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Nous rendrons-nous à l’évidence ?

Noël 2007 (matin)

 

En ligne depuis le dimanche 3 février 2008.
 
 

1- Nous rendrons-nous à l’évidence ? La nuit fut longue, plus qu’on le pense au matin de Noël ! Et déjà le soleil est haut, plus qu’on le voit d’habitude quand nos yeux s’ouvrent en ce même matin ! A Noël, la nuit comme le jour, on a le sentiment juste que ce moment est unique ; il est incomparable ! Aujourd’hui, nous nous rendons à l’évidence ! Mais non comme un vaincu rendant les armes, pitoyable ; nous nous rendons à l’évidence comme à un rendez-vous guetté depuis toujours ; comme à un moment où l’impatience humaine trouve sens et repos : l’Emmanuel est là. Son message nous est parvenu, comme une invitation stupéfiante. Dieu nous attendait ; Dieu lui-même, rien de moins. Parole inouïe encore, il veut susciter notre émerveillement : « Le Verbe s’est fait chair ». Silencieux adorable, nous espérions sa venue et son jour : « et il a planté sa tente parmi nous ». Si les accents populaires sont allés de leur lyrisme, plaçant l’enfant « entre le bœuf et l’âne gris » alors que « mille anges divins, mille séraphins volent alentour de ce grand Dieu d’amour », nous voici cependant adorant. Pour être enchantés, nous ne sommes pourtant pas comme « ailleurs » ! Pour être certes jubilant, nous ne sommes pourtant pas rêveurs. Si Dieu lui-même « s’est fait chair », pourquoi ne pas profiter de sa démarche pour s’approcher de lui, pour le rencontrer ! Devant cette réalité unique, regardons comment nous avons pu en devenir proches. La nuit fut longue en effet, comme un immense déploiement du dessein de Dieu pour sa Création, pour toute personne créée, pour le Peuple élu ; déploiement qu’un courant prophétique saura clamer, à défaut d’être souvent entendu ! Clameur qui culminera dans ces années où la charité vint comme resserrer le temps : car elle va prendre chair ! Le Précurseur est conçu, Marie est visitée et Joseph accueille le mystère. A Aïn Karim, Jean a vu le jour, lui, le plus grand des enfants des hommes ; Marie de Nazareth découvre son nom nouveau, « Comblée de grâce » ; et toujours Joseph a la sagesse d’accueillir le mystère ! Silencieux et vigilant, il aura désormais beaucoup à nous apprendre, que nous soyons familiers de Dieu comme lui, où chercheur d’un « supplément d’âme » devant Dieu

2- Il y eut ainsi une période où le temps sembla se concentrer ; tenant à la fois du diamant et du cœur, à la fois cristallisation et volonté féconde. Le temps fut plus dense. Le Seigneur l’habita ! Il choisit de s’y manifester Nouveau-né ! Alors aujourd’hui, pour devenir heureux, nous nous rendons en un lieu ; un lieu précis, donné par Dieu ! Notre Sauveur sait en effet de quoi nous sommes façonnés. Nous faut-il du concret ? Il offre alors Bethléem et son hôtellerie, ses habitants et leur attitude, ses bergers et leurs moutons, ses champs et une grotte, son ciel et ses anges, concrets eux aussi. Mais en même temps, nous avons là mieux qu’un tableau, un Mystère : la Nativité du Seigneur ! Unité de lieu, certes, mais aussi de temps et d’action. Surprise, bonheur, adoration s’unissent comme plus tard sauront le faire les Mages de l’Epiphanie... Noël est ainsi un accomplissement : non un aboutissement, mais une plénitude !

3- Ce matin, nous nous rendons à l’évidence, comme on vient recevoir l’eau fraîche d’une source pure. « Voici la plénitude des temps » ! Il nous est donné de ne plus regarder le monde et nos vies comme des réalités banales. Avec la Nativité, naît notre Espérance. Le « Divin Enfant » est venu comme une réalité transformante. L’évidence qui se fait jour, Lui, n’a pas été seulement suggérée par une conviction personnelle. Cette évidence n’est pas non plus un simple regard vers le Seigneur, comme si Dieu restait trop loin de nous. C’est pourquoi nous ne repartirons jamais comme nous sommes venus. Nous sommes venus vers un Nouveau-né. Et nous l’avons reconnu. Il est à portée de main, lui qui pourtant nous a façonnés ; il peut être porté par les hommes, lui qui pourtant a porté l’univers par sa parole puissante ; il ne parle pas, lui qui est la Parole divine faite chair ! Que de paradoxes qui nous entraînent vers le Mystère de Dieu en le regardant bébé ! Nous nous rendons à l’évidence : Noël c’est cela ! L’évènement est aussi dans ce changement : nous pouvons reconnaître en Dieu quelqu’un qui nous est proche ! Et ce n’est plus ce qu’on dit du Sauveur ou à propos de Lui qui va changer notre vie, non ! C’est lui qui va agir ainsi, lui le Sauveur ! Et on percevra sa présence par une paix inimitable qu’il laissera en nos cœurs !

Comment ne repartirions-nous pas d’auprès de l’Enfant, comme transformés ! Celui qui saura quitter au mieux la crèche c’est celui qui pourrait s’appeler « l’homme des béatitudes », celui qui aura été transformé par le Sauveur, celui dont la grâce coulera dans ses veines, rayonnera par ses gestes, brillera dans ses yeux, parviendra à parler par sa bouche ! Bienheureux, tel est notre avenir ! « Le verbe s’est fait chair », pour que nous devenions bienheureux : c’est si simple ! Cela comptait tellement Dieu qu’il prit le moyen d’être au plus près de nous ; pour nous appeler à prendre part à sa Sainteté, à sa Gloire, à sa Vie !

Qu’ainsi soit la suite que nous donnerons à notre venue à la crèche : vivre pauvre de cœur, demeurer dans la douceur de Dieu, demeurer affamés et assoiffés de justice et de paix, en gardant par la grâce de l’Emmanuel la pureté de cœur. Qu’il en soit vraiment ainsi !




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 Nous rendrons-nous à l’évidence ?



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