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Accueil >> Ordinaire >> Semaine 28 >>   Un programme universel : Savoir remercier Dieu !

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Un programme universel : Savoir remercier Dieu !

2007

 

En ligne depuis le lundi 5 novembre 2007.
 
 

Deux personnes en « difficulté » avec la religion juive la plus légitime : Naaman, un général syrien ; un lépreux anonyme, samaritain de surcroît. Deux dans une même situation : la lèpre les attaque, les hommes les rejettent ; restent les prophètes : Naaman cherche ce qu’il y a de meilleur, Elisée, disciple et successeur d’Elie ; et ce lépreux - ainsi que d’autres - appellent Jésus comme maître et implorent sa pitié. Comme Elisée, Jésus a déjà accompli des signes et des prodiges - par exemple une multiplication des pains, des guérisons, une résurrection d’enfant. Oui, si des siècles les séparent, Naaman et le Samaritain anonyme se ressemblent ; comme Elisée le prophète et Jésus le Maître ont des traits proches. On pourrait pourtant souligner une grande différence : Naaman voulait mériter sa guérison par de grands efforts, quand le samaritain ne le cherche pas. Et Naaman se plongera sept fois dans le Jourdain sur la parole du prophète du Seigneur, alors que le Samaritain vit sa guérison plus directement.

A situation proche, réaction similaire : elle tient en quelques lettres, en un mot : Merci ! Cinq lettres qui s’expriment par l’adoration, la prosternation, l’action de grâce la plus profonde ! Et cela appelle la réflexion. Devant une guérison autant espérée qu’improbable, deux personnes éloignées de la religion du salut la plus affirmée sont transformées dans leur chair, et manifestement bénies de Dieu. Mieux, les voici dans l’action de grâce ; et le samaritain est même le seul à vivre ainsi sa guérison que neuf autres - sans doute non-samaritain - ont trouvé plus naturel de sceller par l’ingratitude.

En soulignant des aspects évidents de ces deux textes, je sais que nous entrons dans la « Semaine missionnaire ». Précisément, Syrie et Samarie illustrent cet intérêt universel, catholique au plein sens du mot. Cette ouverture manifeste que la grâce est pour toute personne ; elle vient en elle avec fruit si elle ne s’y oppose pas ou la demande ! Et c’est sans doute là que peut prendre place aussi l’étonnante ingratitude des 9/10èmes des guéris par Jésus. Ils ont bénéficié du salut : sauvés de la lèpre, ils le furent. Dieu ne leur a pas demandé ce qu’ils en feraient ; mais plutôt les a entendus - et a ôté ce qui apparaissait comme une transposition du péché. Le Seigneur a manifesté sa puissance : il est leur Sauveur ! Ils l’ont pourtant expérimenté ! Pourtant, cela ne les intéresse plus... Inconséquents, injustes, et contents !

Mais dans une « Semaine Missionnaire », il est sage de se rappeler la patience de Dieu. Si le « Merci » est une réalité bienvenue, l’ingratitude est une réalité reconnue et fréquente - y compris dans « les choses de Dieu ». N’est-il pas bon de sa rappeler que Jésus fut aussi dans la situation de l’incompris, victime d’ingratitude, alors qu’Elisée dans l’épisode avec Naaman n’eut pas cette épreuve ? Le disciple chrétien que nous sommes n’est pas au-dessus de son maître, Jésus. Sans nul doute, il est utile de constater que là où Elisée aura vécu une reconnaissance à 100% avec Naaman, Jésus en aura vécu une à 10% avec le samaritain, avant d’en éprouver une à presque 0% quant à sa propre personne au Calvaire. Tout juste pourrait-on le consoler en remarquant qu’il aura choisi une méthode compliquée : offrir une guérison, alors que les lépreux seraient déjà éloignés, sur la route... Que ne l’a-t-il pas fait sur-le-champ, devant lui, obligeant presque à la gratitude ! La prière qui précédait la liturgie de la Parole pouvait nous prévenir : « Seigneur, que ta grâce nous devance et qu’elle nous accompagne toujours... » Alors qu’a priori nous sommes plus proche des 9/10èmes des lépreux-pécheurs, proches pourtant du Seigneur, que nous ne soyons jamais gagnés par l’ingratitude alors que la grâce nous rejoint et nous guérit par l’Eglise du Christ au long de notre route de pèlerinage sur la terre. Alors serons-nous libres « de faire le bien sans relâche », ce qui veut aussi dire : reconnaître le Sauveur, lui rendre grâce, apprendre à d’autres qu’il visite aussi à la remercier, à grandir et à « servir en sa présence ».

L’exemple vient d’En-Haut : rappelons-nous ce qu’en aura fait saint Paul ! Pour sa part, Naaman nous apprend à faire de l’action de grâce notre note fondamentale ; le Samaritain, quant à lui, nous redit que ce « fondamental » est libre et s’éduque - oui, dire « merci » est une réussite éducative qui se redécouvre patiemment. Mais Paul rassemble tout cela et l’élargit tout autant : « On n’enchaîne pas la Parole de Dieu » (même culturellement, même géographiquement). « C’est pourquoi je supporte tout pour ceux que Dieu a choisis, afin qu’ils obtiennent eux aussi le salut par Jésus- Christ, avec la Gloire éternelle (...) Il restera fidèle » Ceux qu’il a choisis, c’est ceux qu’il a créés ; à son image ; ceux pour qui il a versé son sans pour qu’ils soient à sa ressemblance ; ceux qu’il a gratifiés pour qu’ils puissent lui dire « Merci », car ainsi ils seront ses proches, consciemment, en le reconnaissant.

Que tout homme soit alors l’horizon de notre charité, en prolongement de cette grâce que lui offre le Sauveur !




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