de soi, ou plutôt de ce que l’on croit être soi et que l’on défend becs et ongles, alors que nous sommes et pouvons être autre. Un seul nous connaît vraiment, c’est notre Dieu, et son fils Jésus, et il faut les entendre rire de nous et se dire entre eux : « les sots, s’ils se tournaient vers nous un moment, s’ils acceptaient de nous écouter, nous qui les connaissons vraiment, alors, ils seraient autres et le monde serait changé. Ce serait un monde où il n’y aurait plus besoin d’expliquer le verbe aimer : car tous, du plus petit au plus grand, en vivraient ».

Fr. Hervé PONSOT o.p.




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