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Carême des sens - Carême d’essences

2 avril 2006

 

En ligne depuis le mardi 8 avril 2008.
 
 

Alors, frères et sœurs, ce Carême, c’était comment ? Parce que nous voici au 5ème dimanche ! C’est bientôt fini ! Dans deux semaines nous fêterons la Résurrection du Seigneur. 40 jours de jeûne, d’aumône et de prière pour nous préparer à Pâques. Voilà le sens du Carême : 40 jours pour aller au désert et laisser Dieu parler à notre cœur.

Le sens du Carême nous avait bien été donné dès le 1er dimanche, celui de la Tentation au désert. Il allait falloir maîtriser nos sens. Le sens du Carême, c’était peut-être bien, aussi, le Carême des sens. Et avouons que chacun de nos 5 sens ont été à l’honneur, l’un après l’autre, un dimanche après l’autre.

La vue, tout d’abord. C’était le 2ème dimanche, celui de la Transfiguration. Il a fallu ouvrir grand les yeux pour contempler le Christ dans sa gloire, même si c’était un peu éblouissant. Le 3ème dimanche, le sens à l’honneur était le goût, celui de l’eau vive, de cette eau dont nous avons tous soif. Puis ce fut, la semaine dernière le tour du toucher. Jésus qui vient toucher les yeux de l’aveugle pour qu’il puisse enfin voir. La semaine prochaine enfin, nous entendrons les cris d’allégresse de ceux qui accueillent en triomphe Jésus qui entre à Jérusalem.

Vous avez bien compté : il en manque un. Il s’agit bien entendu de l’odorat. Ce sera le sens de notre 5ème dimanche. Ainsi, le premier verset de l’Évangile que nous venons d’entendre nous parle de parfum.

Le parfum est présent d’un bout à l’autre du Carême. Rappelez-vous, le soir du Mercredi des Cendres : « Quand tu jeûnes, parfume-toi la tête ! » (mais pas trop !). Et puis, lorsque Jésus, mort, est mis au tombeau, ce sont les aromates que les Saintes Femmes apportent pour embaumer son Corps très saint.

Aujourd’hui, notre nez est sollicité à plus d’un titre, pour le meilleur et le pire. L’arôme subtil des parfumeurs... et la puanteur d’un corps en décomposition. Celui de la sensualité extrême... et celui de la terrible répulsion. Celui qui enivre et charme... et celui qui donne la nausée.

S’il est bien un sens qui est subjectif, c’est l’odorat. La perception que nous pouvons avoir des odeurs change énormément d’un individu à l’autre. Il est vrai aussi que ce qu’enregistre notre corps dans ce domaine est d’une immense variété. Prenons un exemple, deux extrêmes : d’un côté, l’haleine d’un fumeur au petit matin et, de l’autre, le superlatif des parfums, Diorissimo. Extraordinaire... Entre ces deux extrêmes, la palette des sensations est d’une diversité incroyable. Certes, on pourrait m’objecter que le parfum en question n’est pas si extraordinaire que ça. Je comprends que l’on puisse ne pas aimer l’odeur de muguet qui lui sert de base... même si c’est la fleur du mois de mai, le mois le plus beau ! Voilà un critère objectif, non ?

Des goûts et des couleurs, on ne discute pas. Des goûts et des odeurs encore moins. Il est très difficile, voire impossible d’expliquer pourquoi telle odeur nous ensorcelle ou telle autre nous fait fuir. C’est souvent « comme ça », on n’y peut rien. Cela ne s’explique pas. Peut-être vous souvenez-vous d’une publicité, il y a quelques années, où des hommes vantaient l’eau de toilette de leur chère et tendre. « Quand elle en met le matin, c’est... Enfin je veux dire... ». Ils ne disaient rien finalement. C’était assez drôle, un peu pathétique... mais tellement vrai.

Des goût et des odeurs on ne discute pas. Et pourtant, s’il y en a bien une qui dresse l’unanimité contre elle, c’est l’odeur de la mort. C’est cette odeur qui plane sur notre Évangile. Et rien, pas même le superlatif des parfums, ne peut la camoufler. « Il sent déjà »...

Il y a l’odeur du mort, du cadavre, une odeur que nous avons un peu oubliée dans nos sociétés aseptisées où les goûts et les odeurs se perdent. C’est une odeur effroyable qui nous renvoie à notre propre mort. Parce que, nous qui sommes poussière, si nous devons retourner à la poussière, il faudra bien passer par là.

Il y a aussi l’odeur de la mort, peut-être encore plus désagréable. C’est cette odeur qui plane et rode autour de ceux qui nous sont chers et que nous voyons, peu à peu, lâcher ce qu’il leur reste de vie. Nous en ressentons un profond malaise, une tristesse infinie et une angoisse extrême. Il suffit d’avoir senti cela ne serait-ce qu’une seule fois pour en être encore malade, malade de chagrin et d’impuissance.

Odeur du mort. Odeur de la mort.
Aucun parfum ne peut les camoufler.
Et aujourd’hui, c’est une autre odeur qui vient, c’est la bonne odeur du Christ. Elle ne vient pas les couvrir, les cacher, faire comme si elles n’existaient pas.
Elle vient les pulvériser !

Jésus, le Maître de la Vie vient pulvériser la mort qui angoisse et nous plonge dans les pleurs. La bonne odeur du Christ vient pulvériser la puanteur de la mort. Et il vient demander à mon âme -à votre âme !- comme il l’a fait pour Marthe : « Le crois-tu ? »

Cette bonne odeur du Christ, c’est celle des saints, celle de ceux qui sont morts en lui. C’est celle de ma Bien-Aimée, l’Épouse du Cantique, dont les parfums me font perdre le sens. C’est celle de Notre Père Saint Dominique qui se répand, lorsque l’on ouvre son tombeau à Bologne, au jour de sa translation.

Et d’ailleurs frères et sœurs, n’avez-vous rien senti de particulier aujourd’hui ? Non ?... Essayez encore !... Il flotte comme une odeur suave et étonnante. Hasard du calendrier, ou plutôt divine coïncidence, il y a un an jour pour jour nous quittait notre Saint-Père, le Pape Jean-Paul II, que nous avons tant aimé. Il est monté vers le ciel, comme une colonne d’encens odoriférant. En odeur de sainteté.

C’est cette odeur que je vous souhaite de respirer, à pleins poumons, pour l’éternité !

Amen.




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