Accueil
Présentation Avent Noël Ordinaire Carême Pâques Sanctoral Divers        


Accueil >> Ordinaire >> Semaine 34 >>   Le Christ Roi de l’univers

TOP 5 :

textes  les plus lus :
 
par fr. HF Rovarino o.p.
La Mère de Dieu a quelque chose à nous dire
8266 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Au désert, je parlerai à ton cœur
7430 visites

par fr. R Bergeret o.p.
Dieu nous fait le cadeau de sa présence
7327 visites

par fr. ST Bonino o.p.
Notre attente : la vie éternelle
6621 visites

par fr. BM Simon o.p.
Le jeune homme riche
6227 visites

Le Christ Roi de l’univers

dimanche 24 novembre 2007

 

En ligne depuis le samedi 22 décembre 2007.
 
 

Le Christ est donc Roi. Fort bien. - Mais son Royaume, où se trouve-t-il ? Y a-t-il quelque part une terre chrétienne soumise à son empire ?

Lorsqu’en 1925, le pape Pie XI institua la fête du Christ-Roi dans le cadre de l’encyclique Quam Primas, il s’agissait alors d’affirmer et d’affermir le Règne social du Christ sur les hommes et sur les institutions - et de l’affirmer d’autant plus que précisément un certain christiannisme temporel menaçait de disparaître à tout jamais devant les progrès de l’athéisme, du laïcisme et de la sécularisation (déjà à l’époque ... !)

En 1970, la liturgie semble renoncer définitivement à ce vieux rêve de chrétienté : la fête devient alors celle du « Christ Roi-de-l’Univers » ; elle se déplace tout à la fin de l’année liturgique, dans une perspective qui devient du coup nettement plus eschatologique : c’est le Christ de la Parousie, du retour en gloire à la fin des temps. Du coup, son Royaume nous semble lointain, inaccessible ... Il n’a plus vraiment prise sur nous, pas plus que nous n’en avons sur lui. On en élargit la surface à l’infini, mais comme pour mieux le dissoudre et le faire échapper au monde présent. La « querelle des deux glaives » ne se pose plus vraiment : la Terre semble désormais soumise tout entière au règne de l’homme, et Dieu se voit relégué au ciel, où il est prié de bien se tenir tranquille. Nous pouvons désormais nous occuper de nos petites affaires : là-haut, le Christ ne gène plus personne, et nul ne songerait à lui faire concurrence - au moins tant que l’homme ne se lance pas trop à la conquête de l’espace (mais pour combien de temps encore ?)

Vous l’aurez compris, cette présentation se voulait caricaturale. Et pourtant, il est à craindre qu’elle ne traduise effectivement les sentiments de beaucoup. Un Dieu faible est plus à la mode que la royauté du Christ. Ne nous y trompons pas : la création de cette fête du Christ-Roi n’obéissait pas (ou pas seulement) à des logiques de politique ecclésiastique ; et son déplacement à la fin de l’année liturgique et son élargissement à tout l’Univers n’est en rien un aveu de faiblesse. C’est au contraire l’affirmation du règne universel du Christ : le Christ est Roi sur toutes choses - y compris les sociétés humaines. Il règne sur tous les temps - y compris le nôtre. Il est Roi de l’Univers et maître de l’Histoire de toujours à toujours ; son règne est un règne éternel, qui n’aura pas de fin. Il n’est pas celui d’un horloger lointain et absent, mais il est celui d’une présence universelle, d’un pasteur attentif à son troupeau.

Certes, son royaume n’est pas de ce monde ; mais il est pourtant présent dans ce monde. Le Christ-Roi ne gouverne pas à la manière des hommes, mais il règne... il règne sur les cœurs. Doit-il donc se cantonner pour autant à la sphère du privé, au royaume de la conscience où beaucoup voudraient l’enfermer ? Pas davantage... ! Il agit au cœur de l’Histoire. En passant par les hommes, il touche nécessairement les sociétés... Quelles peuvent-être alors les frontières de son Royaume ? Sans doute les mêmes que celle de l’Église ; c’est-à-dire qu’elles ne connaissent pas de frontières... sinon celles de notre propre cœur. « Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem ! C’est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur » En fin de compte, ce Royaume du Christ, où se trouve-t-il ? De quelle Jérusalem s’agit-il ? Il me semble qu’on peut répondre à cette question en reprenant la doctrine classique des quatre sens de l’Écriture. Au sens littéral, c’est bien sûr la Jérusalem terrestre, la cité des hommes, bien incarnée dans l’histoire. Puis viennent les trois sens spirituels : l’Église, le corps mystique, les pieds encore sur terre mais la tête déjà au ciel ; un Royaume « déjà là » mais « pas encore ». C’est ensuite l’âme, le cœur de l’homme, qui trace de proche en proche les frontières invisibles de ce Royaume. C’est enfin, la Jérusalem céleste, la demeure du Seigneur, le Royaume accompli et définitif. Aucun royaume terrestre, d’un roi très catholique ou d’un saint Empire romain-germanique, ne peut évidemment se présenter comme le Royaume de Dieu sur terre, comme le règne parfait du Christ. Faut-il alors « rendre à César ce qui est à César » et renoncer à tout jamais à instaurer un quelconque « règne social du Christ » ? Pas si sûr ... Si la Jérusalem terrestre n’est pas la Jérusalem céleste, c’est bien certain, elle en est pourtant la figure ; et elle est appelée à le devenir toujours davantage, à devenir ce que Dieu veut qu’elle soit : non pas une cité angélique, mais une cité humaine, authentiquement humaine. C’est en étant pleinement humaine que la cité terrestre devient alors un signe humain de la cité de Dieu, et que le Royaume est vraiment à l’œuvre... au milieu de nous : Dieu parmi les hommes.

« Une inscription était placée au-dessus de sa tête : « Celui-ci est le roi des Juifs. » Le Christ est roi sur la Croix. Une croix dont les Pères se sont plus à souligner la dimension cosmique : la verticalité qui relie la terre et le ciel, l’horizontalité de tous les temps et de tous les peuples. La Croix s’imprime sur tout l’univers, elle est la clé des Écritures, mais aussi la clé de toute humanité, passée, présente et future. Le Christ est roi sur la croix quand le bon larron peut s’ouvrir au Royaume et le voir réalisé à l’instant même : « en vérité je te le dis : aujourd’hui tu seras avec moi au Paradis ». Le Christ est roi sur la croix quand notre cœur s’ouvre aux mérites de sa passion, quand nous sommes crucifiés avec lui, que nous mourons et ressuscitons avec lui : aujourd’hui, nous sommes alors avec lui au Paradis. Le monde passe mais la croix demeure, dans tout l’Univers, dans un éternel « aujourd’hui ».




2432 affichages
 

 Le Christ Roi de l’univers



Untitled Document